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Le Mali à l’instar des autres pays de l’Afrique de l’Ouest, s’apprête à signer, le 31 décembre 2007, l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne. Par cette convention, les barrières douanières seront supprimées. Au Mali, cet état de fait engendrera un manque à gagner énorme pour le trésor public. Des études menées par l’Etat révèlent que la perte est estimée à 18 milliards de F CFA chaque an. Les entreprises devront également débaucher 3 % de leurs effectifs. Ces informations ont filtré du déjeuner de presse que l’Ordonnateur national du FED, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale a organisé, hier jeudi 9 août, au Grand Hôtel à l’intention du Réseau des journalistes économiques.

Présidé par Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ce déjeuner de presse a servi de cadre pour le Gouvernement et les hommes des médias pour échanger sur les avantages et les inconvénients de l’Accord de partenariat économique entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest.

D’entrée de jeu, Moctar Ouane a déclaré que «les négociations entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne suscitent autant d’espoir que d’inquiétudes dans notre sous-région. En effet, ces inquiétudes sont motivées par plusieurs faits. Les préoccupations sont surtout relatives aux finances publiques, la fiscalité de porte, autrement dit les recettes douanières.

Elle représente 26 % des recettes fiscales totales du pays. Les droits payés sur les importations européennes participent à hauteur de 32 % des droits de douane. D’où les inquiétudes a priori sur l’impact du démantèlement tarifaire sur les finances publiques.

S’agissant de l’aspect commercial, il y a le risque d’une aggravation du déficit commercial du pays par un accroissement sans précédent des importations suite à l’éviction des producteurs nationaux de certaines filières. Ce déficit se situait aux alentours de 13 % en 2004».

Ainsi, poursuit-il, «les résultats des études d’impact de l’APE menées aux niveaux régional et national ont fait ressortir, entre autres, une perte de recettes douanières pour les finances publiques et une diminution de la valeur ajoutée industrielle de certaines entreprises compétitives.

L’APE a aussi un effet récessif sur certaines branches d’activités industrielles et agro-industrielles et un effet dynamisant attendu sur les exportations sous réserve du démantèlement des barrières non tarifaires et qui se traduirait par le gain de compétitivité de certaines entreprises».

Ibrahima Boubacar Ba, ambassadeur du Mali à Bruxelles d’ajouter : «Avec la suppression des barrières douanières dans le cadre de l’Accord de Cotonou, le Mali va accuser un manque à gagner de 18 milliards de F CFA par an et les entreprises devront débaucher 3 % de leurs effectifs».

Boubacar Ballo, conseiller technique, a, quant à lui, mis l’accent sur les avantages de l’Accord de Cotonou dans une communication qu’il a présentée. Il a rappelé que l’APE a pour objectif principal de promouvoir et d’accélérer le développement économique, culturel et social des Etats ACP, de contribuer à la paix et à la sécurité et de promouvoir un environnement politique stable et démocratique.

Selon le conférencier, une des stratégies convenues entre les parties à cet Accord, pour réduire, voire éradiquer la pauvreté dans les Etats ACP, est le renforcement de la coopération économique et commerciale, notamment à travers la négociation et la conclusion de nouveaux accords commerciaux, compatibles avec les règles de l’OMC, mais comportant toute la flexibilité nécessaire pour tenir compte du niveau de développement de chaque région ACP.

Le clou de la cérémonie a été l’échange avec les journalistes.

A rappeler que le chef de la Délégation de la Commission européenne, Irène Horèjs, était présent à ce déjeuner.


Abdoul Karim DOUMBIA


10 août 2007.