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« Certes, les choses se compliquent un peu, mais c’est dans les situations difficiles qu’on peut mesurer ses vraies valeurs », disait Soumaïla Coulibaly à la fin du match Mali-Bénin (1-1). Malheureusement, le visage que lui et ses coéquipiers nous ont montré au cours des moments difficiles de ce match est loin de nous satisfaire. Certes les occasions n’ont pas manqué de notre côté. Mais le manque de baraka ne peut pas justifier ce nul aux allures de défaite pour la grande partie du public sportif malien.
Face aux Ecureuils, les Aigles ont surtout péché individuellement et collectivement.
Si les Aigles ont une valeur, ils ont joué en deçà de celle-ci. Excepté Seydou Kéita, tous les cadres de l’équipe nationale sont passés à côté de la rencontre. A commencer par le capitaine, Djilla, en panne de répondant physique et surtout orphelin de Djibril Sidibé sur lequel il se repose le plus souvent pour soutenir l’attaque.

Quels que soient les arguments avancés par Jodar, le nul de dimanche dernier est en partie lié à un déficit de coaching. L’entraîneur a aligné par exemple en milieu des joueurs qui ont passé le plus clair du temps à se marcher sur les pieds qu’à construire. Jamais le milieu de terrain des Aigles n’a réussi à imposer son jeu. Ce qui a sevré les attaquants comme Mamadou Diallo le plus souvent contraint de remonter haut chercher le ballon avant de se lancer dans une course folle pour essayer de surprendre les défenseurs. Il est incompréhensible que l’entraîneur ne soit pas parvenu à trouver la solution au regroupement défensif béninois en changeant son option de départ.
« Le match a été difficile pour nous. Personnellement, je m’attendais à ça et je n’ai pas cessé de le dire aux joueurs », a déclaré Jodar à nos confrères de L’Essor.
Cette déclaration équivaut à un aveu d’impuissance de sa part. Il savait que le match allait être difficile, mais il n’a, à aucun moment, été capable de résoudre l’équation béninoise. En réalité, il a péché en jouant la carte des « stars » pour faire plaisir à nous ne savons qui. Il n’a pas su faire la meilleure lecture de cette rencontre pour apporter des solutions aux équations posées par l’adversaire.

Un milieu perdant

Et la question que nous nous posons aujourd’hui, c’est de savoir quel est concrètement l’apport de ses adjoints dans son coaching ? Faire jouer en même temps Djilla, Seydou Kéita, Soumaïla Coulibaly et Momo a rarement apporté des résultats satisfaisants. Cela n’a pas commencé aujourd’hui et presque tous les prédécesseurs de Jodar en ont fait l’amère expérience. S’est-il entêté à jouer le coup ou ignorait-il cette donne que ses adjoints devaient pourtant lui communiquer ?

Djilla et ses coéquipiers avaient impérativement besoin d’une victoire pour se maintenir à la tête du groupe 9 devant le Togo victorieux (3-1) de la Sierra Leone. Désormais, ils se retrouvent à la seconde place avec un point de retard (5 contre 6 aux Togolais) sur les Eperviers. Certes rien n’est encore joué dans le groupe, mais la marge de manoeuvre s’est considérablement retrécie pour les nôtres désormais condamnés à des exploits à Cotonou et Lomé pour tenir leurs adversaires directs en respect.

En tout cas, même si les carottes ne sont pas cuites pour le technicien français et ses poulains, ils avancent vers le précipice. « Rien n’est encore perdu, les garçons sont conscients de la tâche qui les attend. Et ce n’est pas parce que nous allons jouer à l’extérieur que cela peut constituer un handicap. Nous avons encore trois journées à disputer et je vous dis que nous n’allons pas perdants », espère encore Jodar. Mais, cela ne change en rien la réalité parce que le Mali est de moins en moins maître de son destin.

Et peu de Maliens partagent aujourd’hui l’optimisme de Soumaïla Coulibaly pour qui, « nous n’avons pas pu marquer ici, c’est dommage. Toutefois, rien n’est encore perdu, nous gardons encore notre chance de qualification. Ce n’est pas parce que nous avons été tenus en échec à Bamako que nous ne pouvons pas gagner le match retour devant le public béninois ».

C’est maintenant à lui et à ses coéquipiers de prouver leur vraie valeur, c’est-à-dire celle qu’ils affichent avec les clubs dans les championnats et les autres compétitions européens. Et ils doivent commencer par remporter le derby du 3 juin prochain à Cotonou.

Moussa Bolly

28 mars 07