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Le ministre français des affaires étrangères a effectué, hier dimanche 26 février une visite éclair au Mali, près d’un mois après celle d’Henri de Raincourt, secrétaire d’Etat à la coopération. Objectif : suggérer une voie appropriée de sortie de crise de l’affrontement armée que le Mali connait depuis le 17 janvier 2012 dans le nord du pays.

«La France n’a pas une position ambigüe… Le premier message que j’ai voulu exprimer, c’est l’attachement de la France à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali». C’est en ces termes que le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé a introduit une interview à la presse à l’issue d’une audience qu’il a eu avec le chef de l’Etat malien Amadou Toumani Touré.

Les autorités françaises ont toujours officiellement réaffirmé leur soutien au processus de paix, à l’unité et au processus démocratique du Mali mais les maliens sont restés sceptiques sur la volonté réelle de Paris. Selon Juppé, la préservation de l’intégrité territoriale du Mali est un principe absolument fondamental. «En aucun moment, nous n’avons varié sur cette ligne là» a-t-il souligné. Et pour une sortie de crise, Juppé prône un dialogue avec le mouvement armé du MNLA.

«Il n’y aura pas de solution militaire», a-t-il dit au chef de l’Etat qui se serait engagé dans ce sens. Ce dialogue ne serait-il pas une volonté de légitimer la rébellion ? «Consciente que la situation est bien difficile» au regard certainement du point de vue méprisant de la population malienne vis-à-vis de la rébellion, le ministre Juppé juge qu’il est indispensable de «parler à ses adversaires». Avant d’ajouter : «Ce qui est à écarter, ce sont des négociations avec des terroristes».

Des tueries opérées dans les rangs de l’armée, le 24 janvier à Aguel Hok, par le MNLA aurait été faites de concert avec le mouvement terroriste Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi). Ce mouvement détient des ressortissants français en otage dans la zone. Ses relations étroites avec le MNLA auraient d’ailleurs justifié une réception d’émissaires du MNLA par les autorités françaises en décembre 2011, soit un mois avant le déclenchement des hostilités.

Cet honneur fait la rébellion malienne a animé de vives critiques à l’endroit de la politique française au Mali, critiques exacerbées par une sortie d’Alain Juppé devant le Sénat français qui semblait saluer une «victoire» des rebelles, sans condamner les atrocités qu’ils ont commis.

Seydou Coulibaly

27 Février 2012

©AFRIBONE