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foot-5.jpgLes supporters de Sotuba reprochaient à Cheick Diallo son intransigeance et nombre d’entre eux estimaient que le technicien n’était plus l’homme de la situation. Constamment chargé d’éteindre l’incendie qui n’en finit plus de ravager le club depuis plus d’une décennie, le « pompier » Cheick Diallo qui n’a pourtant rien d’un enfant de coeur et encore moins d’un débutant, s’est toujours imposé comme une force morale des Blancs, un faiseur de roi en quelque sorte. Il quitte donc le navire stadiste en plein tourbillon, après avoir résisté pendant 11 mois aux critiques acerbes de ses détracteurs.

C’est vrai que beaucoup de griefs portés contre l’ancienne gloire du football malien sont plus ou moins fondés, notamment les mauvaises inspirations stadistes dans les recrutements. Mais le handicap de Cheick Diallo qui aurait provoqué l’ire de supporters de Sotuba et de certains membres de la direction du club est le malentendu entre le technicien et ses prédécesseurs auquel s’ajoute son incapacité à gérer certains problèmes. Mais aussi bien du côté des supporters que de celui des responsables stadistes, tout le monde reconnaît l’amour de Cheick Diallo pour Sotuba. La saison dernière, le technicien savait très bien que le terrain était miné lorsqu’il prenait les commandes de l’équipe (14è journée du championnat).

Il parvint au bout du compte à réaliser l’une des ambitions du club : le titre, après avoir raté le coche en coupe du Mali, victime de l’AS Bakaridjan. À l’intersaison, le Stade a laissé partir nombre de cadres de l’équipe et sans chercher à se renforcer. Drôle d’attitude pour une équipe qui était appelée à disputer la Ligue africaine des champions. On connaît la suite….

À dire vrai, le Stade malien n’était plus un challenge pour Cheick Diallo qui peinait à se fixer un but et un objectif pour redonner des couleurs à son club de coeur. Cependant, le technicien n’est pas responsable de cette situation cafouilleuse et ce climat de suspicion extrême dans lesquels pataugent les Blancs depuis bientôt trois saisons. La réussite est collective mais l’échec ne doit pas être individuel.

Cheick Diallo était là pour aider et représenter d’autres. Tout ce qui arrive aujourd’hui au sein de l’ex-Jeanne d’Arc de Bamako, n’est pas une surprise. Il faut maintenant trouver les remèdes et les mécanismes pour remettre tout le monde dans le sens de la marche et dans le sens de la victoire. Malgré le recrutement en vue d’un nouvel entraîneur et l’enthousiasme des Doudou Diakité et autres, le Stade malien devra se montrer imaginatif pour trouver la meilleure stratégie et espérer revenir sur des eaux beaucoup plus calmes.

La formule de comité de gestion dont seul le président est élu, ne sied guère à un club comme les Blancs de Bamako. Il faut simplement corriger le tir sur deux ou trois choses pour permettre au Stade malien de retrouver son lustre d’antan. Les supporters, qui ont manifesté leur mécontentement à l’issue du nul contre le Débo club de Mopti (0-0), n’attendent que ça. L’heure est à la mobilisation générale et à la réconciliation des coeurs. Il y a un mot qui doit revenir souvent dans tout ce qui se fait dans un club comme le Stade malien : « ensemble » ! Ce seul mot résume tout pour un équipe de football.

M. N. TRAORE

Essor du 02 mai 2008