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L’année 2009 sera marquée par deux élections différentes au Mali. Il s’agit des communales et celle de la FEMAFOOT. Ce qui explique les différentes batailles de positionnement, tant au niveau politique que sportif.

Mais en ce qui concerne le monde sportif, il s’agit du renouvellement des instances du bureau fédéral du football malien. Et depuis un certain temps, les agitations relatives aux campagnes vont bon train. Ainsi tous les moyens sont utilisés pour espérer se faire élire à la tête de la présidence de la FEMAFOOT.

Trois tendances annoncées

En attendant le jour J, trois tendances sont annoncées pour briguer la présidence de la fédération : celle de “l’Initiative pour le Renouveau”, celle des membres actuels du bureau fédéral et une autre candidature qui reste à confirmer et dont le nom reste à dévoiler. Ce qui est normal, puisqu’on est en démocratie. Chaque camp est donc parti à l’assaut des électeurs composés des ligues et des clubs de première division.

Aussi, il est certain que la bataille sera rude jusqu’au jour du vote. Mais au vu de la situation et de la position actuelles, le bureau sortant a d’ores et déjà les faveurs du pronostic, face à ses deux concurrents. En effet, même si Salif Keïta est annoncé non partant (ce qui reste à vérifier), ses compagnons entendent briguer un nouveau mandat.

C’est que depuis la déception relative à la mauvaise prestation des Aigles, lors de la CAN 2008 au Ghana, les esprits se sont reconciliés et les relations entre la FEMAFOOT et le ministère des Sports sont au beau fixe. Et depuis lors, les différentes équipes nationales engagées dans les compétitions internationales sont en train de gagner.

C’est le cas du Djoliba qui s’apprête à se qualifier à une phase de Poule. Ce qui sera une première dans l’histoire des clubs maliens, depuis l’institution de ces phases de Poule. Surtout que les Aigles du Mali constituent l’unique et principale préoccupation des fans du ballon rond. Le fait que le choix soit laissé à la fédération de nommer l’entraîneur national est un signal fort de la détente entre le département des Sports et la FEMAFOOT.

Heureusement pour tout le monde : les Aigles gagnent, les Juniors gagnent, et les Cadets donnent une belle image en vue de ses éliminatoires prochaines. Le seul bemol, c’est l’élimination des Aigles locaux pour la CAN 2009 prévue en Côte d’Ivoire. Mais cela n’est pas la faute de la FEMAFOOT, ni du département des Sports, mais de l’entraîneur qui s’était entêté dans ses mauvais choix.

Aussi, la réaction a été rapide, avec le limogeage de Jean-François Jodar, juste après le match perdu face au Sénégal, sans compétition. Tout cela est au crédit de l’actuel bureau fédéral qui aura ainsi des arguments valables pour convaincre les électeurs, lors du prochain renouvellement dudit bureau.

Quant aux membres de “l’Initiative pour le Renouveau du football”, ils tenteront d’abord de convaincre les ligues et les clubs sur le bien fondé de leur programme. Selon nos sources, la troisième candidature serait celle d’un responsable sportif actif.

Ce dernier miserait sur ses expériences et connaissances pour convaincre également les électeurs. Quoi qu’il en soit, il faudrait que l’esprit du fair-play puisse prévaloir dans cette course pour la présidence de la fédération… Surtout au regard de cette belle entame des équipes nationales et clubs, dans les différentes compétitions internationales. Mais comme dirait l’autre, “il n’y a pas de feu dans la maison“, pourvu que les Aigles gagnent, et avec la manière.

Le ministre utilisé comme moyen de pression

Mais face aux ambitions fortes et diverses, c’est le ministre des Sports, M. Hamane Niang, qui est mis à contribution. Car, selon nos sources, certains postulants sont en train de se servier de son nom pour mener des pressions, plus particulièrement sur des membres du bureau actuel, afin qu’ils cèdent leurs places.

Selon nos informations, on est en train de faire croire que le ministère des Sports vient d’obliger la FEMAFOOT à tenir, coûte que coûte, son conseil national ordinaire, sous peine de sanctions. Mais après vérification, il s’est avéré qu’il n’en est rien.

Des mêmes sources, il ressort d’ailleurs que la FEMAFOOT est souveraine concernant la date et le lieu de la tenue dudit conseil national. “Ce conseil devrait se tenir, mais face aux programmes très surchagés, on n’a pas pu le tenir, et tous les présidents et ligues sont informés. Et cela a été signifié à tous.

Nous sommes autonomes vis-à-vis de nos activités internes. Et que les gens se détrompent, le ministère ne nous a jamais saisi par rapport à ce problème de conseil. Aujourd’hui, tout va bien entre nous et le département des Sports. Je vous dis que c’est une forme de destabilisation, et que nous ne nous laisserons pas faire”, a déclaré un membre du bureau fédéral.

C’est dire que chaque partie doit tout simplement se préoccuper de devenir de ce sport-roi et comprendre que le ministère des Sports est au dessus de la mêlée. chacun doit savoir surtout que le temps des trafics d’influence ne peut plus résoudre les problèmes du football malien.

La nécessité d’un conseil national ordinaire s’impose

Selon nos informations, le conseil national ordinaire de la FEMAFOOT se tiendra certainement après la fin des compétitions nationales : le championnat national et la Coupe du Mali. En effet, conformément au règlement du bureau fédéral, le conseil est statutaire, et il permet de faire une évaluation à mi-mandat du bureau fédéral. Si des correctifs sot à apporter, ce sont les membres du bureau fédéral et les présidents des 14 équipes et ligues qui sont censés faire ce travail.

L’occasion sera donc bonne pour adopter des recommandations, résolutions et suggestions prises au cours des réunions ordinaires et extraordinaires. Ainsi, pour le conseil national prochain, il sera question d’avaliser la nomination de certains responsables à certains postes vacants et nouvellement crés lors de la session extraordinaire tenue en Juillet 2007 à Kayes, en prélude à la finale de la Coupe du Mali, 47è édition.

Ce sera certainement l’occasion, pour le bureau fédéral, de s’armer en futur des prochaines batailles électorales. A noter que seuls les membres du bureau fédéral, les ligues (9 au total) et les présidents des 14 équipes de la ligue1 participent aux débats et discussions du conseil. Au cours de ces débats, il sera également question du nouveau contrat signé avec IFAP-SPORTS, et d’une évaluation des entraîneurs engagés, ainsi que d’autres questions liées à la promotion et à l’avancée du football malien.

L’heure est à la détente

L’adage, qui dit que “la victoire absorbe toutes les fautes” sied parfaitement au monde footballistique malien. En effet, depuis les résultats prometteurs de nos Aigles, Aiglons, Aiglonnets et de l’équipe du Djoliba, l’heure est à la détente et à l’accalmie. Malgré certaines tentatives de destabilisation, le football malien reprend du tonus, à la satisfaction du monde sportif.

Aussi, les prétendants à la tête de la FEMAFOOT en 2009 doivent entretenir cet élan de symbiose et d’harmonie. Et chacun doit lutter uniquement dans le cadre sportif et cesser de vouloir nuire. Au délà de l’objectif final, les responsables doivent donc accepter de travailler ensemble pour sortir le sport de sa torpeur. Il ne sert à rien de prendre les commandes de la fédération et se distinguer par une stagnation totale. Ce sera alors un retour de la manivelle, une fois le nouveau bureau installé.

Le souhait de tous est donc de voir le renouvellement de 2009 se dérouler dans un atmosphère et sous de bons auspices. Alors, le nouveau bureau qui sera issue de l’élection de 2009 sera soutenu sans faille. L’appel est donc lancé aux autorités sportives et à toutes les bonnes volontés, pour que le football malien ne revive plus les scenario de 2005 et de 2006.

En effet, malgré les apaisements, force est de reconnaître que ces deux crises avaient laissé des traces et des sequeles. Ce qui avait expliqué cet état de ni guerre ni paix dans le milieu footballistique.


Sadou BOCOUM

18 Juillet 2008