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Le 13 novembre dernier, notre secrétaire de rédaction, Sékou Tamboura a été victime d’une agression et notre journal de dénigrement, de la part de Abdoulaye Niambélé. Cette double attaque fait suite à notre article intitulé : « Habib Sissoko, directeur de développement de la FIJ : chronique d’une consécration méritée », paru dans « L’Aube » n°110 du 30 octobre 2008. L’ancien directeur technique de la fédération malienne de judo nous a quasiment traités de tous les péchés d’Adam, au téléphone, pendant 7mn38, devant témoin.

Il était 14h37mn, ce jeudi 13 novembre, quand notre journaliste reçut un coup de fil. A l’autre bout, Abdoulaye Niambélé, ancien Dtn du judo. Tout de go, l’homme lui lance à la figure : « Tamboura, je suis entrain de lire sur le net un article sur Habib Sissoko, signé de toi. Je ne te reconnais pas ; votre journal ne doit pas être à la solde de ce type, et toi, tu ne dois pas t’aligner aux journalistes alimentaires. Tu sais bien que Habib ne vise que ses propres intérêts et qu’il est à la base de tous les problèmes que connaît le judo malien aujourd’hui… ».

Après cette pique, Niambélé entreprit de dénigrer tout le contenu de l’article, paragraphe par paragraphe, mettant en cause toutes les informations y figurant. « Vous désinformez l’opinion en écrivant que Habib a été un grand judoka et qu’il a participé aux Jeux africains de Naïrobi ; vous ne rendez pas service à la nation quand vous affirmez que Habib aime le judo et qu’il a propulsé le judo malien au devant de la scène internationale ; il en est de même quand vous dites qu’il est le président de consensus. On sait tous comment Mahamane Touré est parti de la fédération du judo en 1997, on sait tous comment Lamine Kéita et Badara Diouf sont partis du Comité olympique.

Ce n’est pas vrai quand vous affirmez qu’en 2008, il a été réélu à l’unanimité au Comité olympique. Il n’a jamais fourni de rapport d’activités ou financier. Partout où il est passé, il n’a jamais rendu compte. Tamboura, je ne reconnais pas ta plume à travers cet article… », a-t-il dit en substance, en rappelant que Niambélé a porté beaucoup d’autres accusations qui n’ont rien avoir avec l’article incriminé.

Cependant, cette sortie de Abdoulaye Niambélé nous commande un certain nombre de commentaires.

D’abord, la Rédaction de L’Aube est au regret de constater que Monsieur Niambélé n’ait pas réagi par écrit à notre article qu’il incrimine, comme l’aurait fait (avec courage) tout bon intellectuel, en pareille circonstance.

L’Aube fait remarquer qu’il n’est point à la solde de Habib Sissoko, ni d’autres personnes. Cependant nous reconnaissons avoir pour M. Sissoko le respect dû à son rang, à l’image de tous les responsables sportifs maliens, singulièrement ceux qui honorent la nation.
Ensuite, pour n’avoir jamais mis la main à la poche au profit de notre reporter, vous êtes mal placé pour le qualifier de « journaliste alimentaire ».

Enfin, par rapport à la crédibilité de nos informations, nous signons et nous persistons. En ce qui concerne le palmarès de Habib, notre journaliste rappelle à Abdoulaye Niambélé, que c’est lui-même qui lui a fourni les tout premiers éléments en la matière. C’était le 16 novembre 1998 lors d’un entretien entre 10h et 11h au siège de la société Maersk-Line Mali, en face de la BCEAO, côté Nord-Est, où travaillait notre accusateur. Aujourd’hui, l’homme se dédit, par rapport à des informations pourtant très crédibles, car personne, mieux que lui, ne connaît Me Habib Sissoko dont il fut l’un des élèves (parmi les plus médiocres, selon nos investigations).


Nous confirmons aussi que le jeune Habib a bel et bien représenté le Mali aux Jeux de Naïrobi, mais à la pesée, il s’est retrouvé avec beaucoup moins de poids que prévu (70 kg au lieu de 78 kg).

De même, nous persistons qu’il a sonné la révolution du judo malien à la fin des années 90. Quand Habib prenait les rênes de la discipline en 1997, il a trouvé, comme tout héritage, une correspondance. Et, devinez qui était l’homme fort de la fédération en ce moment ? Réponse : Abdoulaye Niambélé. Quand il partait, en 2004, Habib a laissé un riche patrimoine au judo : des infrastructures (tatami) dignes de ce nom, une assise financière appréciable, des résultats probants et une renommée jusque là jamais atteinte.

Mieux, Niambélé est très mal placé pour dire que Habib n’aime pas le judo et qu’il n’est pas un homme de consensus. En effet, notre journaliste se rappelle encore d’un autre témoignage de Niambélé lors de leur entretien du 16 novembre 1998. Il disait : « La fédération malienne de judo a vu le jour en 1990, mais n’a été véritablement fonctionnelle qu’en 1995. Elle a mis du temps à être réellement opérationnelle, non pas seulement parce qu’il fallait avoir une couverture nationale, mais à cause de malentendus passagers.

Le bureau mis en place le 15 juin 1995 n’est qu’un bureau de fait avec un mandat de deux ans. Durant son mandat, ce bureau provisoire a étalé toutes ses carences dans la gestion des affaires. Et pire, il était miné par un très sérieux conflit de personne. Mais la famille du judo a vite pris conscience du danger qui menaçait l’art et s’est appliquée à le sauver.

Ainsi, judokas, amis du judo et dirigeants, tous ont décidé de relancer la discipline qui mourait à petit feu. C’est ainsi qu’un bureau dit de consensus fut mis en place en juin 1997. A l’unanimité, la présidence a été confiée à Habib Sissoko, ancien judoka, à la place du colonel Mahamane Touré, également ex-président de l’Association du judo de 1990 à 1992. Disons que le poste convenait bien à Habib qui a eu une carrière très riche dans l’art ». Sans commentaire.

La rédaction de L’Aube confirme que l’ancien président du Comité olympique, et ancien ministre de l’hydraulique sous la deuxième République, Lamine Kéita, est parti suite à l’affaire du Salt Like City, dans laquelle il était accusé d’un détournement d’environ 50 millions de FCFA. Il a été radié par le Comité international olympique, et non par Habib Sissoko.

Pour Alioune Badrara Diouf (paix à son âme) non plus, ce n’est pas Habib qui l’a fait partir, mais les 18 fédérations sportives de l’époque, à travers une pétition intitulée « S.O.S au Comité ». Tout le monde sportif s’en souvient encore, sauf ceux qui ont des comptes personnels à régler avec le président du Cnosm.

Habib Sissoko est bien un président de consensus. Cela a été prouvé lors de l’élection du bureau de la FMJ en 1997 (comme l’avez dit), de l’élection du bureau du CNOSM en 2000, 2004 et 2008, de sa désignation comme directeur de développement du judo mondial, à Bangkok, en octobre dernier et tout récemment, le 8 novembre, lors de sa réélection au poste de 1er vice président de l’Union africaine de judo. Jamais, il n’a eu d’adversaire aux différents postes qu’il brigue.

Le 12 novembre dernier, à Koulouba, à l’occasion de la réception des basketteuses juniors, championnes d’Afrique, Habib a été solennellement félicité par le président de la République, Amadou Toumani Touré, pour sa désignation au Comité exécutif de la fédération internationale de judo. Le chef de l’Etat a précisé que plus que la personne de Habib, c’est la nation tout entière qui se trouve honorée.

Tous les Maliens doivent aujourd’hui être fiers de cette image du Mali que le président du Cnosm vend à travers le monde. Cela va au-delà des querelles d’hommes.

Alors, si Abdoulaye Niambélé a des problèmes personnels avec Habib Sissoko, qu’il les gère en dehors de L’Aube et ses journalistes.


La rédaction

17 Novembre 2008