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Pour la deuxième fois consécutive, la salle de conférence de la FEMAFOOT a servi de cadre à la tenue de deux conférences de presse : celle tenue par le bureau exécutif de la Fédération au sujet du nouveau sponsor, et celle tenue par l’entraîneur national de Keshi, après le limogeage de Jean-François Jodar.

Aussi, pour le coach nouveau national et son staff technique (remanié à 98%), ce fut l’occasion de situer cette conférence sous le signe d’une prise de contact pour échanges.

Pour moi il ne s’agit pas d’une conférence de presse; il s’agit d’échanger ensemble pour sortir le football malien de sa torpeur. Je compte beaucoup sur vous pour qu’ensemble, nous puissions avancer le football malien. Pour cela, je souhaite que s’installe une collaboration sincère, franche et loyale, à partir d’aujourd’hui ”, a-t-il déclaré, d’entrée de jeu.

Stephen Keshi a ensuite présenté officiellement les membres de son staff technique : son adjoint, l’expérimenté Mamadou Coulibaly dit Mad Coulou, le superviseur, Valère Handinou (un Nigérian),le préparateur physique NTase Kossi, Timothé. A noter que Adama Sangaré Maurice et Patrick vont constituer le staff médical en attendant qu’il soit complété.

Au cours de ces échanges, plusieurs clarifications et précisions ont été fournies, et bien des voiles levés. C’est ainsi que concernant le choix de Madou Coulou, Keshi a été formel : “Il n’y a eu aucune pression de la part de qui que ce soit. Je démens catégoriquement la rumeur selon laquelle les joueurs professionnels ont réclamé Pathé Diallo.

Il n’a jamais été question du problème d’entraîneur adjoint. On a toujours discuté sur la disponibilité à jouer pour l’équipe nationale”, a-t-il informé.

Stephen Keshi dira que tous les entraîneurs maliens retenus (4 au total) sont bons, mais qu’il fallait faire un choix. Selon lui, c’est Madou Coulou qui possède son profil, car c’est un entraîneur ouvert, estimé et ayant le même style que lui.

Ce qui est important pour moi, c’est la victoire et l’atteinte des objectifs fixés, pour que les Aigles puissent voler très haut dans le ciel africain, voire continental. Ce n’est pas moi seul, ni Madou Coulou, mais ensemble, nous pourrons relever le défi ”, a-t-il précisé.

Au cours de cette conférence de presse, Keshi dira que vu le potentiel humain (intérieur et extérieur) du Mali, les Aigles ne doivent plus chercher à se qualifier à une phase finale de la CAN, mais chercher à remporter cette CAN.

Mais a-t-il ajouté, cela n’est possible qu’à condition que chaque partie s’assume pour l’intérêt général du football malien. “Je suis convaincu qu’en travaillant ensemble, les Maliens parleont d’eux sur dans le monde entier, dans le domaine du football”, a-t-il conclu.

Rappelons que c’est grâce aux efforts personnels de Keshi -aidé en cela par Madou Coulou et Seran Diakité, un ancien footballeur résidant en France- que Mamadou Bagayogo (Nantes), Soumaïla Coulibaly (Monchenglabach) et Sékou Eric Chélé (Valenciennes) ont accepté d’intégrer les Aigles du Mali.

Cela prouve qu’ils sont des patriotes maliens, après avoir été écartés à l’époque. Je les comprends. Mais l’essentiel pour moi est qu’ils soient là ”, a indiqué Keshi.


Quand Keshi plaide pour l’union sacrée

Pour les premiers entraînements, le regroupement des joueurs à Kabala débute lundi prochain . Du coup, le coach en a profité pour annoncer une autre rencontre avec la presse, prévue jeudi prochain. A noter que le 1er Juin prochain, les Aigles disputeront leur premier match face au Congo Brazzaville.

Conscient de l’enjeu de ce match, Keshi reconnaîtra certaines difficultés. “J’aurai préféré avoir un match amical, mais vu les réalités du calendrier FIFA par rapport aux dates des éliminatoires cumutées… Mais je fonde espoir sur l’expérience des joueurs pour remporter les trois points” , a-t-il annoncé.

Keshi est un adepte du bon jeu ponctué par une attaque à outrance. “Je ne veux pas une équipe qui balance la balle. Je suis pour un football total. Ce qui explique que je veux avoir des joueurs qui sont prêts à mouiller le maillot du drapeau national ”, a-t-il martélé. Pour lui, toutes les équipes -c’est à dire les adversaires du Mali- sont dangereuses. Il faudra donc gérer les matches par étape.

Face à tous ces défis majeurs, le coach national Stephen Keshi a plaidé l’union sacrée autour des Aigles du Mali. C’est ainsi qu’il appellera chacun (ministère, fédération, médias, anciens footballeurs…) à une prise de conscience nécessaire. C’est surtout la Presse qui a été fortement interpellée par Keshi.

Si vous voyez que ça marche dans les autres pays, c’est parce que l’ensemble de la Presse a contribué. Le succès d’une équipe nationale n’est pas le seul apanage de Keshi, ni de la fédération, ni du ministère, mais c’est ensemble, la main dans la main. Voyons uniquement le Mali et laissons nos problèmes personnels. Tant qu’il n’y aura pas d’union sacrée, on ne pourra rien obtenir”, a-t-il souligné.

Et Keshi, d’expliquer le secret du succès togolais de 2006 qui a permis au Togo de se qualifier à la CAN et à la Coupe du monde 2006. Selon lui, c’est parce qu’il y avait l’entente et la communion entre tous les acteurs togolais du football. Il est convaincu que si chacun accepte de jouer sa partition, rien ne poura arrêter les Aigles en Afrique.

Dans l’appel à l’union lancé par Keshi, la presse sportive n’a pas été oubliée : “Les journalistes sportifs maliens doivent avoir honte que malgré tous les talents existants, le Mali ne puisse jouer les premiers rôles dans le football africain. J’ai du mal à voir qu’après 29 éditions en CAN, le Mali n’a pu remporter aucune coupe. Il est temps d’arrêter les méchancetés gratuites ! ”, a-t-il martelé.

Aussi espère-t-on qu’au sortir de ces échanges, un nouveau climat sera instauré, car pour l’intérêt du football malien, la nécessité d’une prise de conscience s’impose.

Sadou BOCOUM

23 Mai 2008