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La plus grande centrale syndicale, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), vient de déclencher une grève de 72 heures, sur toute l’étendue du territoire. Les négociations entamées, vendredi 13 novembre dernier, entre le gouvernement et la partie syndicale, ont abouti à un constat d’échec, hier mardi 17 novembre. Aussi, le maintien du mot d’ordre de cette cessation du travail a été annoncé lors d’un point de presse tenu par son Secrétaire général Yacouba Katilé.

La Transition de 18 mois aura du mal à être à la hauteur des attentes des Maliens. Elle a aujourd’hui sur a table dix-sept préavis de grève, dont certains sont en cours d’exécution. Parmi eux, celui des administrateurs civils, qui ont déclenché une grève illimitée, depuis le lundi 9 novembre dernier,à l’appel d’une plateforme constitué du Syndicat Libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT), du Syndicat Autonome des Administrateurs Civils (SYNAC), du Syndicat National des Travailleurs des Collectivités Territoriales (SYNTRACT) et du Comité syndical des Agences de Développement Régional (CS-ADR).

A cela va s’ajouter l’arrêt d’activité lancé par la plus grande centrale syndicale, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), suite à l’échec des négociations avec le gouvernement. Elle débute ce mercredi matin pour 72 heures (du 18 au vendredi 20 novembre).

Ouvertes le vendredi 13 novembre dernier, puis immédiatement suspendues à la demande de la partie syndicale, les négociations entre les deux institutions avaient repris, le dimanche 15 novembre, dans les locaux du ministère du Travail et de la Fonction publique. Au terme des débats de ces premières journées, les deux parties ont trouvé un accord autour de six points sur douze figurant dans le cahier de doléances.

Il s’agit du règlement des droits des compressés, des droits des partants volontaires à la retraite, la reprise des travaux, suspendus, de relecture des Conventions Collectives, au plus tard en fin novembre 2020 et la relecture du code minier. Dans la même lancée, il y a eu un accord total sur la situation de l’UMPP ainsi que l’intégration des contractuels dans la Fonction publique.

  » Échec des négociations autour de l’harmonisation des grilles salariales « 

A la reprise des travaux, lundi 16 novembre dernier, dans les locaux du ministère du Travail et de la Fonction publique et jusqu’à hier mardi, dans la matinée, les négociations sont restées bloquées entre les deux parties sur le point relatif à  » l’harmonisation des grilles salariales, les indemnités et les primes ». Selon le Secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, le président de la Commission gouvernementale a, au cours des débats, répondu ainsi à la partie syndicale sur ce blocage :  » Nous n’avons rien à vous proposer, ni aujourd’hui ni demain, au regard de la situation du pays, donc, allez en grève ! « . Aussi les syndicats ont-ils claqué la porte, consacrant ainsi l’échec des négociations.

Le mot d’ordre de grève est donc entré en vigueur ce mercredi 18 novembre, depuis minuit, pour trois jours, sur l’ensemble du territoire national. Notons que cette partie financière, qui fait l’objet de blocage des négociations, est relative à l’octroi d’indemnités et de primes de spécificité, par catégories, à tous les fonctionnaires, de façon équitable, à la fixation d’un chronogramme d’application immédiate pour répondre à la nécessité de restauration de l’égalité, de l’équité, de la non-discrimination (harmonisation des grilles), comme prôné par les Conventions Internationales et par notre arsenal juridique. Enfin, l’amélioration des grilles salariales à appliquer dans le secteur privé conformément aux pourcentages obtenus dans la nouvelle grille des fonctionnaires, avec comme date d’effet janvier 2021 a aussi constitué un point d’achoppement des négociations.

Daouda SANGARE

Source: L’Indépendant