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Certains usagers garent leurs véhicules en violation du Code de la route et des principes de bonne conduite. Ce phénomène est parfois à l’origine d’accidents et de nombreux autres désagréments

Bamako, une grande ville du Mali avec une superficie de 245 kilomètres carrés et ses plus de 3.5 millions d’âmes (selon les géographes), donne très souvent l’impression d’un gros village asphyxié par le désordre, l’indiscipline et l’incivisme des usagers de la route.

Les plus grincheux se rendent constamment la politesse, nous donnant l’impression d’être vraiment dans une jungle. Cette situation évoque constamment en certains compatriotes un sentiment de révolte, de colère et d’indignation de voir le désordre régner en maître absolu dans la circulation. Les automobilistes garent n’importe comment et n’importe où leurs véhicules.

Un aîné a trouvé une formule imagée pour mieux expliquer ce dérèglement. Il compare la situation à celle d’un grand malade qui souffre d’une lésion récalcitrante au cou et qui l’incommode constamment.

La problématique de stationnement anarchique de véhicules dans la capitale est un vieux serpent de mer. Tout le monde se plaint de la pratique qui contribue à entretenir le désordre dans la circulation et à embouteiller les voies, notamment les grandes artères de Bamako et les bretelles de jonction. Automobilistes et motocyclistes se disputent le moindre espace et parfois même les piétons, en tout cas en certains endroits, jouent des coudes pour s’extraire de la nasse du désordre. C’est une situation invivable.

Notre équipe de reportage est allée faire le tour de la ville pour constater de visu tout le désagrément que cela cause. Il est environ 9 heures, ce jour d’août, au niveau de l’ACI 2000 où se trouvent certains services de l’administration publique, des établissements bancaires et d’autres centres de business, entre autres, un automobiliste, Dramane Djigui, homme d’affaires, gare son engin à quatre roues (une Mercedes) devant une banque de la place. Le véhicule est mal positionné sur la voie et encombre la plateforme de base (le goudron). Comme lui, d’autres conducteurs, certainement venus faire des opérations bancaires, ont aussi mal stationné leurs véhicules, faute d’un parking digne de ce nom et d’une bonne application du Code des routes pour contrôler ce casse-tête.

Certains usagers jugent la pratique incompréhensible, intolérable et appellent à des mesures de répression des services compétents du ministre des Transports et des Infrastructures. «J’ai des affaires à régler à l’ACI 2000, au lieu de me consacrer à ça, je suis en train de tourner en boucle pour trouver où garer mon véhicule. Les voitures sont même stationnées sur la voie», déplore un autre conducteur qui requiert l’anonymat. Selon lui, il est temps de trouver une solution définitive à ce problème, à défaut d’y mettre un peu d’ordre. «Un tel problème crée beaucoup de désagréments à la majorité des usagers qui ne demandent, ni plus, ni moins que trouver un petit passage pour vaquer à leurs occupations au lieu d’être constamment pris dans l’entonnoir», poursuit-il.

Un autre usager dénonce encore la situation. Pour celui-ci, «le plus grave, c’est que les routes sont trop étroites et des conducteurs indisciplinés qui se préoccupent moins des autres, garent n’importe comment leurs véhicules et provoquent de terribles bouchons». L’encombrement des voies par le stationnement anarchique de véhicules entrave la fluidité de la circulation. Tous s’accordent à admettre, aujourd’hui, la nécessité de discipliner automobilistes (surtout les conducteurs de transports en commun) et motocyclistes.

Dans un pays où on continue de déplorer l’enclavement, de réclamer une amélioration de la desserte interne, l’acquisition des infrastructures routières est une chose appréciable. Mais il faut plus de discipline pour y faire au maximum d’usagers donc de nos compatriotes. Sinon, on continuera a enregistré des accidents de la voie publique avec parfois des conséquences dramatiques, des situations de désordre et bien de désagréments pour les usagers.

Qu’est-ce qui peut justifier cette situation ? Faut-il construire des parkings dans chaque secteur de la ville ? Comment discipliner les usagers de la voie publique ? Quelles sont les mesures qui s’imposent pour circonscrire l’indiscipline et l’incivisme des usagers ? Les réponses à ces interrogations légitimes qui taraudent l’esprit de nos compatriotes permettront de mieux appréhender lephénomène et probablement de trouver le remède au mal.

Aujourd’hui,la capitale est remplie des engins à quatre et deux roues. Certes, il y a le mauvais état des routes, mais le manque de discipline en rajoute à la situation déjà compliquée. Au niveau de Niaréla, notamment vers le cimetière du vieux quartier, les différentes voies qui se relient sont encombrées par des gros porteurs.Ces remorques et autres camions obstruent les voies et ralentissent la circulation même dans les situations où celle-ci est alternée. Un taximan, Saïdou Cissé, fulmine contre cette situation. Cet usager de la voie est visiblement ulcéré d’avoir passé près d’une heure à s’extraire des bouchons sur une petite portion de la route qui traverse le marché de N’golonina.

Un policier en faction sur la voie et qui demande l’anonymat reconnaît la complexité de la situation. Les stationnements anarchiques perturbent la fluidité de la circulation et sont formellement interdits par le Code de la route. Les contrevenants sont même soumis à des sanctions contraventionnelles, mais cette pratique se passe dans beaucoup d’endroits et au même moment. C’est pourquoi, la Compagnie de la circulation routière (CCR) est chargée de veiller au strict respect strict du Code de la route, notamment d’empêcher aussi les stationnements anarchiques sur la voie publique.

Tout véhicule interpellé dans le cadre de cette infraction est immédiatement conduit à la fourrière. Le fonctionnaire de police est on ne peut plus clair. Pour lui, le propriétaire pour récupérer son véhicule est contraint de payer une contravention préfixée dans le Code de la route contre reçu. Il note qu’un effort pédagogique est fait dans ce sens. Parce que des panneaux de signalisation indiquent clairement aux usagers si le stationnement est interdit. Il s’agit de tout positionnement d’un engin qui gêne le passage sur la voie publique.

À ne pas confondre à l’occupation anarchique de la voie publique qui signifie l’arrêt sur la voie publique. La mairie du District de Bamako est là pour veiller à l’application correcte des règlements des polices administratives, en matière de mobilité urbaine (la fluidité de la circulation). à cet effet, des équipes de l’hôtel de ville de Bamako écument les secteurs avec des sabots pour immobiliser les véhicules mal stationnés sur la voie publique et soumettre les auteurs à une sanction pécuniaire. Selon Seydou Ousmane Diallo, directeur adjoint à la direction urbaine du bon ordre et de la protection de l’environnement (BUBOPE), ces sabots sont destinés à immobiliser les véhicules dont les conducteurs sont en infraction et faire payer à ceux-ci 15.000f d’amende.

Malheureusement, les choses sont plus compliquées pour cette direction aussi avec ses outils (les sabots) actuellement rouillés et la camionnette en panne. Elle n’est, en tout cas pour l’instant, pas opérationnelle. Ce qui peut expliquer le grand bazar qui s’accentue.

Un véhicule est considéré en infraction en matière de stationnement essentiellement dans les cas ci-après : le non-respect des équipements de signalisation horizontale et verticale (marquage de chaussée, panneaux, feux), le stationnement sur les aires piétonnières, les accès publics et privés, en situation double file, le stationnement des carrefours et des arrêts réservés aux véhicules de transports collectifs, selon l’article 3 de l’arrêt N°029 /DB déterminant les modalités du contrôle de stationnement «Opération Sabot».

Oumou SISSOKO

Source: ESSOR