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Pour un membre très influent du Comité directeur du congrès national d’initiative démocratique (Cnid Fyt) le départ du secrétaire général, N’Diaye Ba, n’est ni plus ni moins que de l’enfantillage et de la manipulation.

Revoilà le Congrès national d’initiative démocratique (Cnid) de Me Mountaga Tall dans une situation rappelant quelque peu l’épisode des  »dix » survenu il y a 15 ans ! Le désormais ancien secrétaire général du parti du soleil levant, non moins ministre de l’Artisanat et du tourisme, N’Diaye Bah, a officialisé son départ ce 3 juin.

Comme nous avons eu à l’annoncer, le ministre de l’Artisanat et du tourisme n’a pas tardé à arborer les couleurs de l’association politique regroupant les amis du président. Et, pas plus tard que le 8 juin, il figurait en bonne place parmi les ministres et militants de l’association politique à Banamba dans le cadre des festivités de l’anniversaire de l’investiture du président de la République.

Cependant l’intéressé lui-même tient à préciser qu’il ne va  »pas au mouvement citoyen’‘, mais il s’en va  »avec le mouvement pour créer un nouveau parti » sur les textes duquel il est en train de travailler avec les responsables du mouvement.

Mais si pour le comité directeur du Cnid,  »le déluge annoncé, au vu des chiffres avancés par les démissionnaires eux-mêmes, n’a pas eu lieu », le chef de fil des démissionnaires, annonce pour très bientôt  »une véritable saignée dans les sections du parti du soleil levant ». De Bougouni à Sikasso en passant par Ségou.

Comme on pouvait s’y attendre à pareille circonstance, les chiffres se contredisent de part et d’autre. Joint hier en début d’après -midi, un membre très influent du Comité directeur du parti minimise l’état des lieux. Selon notre source qui a requis l’anonymat, les démissionnaires ont omis de dire que le comité directeur compte 74 membres et que sur les 74, ils avaient annoncé 15 départs sur lesquels 3… fausses démissions.

Aucun député ni conseiller national ni sage parmi les démissionnaires !

Parmi les 12 confirmés, 7 sont membres de cabinet du ministre de l’Artisanat et du tourisme.  » Aucun député, aucun conseiller national, aucun membre du comité de sage n’a démissionné. Au niveau du bureau des jeunes, il y a un seul départ sur les 40 membres. Sur les 46 membres du bureau, il y a 4 dont deux travaillent chez N’Diaye Ba et la troisième est sa sœur de lait.

Il y a deux fausses démissions sur les 4 maires annoncés comme démissionnaires », a souligné notre interlocuteur. Toujours selon notre source, les démissionnaires avaient annoncé le départ de 4 présidents de section à Koutiala, Bougouni, Sikasso et Kadiolo. Deux sections auraient démenti. Au niveau des secrétaires généraux, il y a eu deux fausses démissions.  »Pour nous, il s’agit d’enfantillages et de manipulation. »

Sur les 24 signatures de la section de Sikasso, il y a 15 responsables du parti, 7 n’appartiennent à aucune structure.  »On est parti ramasser des gens pour signer des déclarations. »  »Lors de notre passage, nous avons démis la section de Sikasso pour déficit de résultat, parce que le Cnid n’a eu aucun conseiller dans la ville de Sikasso », a souligné notre interlocuteur. Ce qui a été jugé inadmissible pour les responsables du parti du soleil levant. Donc, ce sont les mécontents qui ont suivi le chef de fil des démissionnaires.

 »Une section ne peut pas prendre une décision qu’en conférence de section »

Au moment où nous mettions sous presse, le Comité directeur n’a pas reçu la liste des démissionnaires de Ségou. Mais, notre interlocuteur est certain.  »Ils vont trouver des signataires. On propose 50 000 F.CFA, un sac de riz et un sac du sucre Sukala pour une signature.  » A Bougouni où l’on compte environ 43 sous-sections, on estime que 80 signatures ne constituent rien parmi des milliers de militants du Parti. A Bladié, où le parti a un maire et des conseillers, on n’enregistre aucun départ.

Une section ne peut pas prendre une décision qu’en conférence de section. Or, pour les démissions annoncées, il n’y a eu la moindre conférence de section.

 »On ne va pas entrer dans la guerre des chiffres. Les démissionnaires sont minoritaires. S’ils étaient majoritaires, ils allaient débarquer le président, parce que une majorité suffit pour convoquer un congrès extraordinaire. La guerre des chiffres est enfantine. » La situation est évolutive, précise le membre du Comité directeur. Car, certains vont démissionner et d’autres vont revenir sur leur décision.

Par Chiaka Doumbia

Le Challenger du 11 Juin 2010.