Partager

Si en Afrique, les études sont rares, voire inexistantes sur le phénomène des supporters, il est bien canalisé en Occident. C’est un mouvement auquel s’intéressent régulièrement les sociologues et les anthropologues. Ce qui donne lieu à de nombreuses études.

Ainsi, lors d’une récente étude en Europe (avril 2007), il s’est avéré que deux tiers des supporters interviewés ont « avoué avoir déjà pleuré lors des matches de football, surtout de joie et quelquefois de déception ».

Les fans portugais, belges, allemands et britanniques font partie de ceux qui fondent le plus facilement en larmes en Europe.

La grande majorité des supporters reconnaît avoir régulièrement poussé des hurlements et des cris perçants dans le public (95 %) et la plupart (60 %) avouent même rêver de football dans leur sommeil.

Près de 90 % des supporters associent le football à « passion et engagement ». A travers l’Europe, peu d’écarts ont été enregistrés sur cette question fermée. Les Hollandais et les Belges arrivent au sommet du classement (100 %), suivis des Allemands (98 %).

Une proportion encore plus grande de supporters en Europe (93 %) reconnaît que le football est aussi associé à « excitation et émotion ». Pour 60 % de l’ensemble des fans interviewés et 53 % des Français, le football peut être associé à une religion.

« Je n’ai jamais eu un sentiment aussi fort que celui d’amour que j’ai pour mon équipe quand je suis au stade. Je ne pourrais jamais oublier le sentiment que j’ai quand je suis auprès de mon équipe. Quand mon équipe gagne, c’est magnifique, c’est incroyable, c’est si beau que parfois j’ai l’impression de ne plus respirer », a confessé un supporter belge lors de cette enquête.

Le supporter de football se décrit comme étant « le 12e homme ».

Il est donc incontestablement un acteur du jeu, tout aussi important qu’un joueur ou un entraîneur, qui participe à la victoire de son équipe.

Les actes accomplis par les supporters pendant les matches tels que les chants, les rituels, les drapeaux agités, motivent l’équipe, intimident les adversaires et peut-être même influencent les décisions des arbitres. Le supporter est présent pour aider son équipe à gagner et non pour simplement observer.

Ainsi, 80 % des Français (et 81 % des personnes interrogées en Europe) pensent que, en tant que spectateur, leur présence a un effet direct sur le jeu. Si l’équipe gagnante de l’UEFA Euro-2008 devait être celle qui bénéficie des supporters les plus émotionnellement impliqués, l’Espagne n’aurait pas remporté le trophée.

Mais, la Suède d’Ibrahimovic ! En effet, selon le classement européen de l’étude Canon-SIRC, la Suède détient les fans les plus passionnés. Et généralement, ils sont les moins xénophobes en Europe.

Ainsi, 88 % des supporters suédois ont serré dans leurs bras et embrassé un étranger lors d’un match de football. Et pour 95 % des Suédois, les matches de football sont la seule occasion de se laisser aller émotionnellement. En 2e position se trouve la Norvège, suivie par la Belgique et la Grande-Bretagne.

Les supporters français, en dépit de la victoire de leur équipe, il y a dix ans, à la Coupe du monde et au Championnat d’Europe en 2000, sont parmi les plus réservés d’Europe. A peine plus de la moitié (60 %) des supporters de l’Hexagone avouent avoir serré dans leurs bras et embrassé un étranger lors de fortes émotions alors que la moyenne européenne est de 77 %.

Les Portugais, quant à eux, sont ceux qui se risquent le moins à embrasser (43 %). Pourquoi ? Les conclusions de l’étude ne le disent pas !


Alphaly

04 Juillet 2008