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Selon l’acte qui a servi de Bible pour sa nomination à la Primature en l’occurrence l’Accord-cadre, il n’a plus le droit de postuler à la présidentielle immédiate. Mais diantre, depuis un certain temps, les Maliens n’arrivent plus à expliquer certains agissements de leur PM et se posent la question si le descendant de Da Monzon Diarra pourrait faire sienne une valeur cardinale de son aïeul, qui est le respect de la parole donnée.

Il est accusé de prendre de plus en plus ses distances vis-à-vis de la charte qui a servi de cadre à sa nomination à la Primature en l’occurrence l’Accord-cadre. Cheick Modibo Diarra, Premier ministre de pleins pouvoirs de la transition, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne serait plus dans la logique de respecter le contenu de l’Accord-cadre qui a prévalu à sa nomination.

Les Maliens dans une grande proportion n’ont plus confiance en leur PM, descendant pourtant de Da Monzon Diarra, grand fondateur du Royaume de Ségou. Ils accusent Cheick d’être de plus en plus « saoulé par le pouvoir », l’amenant à ne plus envisager de le quitter comme convenu. Ils avancent plusieurs preuves comme le noyautage de l’administration par ses partisans.

Chef de l’administration de fait, l’homme serait en train de placer ses « pions » à tous les niveaux de la gouvernance au Mali. Certains expliquent la grande folie de nominations lors des conseils de ministres par cet état fait, l’homme voulant tout de suite phagocyter l’appareil administratif.

Peut-on rejeter un tel reproche quand on sait que l’homme dirige un gouvernement qu’il s’est taillé sur mesure ? Il est un secret de polichinelle de dire que le gouvernement actuel est constitué à 80 % de copains de « grins » et compagnons de parti de Cheick Modibo Diarra, s’ils ne sont pas simplement des membres de sa famille !

Mieux, l’homme serait en train de mettre en place d’autres types d’artifices qui dénotent de ses réelles ambitions « pouvoiristes ». Des indiscrétions émanant de son entourage indiquent qu’il serait même disposé à démissionner si l’occasion lui est offerte, afin de se libérer une bonne fois pour toutes de la clause interdictrice et se concentrer sur la présidentielle à venir.

Tous ceux-ci ne sont, pour l’instant, qu’à mettre au compte de la rumeur et de la supputation en attendant que le principal intéressé sorte de son silence pour expliquer aux Maliens les vraies raisons de ses agissements suspicieux. On n’a pas dit qu’il n’a plus le droit de devenir le président de tous les Maliens dans sa vie, mais pas pour la présidentielle à venir.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 2 Novembre 2012