Partager

L’office national des produits pétroliers (ONAP) organise depuis hier un atelier de validation de l’étude sur la constitution d’un stock national de sécurité en carburants et combustibles dont l’ouverture était présidée par Almami Touré, chargé de mission au ministère de l’Economie et des Finances avec à ses côtés la Directrice générale de l’ONAP, Mme Tapo Touga Nadio.

La rencontre qui regroupe opérateurs pétroliers et responsables des services techniques concernés par la question, doit examiner l’étude, la corriger et l’enrichir avant de la valider.

Selon Mme la directrice générale de l’ONAP, cette étude est le fruit de plusieurs missions effectuées à l’intérieur du Mali où des enquêtes ont été menées dans les zones de consommation déterminées sur la base du découpage administratif et dans certains pays de la sous-région (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Burkina Faso et Niger) qui ont une certaine expérience en la matière.

En effet, la constitution d’un stock national de sécurité est un impératif pour tous les pays. Pour un pays continental et importateur de produits pétroliers hautement stratégiques comme le Mali, toute rupture de stock a des conséquences sur le développement. Ce qui fait que la constitution d’un stock national de sécurité a toujours été une préoccupation. Et pourtant, de la période coloniale au début des années 1980, les opérateurs exploitants des dépôts assuraient des réserves permanentes de produits pétroliers.

A partir de 1981, le gouvernement a chargé l’établissement d’approvisionnement et de stockage de sécurité en produits pétroliers (PETROSTOCK), de constituer un stock de réserve. Avec la réforme du sous-secteur des produits pétroliers intervenue en 1992 et la dissolution de cet établissement, la mission de constitution du stock national en carburants et combustibles a été confiée à l’ONAP.

Depuis lors, dira Almami Touré, « grâce à la politique de diversification des sources d’approvisionnement et au dynamisme des opérateurs, les pénuries ont pu être évitées jusque-là. Mais il convient de reconnaître que la situation est précaire ». Le présent atelier, poursuit-il,  » se tient à un moment caractérisé par l’instabilité des marchés pétroliers et les difficultés d’approvisionnement constatées sur certains axes routiers « .

C’est pourquoi, le gouvernement a inscrit au nombre des tâches du département de l’Economie et des Finances, l’élaboration d’une politique de constitution d’un stock national de sécurité. Dans le cadre de la matérialisation de cette mission, l’ONAP, en rapport avec les services techniques impliqués dans la gestion du sous-secteur des produits pétroliers, a initié l’étude qui sera au centre de cet atelier.

Ladite étude propose une estimation des besoins en capacités de stockage pour la sécurité nationale, les modes de financement, de suivi et de gestion de ce stock.
Les résultats des travaux doivent permettre de connaître quelle capacité de stockage faut-il retenir pour assurer la sécurité du pays dans l’approvisionnement en produits pétroliers, où installer ces produits, comment générer les financements nécessaires pour la réalisation des capacités, l’achat des produits à stocker, assurer le suivi et la gestion de ce stock et enfin, quelle réglementation pour un suivi et une gestion efficiente de ce stock.

Le Chargé de mission de l’hôtel des finances d’ajouter que les conclusions de cet atelier permettront au gouvernement de légiférer en matière de constitution et de gestion du stock national de sécurité en carburants et combustibles.

En tout cas, expliquera le directeur général adjoint de l’ONAP, Ibrahim Dansoko, « le plus important est de pouvoir renforcer les capacités de stockage du pays « .

Actuellement, dit-il, le besoin de consommation mensuelle du pays en carburants est de l’ordre de 60 000 m3 et les dépôts de stockage d’une telle capacité existent déjà. Mais le problème est de pouvoir mettre ces 60 000 m3 en réserve.

Une réserve, sur laquelle, on pourra compter chaque fois qu’il y aura des ruptures dans l’approvisionnement correct du pays. Toute chose qui passe par l’incitation des opérateurs pétroliers à investir davantage dans les dépôts de stockage pour augmenter le niveau de stockage et l’octroi des appuis financiers pour la conservation des stocks de sécurité.

Youssouf CAMARA

08 septembre 2006.