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Les Echos : Quel était l’objet de votre mission en Chine ?

Colonel Issa Diallo :
Je m’étais rendu en compagnie du trésorier général à Beijing pour m’entretenir avec le comité local d’organisation des JO afin de clarifier le problème d’hébergement de la délégation malienne. Vous vous en souvenez sans doute : nous étions partis l’année dernière au mois d’août pour le compte à rebours et le séminaire des chefs de mission. Sur place, on avait fait des réservations d’hôtels échelonnant à un certain nombre de pourcentage. C’est que nous devions payer 30 % de la réservation au mois de janvier/février et le reliquat doit être payé aux 40 % au mois d’avril. Donc c’était pour aller justement faire des réservations d’hôtels à hauteur de 60 % pour ce qui est de la délégation malienne, et nous avons pu faire ce travail avec le comité local d’organisation des JO.

Les Echos : Quelles en sont les retombées ?

C. I. D. :
En termes de retombées ce sont les réunions de clarification avec le comité local d’organisation (Bococ) sur certains points. Vous savez les JO est un événement planétaire qui demande beaucoup de considération, car les JO évoluent au fil des années. Et les chefs de mission doivent être imprégnés et informés des dernières évolutions, des problèmes au niveau du Village olympique, des centres d’hébergement des terrains d’entraînement, à tous les niveaux sans oublier les disciplines sur lesquelles les pays doivent compétir. Comme retombées, c’est l’entretien également avec les personnels de l’ambassade du Mali en Chine, notamment l’ambassadeur et son collectif. Ce qui a fait que la mission a été fructueuse.

Les Echos : Toutes les conditions sont-elles réunies aujourd’hui pour un séjour agréable des Maliens lors des JO ?

C. I. D. :
Oui ! Vous savez, c’est la première fois que le Comité olympique et sportif du Mali s’organise à un tel niveau. Jamais le Cnosm n’avait payé aussi rapidement et promptement les réservations d’hôtels, ce qui avait toujours posé des problèmes sur les sites d’hébergement. Aujourd’hui, nous sommes en avance sur beaucoup de comités nationaux olympiques (CNO) et nous remplissons les conditions car nous avons fourni toutes les pièces requises. Autrement dit, la délégation sera dans les meilleures conditions d’hébergement. C’est une assurance sollicitée car sur place nous avons visité non seulement les chambres, les villages olympiques qui offrent beaucoup de commodités. Vous savez, les JO ce sont les athlètes, les sportifs et les officiels. Donc, le séjour de la délégation malienne au JO sera agréable. Aujourd’hui Pékin a complètement terminé la construction du Village olympique que j’ai visité en compagnie du trésorier.

Les Echos : Quelles seront les prochaines étapes de la préparation de la participation malienne aux JO ?

C. I. D. :
D’abord nous allons avoir ici les prescriptions des athlètes, autrement dit l’enregistrement des athlètes aux JO. C’est un long processus avec des conditions à remplir. Prenons par exemple le cas des athlètes. Un athlète peut ne pas avoir le minima pour participer, mais avant le coup d’envoi des JO s’il a le minima il peut compétir. Toutes ces conditions sont prises en compte, et perpétuellement le chef de mission doit être au courant de ces derrières évolutions au niveau national et international en collaboration avec le Bococ. Pour le moment, en ce qui concerne notre pays, nous allons avoir en extension quatre disciplines. C’est-à-dire les disciplines reines de l’olympisme ; à savoir : l’athlétisme, la natation, nous aurons Daba Modibo en taekwondo et enfin l’équipe féminine de basket. Voilà donc les quatre disciplines dans lesquelles notre pays se présentera aux JO. A ce jour, les préparatifs vont bon train et je suis à pied d’œuvre pour les accréditations des athlètes concernés.

Les Echos : Que représentent les JO de Pékin pour le mouvement olympique et sportif du Mali ?

C. I. D. :
Les JO qui se déroulent tous les 4 ans constituent l’événement majeur des comités nationaux olympique (CNO) des pays du monde et c’est la plus grande compétition que le monde moderne puisse organiser. Donc, il n’y a rien au-delà de cela. Quand il arrive, tous les CNO sont mobilisés. Aujourd’hui, le Mali a la chance depuis bientôt deux JO, de voir sa participation aller crescendo. Auparavant, il ne présentait qu’un ou deux athlètes. A Athènes, nous sommes partis avec une équipe de football. Cette année, nous irons avec une équipe de basket, et nous partons également avec une chance de médaille en taekwondo avec Daba Modibo. Jamais un Malien n’a accédé à une marche quelconque du podium olympique. Mais l’espoir d’avoir une médaille olympique pour la première fois pour le Mali indépendant est possible. C’est dire que les JO Pékin-2008 présentent un intérêt particulier pour le Cnosm.


Les Echos : Votre mot de la fin ?

C. I. D. :
Je pense que c’est bien parti pour le Cnosm et moi-même. Je suis suffisamment outillé pour mener à bien ma mission, j’espère que je serai ce chef de mission chanceux, qui doit ramener au bercail au moins une médaille olympique. C’est mon souhait, c’est le souhait de notre président, et de tout le Cnosm que le Mali puisse gagner une médaille olympique, chose qui ne s’est jamais produite avant. Nous osons croire que tout ce que nous menons comme activité ou mission ira dans le sens de l’amélioration de la participation malienne aux Jeux olympiques. J’ai vu beaucoup de choses à Beijing, et je pense que les Chinois seront fins prêts pour accueillir ces Jeux et je pense que la Chine va offrir le meilleur Jeux de notre temps.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

18 mars 2008