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Dans un conflit foncier l’opposant à une tierce personne, l’ex-chef de bureau des domaines de Kati, Jiddou Mohamed Lamine Maïga aujourd’hui en fonction à la direction régionale des domaines et du cadastre de Ségou vient d’être inculpé par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako pour faux en écriture et usage de faux.

Tout est parti d’une parcelle située à Nyamana acquise en 2010 par Mr Modibo Sissoko. Celui-ci sans plus tarder a fait des réalisations sur le site en question. Ce qu’il ignorait c’est que l’ex-chef du bureau des domaines de Kati avait en catimini établi un titre créé de toutes pièces pour la même parcelle. Mais pour cacher la supercherie, car sachant bien qu’il ne pouvait pas se vendre à lui-même les parcelles de l’Etat, il a pris soin de mettre le nom d’une de ses progénitures, sur l’acte administratif de vente comme étant l’acheteur avec sa signature au bas du document.

Ainsi, c’est au cours de ses recherches au niveau des domaines de Kati que M. Sissoko a su qu’il y avait un titre foncier sur sa parcelle au nom de Nana Maïga sur papier mais enregistré aux domaines au nom de Jiddou M. L. Maïga. Il a aussitôt conduit l’affaire devant le tribunal de Kati pour tirer au clair cette situation et introduire en même temps une plainte pour faux et usage de faux contre l’ex-chef du bureau des domaines.

Après moult tractations au niveau de cette juridiction, l’affaire fut portée devant la cour d’appel de Bamako. Ainsi, c’est au niveau de cette juridiction que la découverte a été faite que l’acheteur de la parcelle en question n’était pas une tierce personne, mais plutôt un bébé (de 27 jours) de l’ex-chef de bureau des domaines de Kati. Il avait aussi attribué la signature qui se trouve au bas de l’acte administratif de vente à ce nouveau né.

La justice a relevé cette supercherie ce qui l’a poussé à inculper Jiddou Maïga pour faux en écriture et usage de faux. L’ex-chef de bureau des domaines de Kati était lundi 10 juin devant les magistrats dans la perspective des préparatifs de son procès.

Cette affaire illustre encore une fois combien il est important pour les plus hautes autorités de mener souvent des enquêtes de moralité avant de confier certains postes de responsabilité à des agents qui ne se soucient que de leurs poches.

Kassoum THERA

12 Juin 2013