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Les unités de production de sucre de Dougabougou et de Séribala font aujourd’hui la fierté de notre pays dans la sous-région. Elles avaient été créées par les autorités de notre pays pour répondre au besoin de sucre de la population, puisque est une denrée de première nécessité et sa fabrication crée des emplois dans la zone, où les opportunités d’emploi sobt rares.

Plus de 20 ans après leur création, ces unités sont devenues aujourd’hui des vrais sacs à problèmes dans la zone de l’Office du Niger. Le cas qui nous intéresse ici est celui de l’unité de production de Séribala. Situé à 77 km de Ségou sur la route de Niono dans la 4ème région administrative, Séribala n’était pas plus ou moins différente des autres bourgades aux abords de la route qui quitte Markala, pour Niono.

L’Apport de l’usine

La création de cette unité de production de sucre dans les années 70 a beaucoup plu aux populations car, cette nouvelle unité a apporté la renommée à Séribala. Les gens venaient de partout pour y chercher du travail. Mais la majeure partie des travailleurs viennent de Niono, Diabali, Kolongo, Markala souvent recommandés de Ségou.

Certains travailleurs sont embauchés, tandis que d’autres sont gérés par contrat pendant les campagnes de production (6 à 7mois). Et pendant ces campagnes, l’unité fonctionne 24h/24 et 7 jours sur 7. Pendant les campagnes l’usine peut produire, selon nos sources jusqu’à 37 000 tonnes de sucre.

Licenciement de 18 personnes

Le cas de licenciement que nous évoquons ici concerne 18 chefs de famille dont certains d’entre eux avaient plus 16 ans de travail dans l’unité. En effet, c’est en juin 2006 que ces braves messieurs, après avoir travaillé près de 20 ans pour certains, ont été simplement remerciés sans motif ni droit par les responsables de l’unité sur instruction du chef chinois qui dirige la boite.

Notre interlocuteur qui a voulu garder l’anonymat pour raison de famille était un électricien et avait été engagé dans l’unité en 1992 à la base d’un contrat. “Notre travail consistait à faire tout ce qui avait un rapport avec l’électricité pendant les 6 mois de la campagne et on revenait 2 mois avant les autres pour l’entretien et le nettoyage des moteurs avant l’ouverture de la nouvelle campagne”.


Un témoignage éloquent

Selon notre interlocuteur : “tous les postes clés de l’unité sont gérés par les Chinois et ils ont commencé à licencier les travailleurs de tous ordres, car ce sont leurs propres compatriotes qui sont en train d’occuper les places des Maliens là-bas. Le travail qui doit être fait par 50 personnes, ils vous font faire cela souvent par 20 personnes sans augmenter les salaires et si tu parles, tu es renvoyé.

Souvent les responsables du personnel ne partagent pas ces méthodes, mais ils sont obligés sinon une autre personne fera le travail à leur place sur le champ. On n’a aucun recours dans la brousse ici. Si tu es licencié, tu rentres à la maison tranquillement pour ne pas gaspiller le peu d’épargne avant de trouver autre chose”, a t-il dit.

Autre témoignage

Selon une autre source de la comptabilité, le cuisinier en chef qui est un Chinois aussi, serait payé à 600 000F CFA par mois. Le père de famille qui a travaillé dans l’unité 16 années durant et qui a été licencié un beau matin de juin de 2006 sans une pièce de monnaie comme droits s’est retourné s’installer dans sa famille à Markala à 42km de l’usine.

C’est dans sa maison de Kirango (Markala) qu’il nous a reçu “Avant de me renvoyer, ils m’ont demandé d’aller dans le champ de canne à sucre pour travailler avec les ouvriers j’ai dit non, je suis électricien et cela fait plus 16 ans que je ne fait que cela. C’est alors qu’ils m’ont dit que j’étais renvoyé. Je comprenais ce qui se passait, car ils ont licencié d’autres dans les mêmes circonstances. Moi, je ne peux que prier Dieu, car à mon âge, je ne peux aller nulle part pour chercher un travail incertain. Mais Dieu seul sait comment je vis avec ma famille.

Face à cette situation, les responsables doivent s’investir pour rendre justice à ces nombreuses victimes de licenciement injustes. Car, avant de devenir des travailleurs de cette unité que l’Etat à cédée à 60% aux Chinois, ces messieurs sont et demeurent des citoyens Maliens. Ces hommes sont des chefs de famille qui ne demandent que ce qu’on leur doit. Que justice soit faite!


Moussa KONDO (Stagiaire)

28 Juillet 2008