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Disons-le sans détours, l’attaque au couteau perpétrée contre le président du président de la Transition, mardi à la Grande mosquée de Bamako, après la prière de l’Aïd al-Adha, est une tentative d’assassinat qui aurait pu coûter la vie au colonel Assimi Goïta et plonger le Mali dans une situation désastreuse. 

En s’attaquant à la première institution du pays, un jour de l’Aïd al-Adha et dans un lieu symbolique comme la Grande mosquée de Bamako, l’auteur et les éventuels commanditaires de cette attaque s’en prennent à tout le pays, à ses valeurs et à l’ensemble de la communauté musulmane du monde. Aussi, cet acte odieux, une première dans l’histoire de notre pays, traduit-il, le dessein malveillant des ennemis du Mali d’empêcher notre peuple de retrouver la paix et la réconciliation nationale, après plus d’une décennie de crises multidimensionnelles. 

Mais ces ennemis du Mali, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur, ces terroristes ont beau afficher leur détermination à détruire notre pays et changer son histoire, ils n’y parviendront jamais. Des Maliens et des Maliennes seront toujours là pour défendre la patrie, quel que soit le prix à payer. C’est en substance le message adressé à la nation par le colonel Assimi Goïta, quelques heures après la tentative d’assassinat. «Tout va bien. 

Il n’y a pas de problème. Cela fait partie de la vie d’un dirigeant. Il y a toujours des gens qui sont mécontents, il y a des gens qui à tout moment peuvent tenter des choses pour déstabiliser, tenter des actions isolées. C’est une action isolée, elle a été gérée. Je veux rassurer les gens et dire que je vais très bien, il n’y a pas de problème, il n’y a pas eu de blessé et la situation a été maîtrisée», a déclaré le chef de l’État sur les antennes de l’ORTM. 

Imperturbable, le colonel Assimi Goïta a, ensuite, affiché sa détermination à mener la Transition à bon port et appelé les Maliens à l’union sacrée pour combattre les ennemis de la République. Aussi, a-t-il invité nos concitoyens à rester vigilants, soutenir les autorités transitoires et garder foi en l’avenir. L’unité nationale, notre pays en a beaucoup besoin en ce moment et sans aucune prétention de donner des leçons de civisme à qui que ce soit, chaque Malienne et chaque Malien doit se sentir concernée par le combat contre les forces du mal, savoir que nous avons un destin commun et que le pays ne sera construit que par ses propres fils. 

Aujourd’hui, le Mali traverse la crise la plus grave de son histoire, mais d’autres nations, en Afrique, comme sur d’autres continents, ont connu des situations plus graves que la nôtre. Presque toutes ces nations ont réussi à remonter la pente et à reprendre leur marche en avant et il n y’a pas de raisons que le Mali ne parvienne pas à juguler cette crise. Mais comme indiqué plus haut, la victoire contre les forces du mal et les obscurantistes passe par l’unité nationale et la volonté de nos concitoyens de vivre ensemble. 

Après l’attaque au couteau perpétré, mardi à la Grande mosquée de Bamako, contre le président de la Transition, les Maliennes et les Maliens ont unanimement condamné l’acte et manifesté leur soutien à la première Institution du pays. Cette réaction est un signal fort envoyé aux ennemis de la nation et à tous les pays qui se battent aujourd’hui contre les forces du mal. 

Après l’attaque, la France a été l’un des premiers à monter au créneau. Paris “condamne vivement l’agression”, un “acte choquant survenu de surcroît un jour particulier de paix et de tolérance. La France appelle à la sérénité pour la poursuite de la Transition jusqu’à son terme”, a réagi sur Twitter l’ambassade française au Mali. 

On aurait aimé voir nos voisins emboîter le pas à la France et exprimer leur solidarité aux autorités de la Transition, mais jusqu’à hier mercredi, nous n’avons entendu aucune condamnation venant de ces pays. Ce silence est d’autant regrettable que le Mali n’est pas le seul pays de la sous-région en proie au terrorisme et à la guerre asymétrique et que seule une conjonction des forces peut permettre de venir à bout du fléau. 
Malheureusement, au lieu de chercher à faire front commun contre les obscurantistes, certains pays de la sous-région accusent d’autres de faiblesse et de mauvaise gouvernance. 

Ces genres de comportement ne peuvent que semer la division entre les pays de la sous-région et discréditer les armées nationales qui payent un lourd tribut au terrorisme. Comme on le dit, ces dirigeants semblent avoir de la peau de saucisson sur les yeux.


Souleymane Bobo TOUNKARA

Source: L’Essor