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Bras de fer entre les habitants de Faso Kanu et la Mairie du district qui entend vendre les parcelles prévues pour la construction du marché, de l’école, du dispensaire et d’autres infrastructures du quartier. Mais derrière les arguments développés par le maire Adama Sangaré, qui pilote personnellement les opérations, se cacherait une forte odeur de magouilles.

Enquête:

Le quartier de Faso Kanu situé au sud- Ouest de Sogoniko est il devenu le nouvel eldorado des spéculateurs fonciers ? Toujours est il que depuis quelques temps, les 24 parcelles de terrain réservées dans le plan projet pour abriter les équipements collectifs font aujourd’hui l’objet de velléités à peine voilée de réaffectation à des fins autres que celles prévues par le plan initial.

Des pratiques frauduleuses qui compromettent dangereusement les intérêts des résidents de Faso Kanu qui ont pourtant banqué très fort pour acquérir un toit sur ce nouveau site sur la base d’un cahier de charges et un plan qui a prévu une infrastructure et un cadre de vie comprenant des équipement publics (marché, école, dispensaire, bureaux, espaces verts, terrains de sports ,etc.) ainsi que des voies et réseaux divers(VRD).


Curieusement,ces pratiques sont l’œuvres de certains élus communaux de la mairie de la commune VI en collusion avec le maire »
du district de Bamako, Adama Sangaré. Ce dernier serait dans le dossier parceque administrativement Faso Kanu relève de la gestion de la mairie du district de Bamako. Mais là où le bât blesse, c’est le fait que contrairement aux textes de la décentralisation, ces dits élus communaux ignorent superbement le chef de quartier de Sogoniko et les membres de son conseil de quartier dans leur tentative de spoliation des biens collectifs de Faso Kanu .

Face à cette situation plus que révoltante, les résidents du quartier de Faso Kanu ont décidé de mettre en place une association dénommée « Association des habitants de la cité de Sogoniko » (AHCS).

Une association qui a pour but de permettre aux habitants du quartier de mieux se connaître, de s’organiser autour des problèmes communs intéressant la vie communautaire ; d’encourager l’entraide et la solidarité entre les membres et surtout de créer les conditions d’une cohabitation harmonieuse.
Cette association se veut surtout le protecteur des infrastructures modernes et d’utilité publique dans le quartier et aussi des places publiques du quartier.

Or il se trouve qu’aujourd’hui aucun équipement cité dans le contrat du 8 Octobre 1986 n’a été réalisé. Au contraire, en lieu et place d’équipements collectifs qui n’ont pas été réalisés conformément au plan projet, la Mairie du district de Bamako est en train de procéder au morcellement de l’îlot I prévu pour le jardin d’enfants et l’îlot N prévu pour le marché en parcelles d’habitations.

Et pourtant, dans ses recommandations, une commission technique chargée d’effectuer des investigations sur le terrain de Faso Kanu, objet du contrat du 8 Octobre 1986 (commission mise sur place par la mairie du district et présidée par Mahamane M Guitteye) avait expressément proposé le maintien des équipements collectifs conforment au plan projet,

l’arrêt de toutes activités de construction sur les dits terrains des équipements et invite les occupants à prendre contact avec les autorités du district pour une meilleure conformité à la réglementation en vigueur en matière domaniale(mosquée, marché et jardin d’enfants).Dans son rapport de contrat déposé le 14 Juin 1996, le président de ladite commission technique demandait l’annulation pure et simple des onze (11) parcelles commercialisées sur l’emplacement du marché par Faso Kanu.


La désillusion des populations

Donc c’est conformément aux recommandations de la commission technique chargée d’effectuer des investigations sur le terrain de Faso Kanu que l’association des habitants de la cité de Sogoniko (AHCS) dirigée par Djibril Diarra a pris langue avec les autorités de la mairie du district de Bamako .

D’abord par correspondance en date du 17 Mai 2000 dans laquelle elle soumet au maire du district une série de problèmes qui préoccupent l’ensemble des habitants de la cité Faso Kanu.

Elle souligne en effet que les propriétaires des lots et habitations du quartier ont choisi d’acquérir des parcelles, non seulement en raison de la configuration des lieux, mais aussi à cause des dits équipements qui figurent sur le plan et qui constituent par conséquent un élément à part entière de leur cadre de vie.

Or, fera remarquer l’association des habitants de la cité de Sogoniko (AHCS) une partie de ces biens collectifs officiellement affectées à l’usage public a été déjà spoliée en fraude des droits des véritables bénéficiaires.
Et d’ajouter que cette situation qui inquiète légitimement les résidents de Faso Kanu mérite que des mesures immédiates soient envisagées afin de préserver les droits des habitants du quartier .

Quant au problème de la délivrance des titres fonciers aux propriétaires des parcelles qui demeurent encore, ladite association a fait savoir : «cette situation apparaît comme une violation grave injustifiée du droit de propriété».

Le 8 avril dernier, une rencontre d’échanges et d’information sur la gestion des équipements publics de Faso Kanu à savoir le marché, le centre de santé et le pavage de la cité de Faso Kanu a eu lieu entre la mairie du district et l’association pour le développement de Faso Kanu.

Au cours de cette rencontre, le porte parole de la délégation de Faso Kanu, Djibril Diarra, a fait l’esquisse des problèmes du quartier à savoir la gestion non concertée du marché du quartier. Il fera remarquer au Maire du district, Adama Sangaré «qu’il serait difficile d’installer plus de 100 magasins et kiosques sur l’espace exigu du marché ».

Concernant le centre de santé, Djibril Diarra a informé le Maire du district «d’une menace de morcellement de cet équipement public à usage d’habitation».

En réponse à ces doléances, le Maire du district, Adama Sangaré, a d’abord tenu à rappeler à la délégation de Faso Kanu que l’association n’ayant pas une mission lucrative ne devrait pas encaisser l’argent de la population à la place d’une mairie pour une gestion quelconque d’équipements collectifs «Que chacun joue sa partition précise sans interférer sur l’autre», martela-t-il .

Ensuite, le Maire du district fera savoir à la délégation de Faso Kanu que depuis l’échec du projet Faso Kanu, suite à un protocole d’accord entre la mairie du district et la société défaillante, « l’ensemble des équipements publics de Faso Kanu sont revenus à la mairie du district ».

Et aujourd’hui, ajouta t-il, la mairie du district est redevable à l’État (domaine) de 500 000 000 de F CFA et une pénalité de 2 000 000 de FCFA environ soit une annuité de 41 000 000 de FCFA. Selon le Maire Adama Sangaré, ces dettes doivent être payées sur les patrimoines de la mairie du district qui ne sont autres que les espaces publics disponibles non utilisés depuis quelques années à travers la ville de Bamako .

C’est pour cela que la mairie a morcelé le marché et le centre de santé de Faso Kanu (qui n’est pas fait en catimini) car, conclut-il, la nature a horreur du vide.

Et pour montrer sa détermination à aller de l’avant, le Maire du district a par décision N°08/M.DB portant attribution de parcelle dans le lotissement de Faso Kanu en commune VI du district de Bamako donné à titre de régularisation à un certain Seydou Konaté (sans autre forme de précision) la parcelle n°R/203 à usage d’habitation dans le lotissement de Faso Kanu. Une des parcelles du centre de santé en morcellement.

Ces attributions douteuses des 24 parcelles prévues pour les équipements collectifs du quartier Faso Kanu constituent aujourd’hui une véritable aubaine pour les spéculateurs fonciers.


Birama Fall

06 Mai 2008