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Plus on se rapproche des échéances électorales de 2007, plus les formations politiques changent de stratégies. La plupart d’entre elles réalisent déjà cette idée : “seuls, nous ne pourrons pas faire le poids, ensemble nous réaliserons beaucoup de choses”, d’où la naissance de deux regroupements (ADP, FDR) qui ont tous un objectif commun, à savoir la constitution d’un bloc solide et stable pour la conquête et l’exercice du pouvoir.

En effet, si le regroupement a été toujours une bonne chose, comme le dit cet adage “un seul doigt ne peut pas prendre un caillou”, il faut tout de même utiliser une bonne stratégie pour atteindre cet objectif. Tel n’est pas le cas du Front pour la Démocratie et la République (FDR) qui semble déjà voué à l’échec, non pas seulement à cause de la qualité des partis politiques et Associations qui le compose (ADJ, CD, CDS-MOGOTIGUIYA, CONVERGENCE 2007, COPP, DPM, FASO, MPDD, PARENA, PARI, PER, PRDDM, RDR, RDT, RJP, RPM), mais par sa stratégie.

Quelle est la stratégie du FDR ?

Pour les élections présidentielles, le FDR opte pour une pluralité de candidatures au 1er tour. Les partis désireux de présenter des candidats bénéficieront de la solidarité des autres parties membres. Les partis membres qui ne présenteraient pas de candidat s’engagent à soutenir exclusivement l’un des candidats du FDR.

En cas d’un 2ème tour opposant un candidat du FDR à un candidat non membre du FDR, toutes les parties membres appelleront publiquement à voter pour le candidat du FDR.

En cas d’un 2ème tour opposant un candidat du FDR à un candidat non membre du FDR, toutes les parties membres appelleront publiquement à voter pour le candidat du FDR et s’emploieront de toutes leurs forces au bon déroulement des reports de voix.

En cas d’un 2ème tour opposant deux membres du FDR, les parties signataires s’engagent à faire en sorte que la compétition se fasse en toute loyauté, et reste dans l’esprit et le cadre du protocole d’accord, étant entendu qu’à terme, l’engagement de constituer une majorité de gouvernement demeurera plein et entier…

A la lumière de cette stratégie, on pourrait en déduire que le FDR prépare sa propre pendaison, j’allais dire participe à la diminution de sa force. Le FDR, en décidant d’aller en rang dispersé au premier tour, pour ensuite soutenir le candidat qui sera au deuxième tour, est purement aléatoire. Pour cause : qui sait si l’ADP, un autre regroupement politique acquis à la réélection du Président ATT, ne fera pas le “Takokélén”?

En tout cas, à l’ADP on estime que toutes les voies sont tracées pour accorder la victoire au Président de la République dès le premier tour. Si cela venait de se réaliser, le FDR ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, pour le fait qu’il a échoué dans sa stratégie. Et que son tort a été de ne pas aligner tous les partis membres derrière un candidat unique.

Après cette stratégie qui ne peut être que fatale pour le FDR, parlons maintenant de la force de quelques partis politiques qui le composent.


Le FDR peut-il faire le poids ?

Cette question mérite d’être posée, surtout quand on sait qu’à part le RPM d’Ibrahim Boubacar Kéïta, le PARENA de Tiébilé Dramé, et la CDS-Mogotiguiya de Blaise, tous les autres partis politiques ainsi que les deux associations qui composent le FDR sont moins politiquement dangereux.

Ainsi, premier à afficher son ambition pour les élections présidentielles de 2007, le RPM fourbit toujours son arme a travers ses multiples contacts avec les partis politiques, la formation de ses militants au processus électoral pour dit-on, qu’on ne lui vole plus sa victoire.

En effet, il n’est un secret pour personne que les militants du RPM continuent à branler toujours que le parti a été spolié de sa victoire en 2002 au profit de l’actuel Président. Ils estiment donc que la Présidence de la République revient de plein droit au parti du tisserand. Il appartient à celui-ci de démontrer aux présidentielles de 2007 que sa victoire lui a été volée. Mais le RPM a-t-il le même poids politique qu’en 2002 ? Est-il resté égal à lui même en dépit des difficultés qu’il a connues de cette date à nos jours ? Ces questions trouveront leurs réponses dans les urnes.

En emboîtant le pas au RPM de Ladji Bourama, le PARENA de Tiébilé Dramé qui constitue aussi une force sur l’échiquier politique national, s’est lancé dans la course au pouvoir. Tout comme le RPM, ce parti a aussi vécu des moments difficiles ces derniers temps.

Quant au RDT, il faut reconnaître que ce parti tout comme les précédents a connu récemment un véritable revers à Mopti, la Venise Malienne. Pour cause : toute la section de Mopti s’est dissoute dans l’ADEMA-PASJ. Autrement dit ceux qui s’activaient pour donner vie au parti dans cette région, ont décidé de battre pavillon du parti de l’abeille, qui a d’ailleurs accordé son soutien à la candidature du Président de la République.

Le MPDD, s’est, depuis sa création, vidé de ses membres potentiels à cause de la mauvaise compréhension de l’orientation du parti. En effet, le Président de ce parti estime que son objectif n’est pas de conquérir le pouvoir ou de courir derrière les postes de responsabilités. Quelles équivoque, quand on sait que l’objectif de tout parti politique est de participer à la gestion du pouvoir ?

Toutes les autres petites formations politiques qui composent le FDR sont presque méconnus ou quasiment inexistantes sur l’échiquier politique national. Elles s’étaient totalement s’effacé, il a fallu attendre la création du FDR pour qu’elles fassent leur réapparition.

A ce stade, nous sommes en droit d’affirmer sans risque de se tromper que le FDR contrairement à l’ADP ne fait pas le poids sur la scène politique actuelle.

Moussa TOURE

28 février 2007.