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  Editorial
Les talibés à Bamako : Toute une éducation battue en brèche


Les Talibés, communément appelés « Guaribou » au sens bambara du terme, mènent aujourd’hui une vie marquée par de pratiques de bas étage. Ce qui, hélas n’est pas sans incidence déplorable, non seulement sur leur éducation mais aussi ce, à cause de quoi, ils sont venus à Bamako. C’est-à-dire l’apprentissage des pratiques religieuses musulmanes, la reconnaissance de l’existence de Dieu et l’obéissance à sa volonté. Les torts sont partagés entre d’un coté, les parents et de l’autre, les maîtres coraniques qui font de ces talibés un instrument inépuisable de réussite économique.

Autrefois, les talibés étaient des enfants d’âge un peu avancé qui venaient apprendre et s’imprégner des pratiques et valeurs de la religion. Cela, en commun accord avec leurs parents. Et comme généralement, ces Maîtres coraniques «  karamoko » ne sont pas d’une posture économique stable, ils envoyaient les talibés pour quémander aux fins de pouvoir subvenir aux besoins primaires.

A cet effet un emploi du temps conséquent était établi de façon à permettre aux « Guaribou » de bénéficier des enseignements donnés par leur « Karamoko » et ensuite avaient un temps de créneau pour mendier. Le fonds recueilli par les talibés était judicieusement utilisé et destiné à trois sources : une partie servait à payer la nourriture, une autre pour la prise en charge des ordonnances en cas d’urgence et enfin une partie avec laquelle les maîtres coraniques couvraient les dépenses courantes.

Dans ce jeu chacun avait son compte. Les « Guaribou » après des années d’apprentissage, caractérisé par une soumission et respect d’allégeance à leur maître, revenaient mûr et bien instruit dans leur famille respective. Et le père et la mère, tous aux anges, manquaient des mots de remerciement pour le maître et séance tenante, le départ d’un autre frère était décidé.

Mais à la différence de ce qui se passe aujourd’hui, les enfants sont devenus l’instrument de travail des maîtres coraniques au grand dam des parents. Ces « Karamoko ou Moualim » en d’autres termes, n’ont aucun sentiment de responsabilités morale, psychologique et matérielle envers ces enfants qui sont abandonnés dans les lieux de rassemblement de culte (Mosquée, Eglise), à coté des feux tricolores installés dans les endroits de forte affluence. Ces enfants, venus un peu de partout de l’intérieur du Mali, et de la Guinée, en majeure partie sont en train de purger des menaces verbales, voire physiques de leurs Maîtres.

Pour motifs, un montant est chaque jour indiqué par le Maître et que les enfants doivent chercher. A défaut, une correction verbale ou corporelle souvent violente est infligée à l’intéressé au cas ou l’article amené n’est pas de taille à l’appréciation du maître. Comme le témoignent en commune VI, certains talibés que nous avons rencontré, le vendredi dernier, jour faste de la semaine où les « Guaribou » sont en nombre impressionnant devant les mosquées de Bamako.

Sous le sceau de l’anonymat, les talibés précisent : « Nous sommes là depuis 2000, mais on vous rassure que nous ne faisons rien qui se rapporte aux pratiques et à l’enseignement du coran. Notre « Moualim » tantôt « Karamoko » ne se fait nullement de soucis à notre santé, notre enseignement aux pratiques religieuses et autres y afférents, mais seulement ce que nous amenons le soir. « Moualims qu’il revendique. Nous déduisons que Dieu viendra à notre aide ».

Ces cris de détresse et de colère sont à l’endroit des parents qui envoient à ces seigneurs de la jungle leurs enfants pour apprendre à pratiquer et à traduire le message coranique. Au lieu donc, que cet enseignement profite à ces enfants, il les asservit en les prédisposant à de comportements blessant les sentiments religieux.

Au pire des cas, ces enfants sont orientés vers le vol ou à l’agression suivi d’enlèvement de butins pour assouvir leur désir matériel.

Aux parents de songer à l’avenir et à l’éducation des enfants, gage de tout développement économique, social, et intellectuel.

Ténéko KONE

Zénith Balé du 26 octobre 2007.

 

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