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Débat autour du scrutin du 26 avril : les acteurs ont-ils convaincu ?

Les électeurs Maliens sont de nouveau convoqués le 26 avril 2009 aux urnes pour le renouvellement des mandats des 10 777 conseillers communaux. A Bougouni, en plus des communales il y aura le même jour les législatives partielles pour l’élection d’un député en remplacement du député élu sous les couleurs du parti BARICA Mamadou Sinayoko dit Gaucher décédé en fin 2008.

Quels sont les enjeux de ces deux scrutins ? Où en est-on avec les préparatifs à moins de deux mois du jour j ? Voilà entre autres questions qui ont été au coeur de l’émission télévisuelle “Débats de Cité” sur les antennes de l’Office de Radio-Télévision du Mali (ORTM) du dimanche 1er mars dernier. L’animateur dudit débat était M. Salif Sanogo, Directeur des infos de la télévision malienne.

Il avait comme invités, le Colonel Siaka Sangaré, Délégué Général aux Elections (DGE), Me Moussa Goïta de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Boubacar Sow, Directeur National de l’Intérieur, Djadié Sogoba du PARENA, Madani Traoré de l’URD, Adama Tiémoko Diarra de l’ADEMA et Housseïni Amion Guindo, du parti CODEM. A travers les explications données par les uns et les autres, nuos avons compris aisement que les acteurs du scrutin du 26 avril 2009 n’ont pas les mêmes préoccupations.

LA CENI OPPOSÉE A LA DGE

La Délégation Générale aux Elections (DGE) s’est inquiétée de l’augmentation fulgurante du nombre d’électeurs au Mali qui est passé de 6 millions en 2007 à plus de 7 millions en 2009. Les inquiétudes de la DGE sont contenues dans un rapport confidentiel adressé aux chefs des partis politiques le 17 septembre 2008. Selon le Délégué Général, avec un tel nombre impressionnant d’électeurs, des risques de manipulation des cartes d’électeur sont grands et cela aura des répercussions sur les résultats du vote.

Pour circonscrire la fraude électorale, la DGE a proposé de radier du fichier électoral qu’elle a élaboré le nom des électeurs qui n’ont pas encore retiré leur carte de vote.

Me Moussa Goïta, célèbre avocat au barreau malien et représentant l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) au sein de la CENI s’est opposé à cette position de la DGE qui viole la loi. “Le fait de ne pas retirer sa carte d’électeur n’est pas un motif de radiation de quelqu’un sur la liste électorale aux yeux de la loi. Un électeur peut décider de ne pas voter pour l’élection du président de la République ou des députés à l’Assemblée Nationale, mais peut décider de prendre part au choix des conseillers communaux qu’il connaît bien”, a martelé le représentant de la CENI.

ADEMA/URD : MÊME VISION

Les préoccupations du représentant de l’ADEMA, M. Adama Tiémoko Diarra sont relatives à l’affichage à temps des listes électorales devant les bureaux de vote. Cela permettrait à l’électeur de connaître le centre et le bureau de vote dans lequel, il est appelé à voter. Ce travail de sectorisation des électeurs est dévoulu à la DGE. Il permettra de corriger les faiblesses de l’administration judiciaire, a laissé entendre le représentant de l’ADEMA-PASJ.

Pour Madani Traoré de l’URD, nous sommes bien dans un processus évolutif qui nécessite une large concertation entre le ministère de l’Administration Territorile et des Collectivités Locales, la DGE, la CENI. “La politique pratiquée par l’URD consiste à se battre dans la campagne où résident les vrais Maliens et où il y a plus de problèmes que dans les grandes villes".

DES PIQUES A LA DGE

Housseïni Amion Guindo, président du Parti Convergence pour le Développement du Mali (CODEM) a bien lancé des piques à la DGE quand il a réduit le rôle de cette structure à l’archivage seulement. “Il est temps de revoir les compétences de la DGE, pourquoi ne pas la dissoudre ?”, s’est-il interrogé. Pas d’inquiétude à ce niveau, répond Salif Sanogo, puisque dans le rapport Daba Diawara, il est question de fédérer la DGE et la CENI au sein d’une nouvelle structure.

“Il faut aujourd’hui entièrement faire confiance à l’administration”, a-t-il poursuivit. En réaction aux piques du président de la CODEM, le Délégué Général aux Elections a répondu en disant que la formation politique de M. Guindo est venue tardivement dans l’arène politique et que son président lui même est venu en retard sur le plateau de l’émission. La CODEM peut il être le “Sambalanio” de la classe politique ? C’est-à-dire venir tardivement et dépasser tous les autres ?

LE PARENA ET LE CHRONOGRAMME DES RECENSEMENTS

En ce début d’année 2009, le Mali a lancé deux chantiers de recensement de la population. Il s’agit du recensement de la population et de l’habitat et du Recensement Administratif à Vocation d’Etat Civil (RAVEC). Ces deux opérations se tiennent à la même période que les élections communales et les législatives partielles de Bougouni, donc quatre opérations en même temps.

Pour le PARENA, tenir toutes ces opérations à la fois, ne peut que créer une confusion totale. Le recensement de la population et de l’habitat devrait avoir lieu en avril 2008, il a été reporté en décembre de la même année, puis enfin en avril 2009. La 3ème fois était donc la bonne. “Nous sommes inquiets au PARENA par rapport aux retards constatés dans le démarrage de ces opérations”, a déclaré Djadié Sogoba.

LES ÉCLAIRCISSEMENTS DONNES PAR BOUBACAR SOW

Par rapport aux inquiétudes formulées par le PARENA, le Directeur National de l’Intérieur a été très clair et compréhensif dans un franc parlé qui ne laissait aucune place au doute. Selon lui, l’idée du RAVEC a été semée en 2003. “Les données issues de ce recensement devraient servir de base pour les élections générales de 2007. Mais pour des raisons financières et techniques, l’opération n’a pas pu se faire. Même présentement, le budget n’est pas à 100% bouclé”.

Par rapport aux deux recensements, pas de confusion à faire. Le recensement de la population et de l’habitat va du 1er avril au 14 avril et concerne tous ceux qui habitent sur le territoire national, qu’il soit Maliens ou pas, tandis que le RAVEC est dédié spécifiquement et exclusivement aux Maliens, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur et prend fin jusqu’en septembre 2010.

LES COMMUNALES COUPLET AUX PARTIELS A BOUGOUNI

Pour la première fois au Mali, on tente de tenir deux scrutins différents le même jour. Il s’agit des élections communales couplet aux législatives partielles à Bougouni le 26 avril prochain. Pour une première expérience, certains leaders politiques ont des inquiétudes.

Mais pour l’ADEMA, pas d’inquiétude, le couplage des élections nous permettra de réduire le coup d’organisation et d’augmenter en même temps le taux de participation. Puisqu’il s’agit d’une première expérience, il n’y a pas matière à polémiquer. Au lendemain du 26 avril les leçons seront tirées.

Daba Balla KEITA

03 mars 2009

 

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