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  Les Echos
Barreau Malien : Quarante ans d’histoires !

Le barreau Malien a 40 ans. A cette occasion, Me Ismaïla Konaté, relate dans une plaquette, le parcours de cet auxiliaire de la justice et trace les perspectives.

L’histoire du Barreau du Mali commence à la fin des années 1970, soit dix ans après l’indépendance du pays. Le Barreau du Mali a 40 ans aujourd’hui et « la défense« n’est elle même apparue au prétoire au Mali qu’au début de la Première Guerre mondiale. A l’origine, un avocat du nom de Me Hesling, qui fut le premier avocat à s’installer à Bamako, sera suivi par une seconde vague d’avocats venus le rejoindre.

Il s’agit, entre autres, de Me Jérôme Da Costa Suarez, Me Philippe Joseph et Me Coutet. Par la suite, de nombreux autres avocats ont rejoint le prétoire parmi lesquels feu Me George Albert Dongar qui fut le premier bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali indépendant, feu Me Chevrier et feu Me Demba Diallo.

C’est grâce au courage et à l’engagement de ces premiers avocats que la profession s’est maintenue et s’est développée. Par la suite, elle a été organisée par l’ordonnance n°43/CMLN du 30 décembre 1971 qui a institué un Barreau auprès de la Cour suprême et de la Cour d’appel en lieu et place du corps des avocats défenseurs et avoués d’avant et après indépendance. L’Ordre des avocats du Mali est donc né à cette période-là.

Mais l’institution ainsi créée était loin d’être parfaite puisqu’elle ne répondait pas véritablement aux attentes des avocats. En effet, même si par ce texte, l’avocat malien avait seul, qualité pour plaider, qu’il exerçait librement ses fonctions pour la défense de la justice et de la vérité, celui-ci ne bénéficiait que d’une immunité réduite de la parole et des écrits. Il était nommé par décret pris en conseil des ministres et il pouvait être radié par décret également. La liberté de l’avocat dans l’exercice de son activité professionnelle était en quelque sorte conditionnelle.

275 avocats inscrits à l’ordre

La loi n°88/43 du 23 mars 1988 est ensuite intervenue pour servir de cadre légal à l’exercice de la profession d’avocats. Ce texte qui a maintenu le principe de la « nomination« de l’avocat par décret, lui a enlevé le monopole de la plaidoirie. La loi a consenti à l’avocat malien, en guise de consolation, la liberté de fixer lui-même ses honoraires dans les matières non tarifiés. Il est vrai que cette loi a été adoptée sous la première et la seconde Républiques où la philosophie politique était largement dominée et inspirée par le socialisme.

Pour les dirigeants politiques de cette époque, la défense devait être moralement et techniquement intégrée au système. L’avocat, au même titre que le juge et le commissaire du peuple (procureur), devait être capable de défendre la société et de préserver l’intérêt général.

Dans un tel contexte, il ne restait plus beaucoup de place pour l’avocat individu. Ce n’est qu’à l’avènement de la IIIe République, bâtie sur des exigences de liberté fortement inspirées par l’implication du Barreau en tant que acteur majeur que la loi n°94-042 du 13 octobre 1994 a reconnu à l’Ordre des avocats du Mali, son autonomie et son indépendance.

Le chemin a été long et le parcours sinueux. Aujourd’hui l’Ordre du Mali compte 275 avocats, y compris les avocats stagiaires. La grande majorité des avocats du Mali exerce individuellement et est installée à Bamako. Il existe par ailleurs des groupements d’avocats : 11 sous forme de sociétés civiles professionnelles d’avocats, régulièrement déclarées à l’Ordre. Sur la foi des dernières informations, 3 avocats exercent dans la région de Kayes, 3 dans la région de Sikasso, 2 dans la région de Ségou et 5 dans la région de Mopti. L’Ordre des avocats du Mali est dirigé et administré par un Conseil de l’ordre de 18 membres, avec à sa tête Me Issaka Kéita comme bâtonnier élu.

Avant le bâtonnier Issaka Kéita, 8 autres avocats ont servi l’Ordre en qualité de bâtonnier :

- Bâtonnier George Albert Dongar ;

- Bâtonnier Hamaciré N’Douré ;

- Bâtonnier Demba Diallo ;

- Bâtonnier Idrissa Traoré ;

- Bâtonnier Magatte Assane Sèye ;

- Bâtonnier Kassoum Tapo ;

- Bâtonnier Fatoumata Sylla (première femme avocate du Mali, bâtonnier de l’Ordre des avocats, et garde des Sceaux ministre de la Justice) ;

- Bâtonnier Seydou Ibrahim Maïga.

Source : Me Konaté

(Les titres et intertitres sont de la rédaction)

04 Août 2011.

 

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