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Une fois de plus les candidats au bac de la majeure partie des lycées publics iront en salles d’examen sans notes de classes.

La session de juillet du baccalauréat malien, qui débute demain, intervient à un moment où le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Adama Ouane, et la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) s’engagent dans un dialogue de sourds.

En effet, depuis son arrivée à la tête du département de l’Education, le ministre n’a pas encore daigné prendre langue avec la Coses qui, pourtant, observait un mot d’ordre de grève de rétention de notes. A titre de rappel, l’un des derniers projets du régime défunt d’ATT que constitue l’Assurance maladie obligatoire (Amo) avait rencontré des difficultés dans bien de corporations, dont l’enseignement. Ce qui avait amené la Coses à observer une cessation de travail de novembre 2011 à janvier 2012.

Suite à un compromis avec le régime d’alors, la Coses avait suspendu son mot d’ordre de cessation de travail. Pour ne pas laisser la main trop libre au gouvernement, le syndicat avait tout de même décidé de retenir les notes d’évaluation. Ces notes doivent être remises une fois que le gouvernement honore ses engagements. Ce qui n’a pas été le cas.

Pour davantage forcer la main au gouvernement à respecter ses engagements, le syndicat était en passe d’entreprendre d’autres actions. Mais, avec le putsch du 22 mars, les dirigeants de la Coses ont décidé de surseoir à tout mouvement de grève, la rétention de notes restant en vigueur. M. Ouane, depuis son arrivée aux affaires semble ne pas prendre toute la mesure de la situation.

Dans un communiqué, il a menacé de sanctions les professeurs qui n’auront pas déposé les notes d’ici le lundi 9 juillet. « Il est demandé aux professeurs de l’enseignement secondaire qui détiennent les notes de classes de les déposer d’ici le lundi 9 juillet 2012. Sinon, ils s’exposeront à des sanctions », souligne le communiqué. Une action jugée incongrue par les grévistes.

Du coup la Coses, après sa réunion extraordinaire du 7 juillet dernier, invite ses militants à resserrer les rangs et à ignorer l’intimidation. Joint par téléphone, le secrétaire général de la Coses, Adama Traoré affirme que « le ministre a fait des affirmations gratuites, la rétention de notes est bel et bien légale. Il s’engage dans un bras de fer qui risque de lui nuire. Nos salaires ont été illégalement retenus. Il doit comprendre que force reste au dialogue ».

Selon bon nombre d’enseignants, cette réaction du ministre n’est pas digne d’un régime qui se veut démocratique. Elle rappelle, disent-ils, les tristes souvenirs du régime dictatorial de GMT. A travers des agissements de ce genre, le gouvernement CMD est en train de donner raison à ses détracteurs, qui voient en lui un retour aux affaires des disciples du général dictateur Moussa Traoré.

Diakaridia Sanogo

Les Échos du 09 Juillet 2012