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La foudre de la spéculation foncière vient de tomber sur les garagistes installés au pied de la colline de Lafiabougou secteur I derrière le lycée Prosper Kamara. Menacés de déguerpissement, ils accusent le maire sortant de la Commune IV, Issa Guindo, et Amadou Bassoum, un homme d’affaires bien mêlé à des litiges fonciers, de les avoir spoliés.

Membres de l’Association malienne des artisans professionnels (Amapro) les promoteurs de la vingtaine de garages installés au flanc de la colline de Lafiabougou ont, selon leur porte-parole, Sékou Kourouma, fait la demande auprès de la direction du domaine pour l’attribution des parcelles sur lesquelles ils sont installés depuis le milieu des années 1980. « La zone est dans l’emprise du chemin de fer, ce qui ne favorisait pas l’attribution à notre profit », reconnaît M. Kourouma.

Cependant, la direction du domaine a prospecté le site et a instruit au cabinet de géomètre « Topo-2000 » de procéder au morcellement au profit des garagistes. Par la suite, chaque garage devait entreprendre les démarches nécessaires pour la transformation de sa parcelle en titre foncier (TF).

C’est au cours de cette période de flottement que les garagistes ont été surpris en 2002 de voir des lettres d’attribution de la mairie de la Commune IV attribuant leurs parcelles à des particuliers bien que la zone, accidentée et au pied des collines, ne soit pas appropriée à la construction de maisons d’habitation.

Le hic, c’est que les garagistes ont toutes les pièces justificatives qui prouvent qu’ils ont versé plus de 2 millions de F CFA à la mairie comme frais d’édilité et autres taxes. Pour la défense de leurs intérêts, Sékou Kourouma et ses camarades ont recruté deux avocats qui, dans leurs investigations, révèlent que les nouveaux acquéreurs résident loin de la Commune. Ils viendraient de la région de Mopti et de Daoudabougou (Commune V) pour la plupart.


« Un vagabond foncier »

« Mais nous avons su que c’est Amadou Bassoum, un vagabond foncier, qui est à la base de cette spéculation. Il a seulement mis sur les lettres d’attribution des noms de bouchers et de vigiles… » , accusent les garagistes, convaincus que le maire sortant de la Commune IV n’est pas innocent dans cette affaire.

Les réparateurs d’automobiles, qui estiment à des dizaines de millions les investissements qu’ils ont pu faire sur leurs parcelles (maison, arbres, puits…) interpellent les plus hautes autorités pour que justice soit faite.

L’affaire qui a été renvoyée à la Cour d’appel avait été jugée en défaveur des garagistes par le Tribunal de première instance de la Commune IV. Celui-ci avait estimé que les nouveaux acquéreurs ont déjà leurs lettres d’attribution alors que les plaignants étaient dans une logique de recherche d’un TF. Qu’en conséquence, l’autorisation d’installation à eux délivrée par la mairie et le gouvernorat devenait caduque face à la lettre d’attribution.

N’eut été la grève illimitée observée par les syndicats de la magistrature et auxiliaires de justice, les garages situés au bas de la colline de Lafiabougou secteur I seraient déguerpis depuis le lundi 4 mai 2009, date butoir à eux signifiée aux vider les lieux.


Amadou Waïgalo

07 Mai 2009