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De nombreux étudiants maliens sont à Cuba dans le cadre de leur formation, ce qui dénote de la fructueuse relation entre le Cuba et le Mali. Les étudiants maliens dans ce pays font partie du groupe ELAM (Ecole Latino Américaine de Médecine).

Nos étudiants qui font partie de ce groupe ont bénéficié d’un projet offert par le gouvernement Cubain. Initialement la formation devait se limiter au diplôme de médecin généraliste et dans ce cas, on aurait assisté au retour au pays de nos compatriotes cette année et l’année prochaine.

Mais vu la compétence et le dynamisme démontrés par eux en compagnie de leurs frères d’autres pays, le régime de Fidel Castro a décidé de leur donner la possibilité de se spécialiser en leur accordant une autre bourse. Ce qui est très salutaire de la part de ce pays.

Cela représente une opportunité pour notre pays d’avoir des médecins spécialistes dans presque tous les domaines de la santé. Car l’on sait que d’autres pays en manquent et les quelques spécialistes qui sont là ne peuvent pas prendre soin de tous ces patients dans un pays où la démocratie est galopante.

Aussi, il faut noter que selon les statistiques de la Direction nationale de la Fonction publique et du travail, près de 70% des cadres de notre pays iront à la retraite au bout de 6 ans.

Cette bourse cubaine vient à point nommé pour ces pays en général et pour le Mali en particulier. Un pays ne bénéficie pas constamment de telles opportunités. Elles permettent d’assurer la relève des spécialistes en santé.

LES CONDITIONS

C’est une chance qu’aucun Etat ambitieux ne refusera. Mais la spécialisation répond à un certain nombre de conditions :

Primo, tous les postulants doivent faire un service social d’une année et demi pour le peuple cubain, c’est à dire faire le médecin de famille. Ce qui se comprend dans un pays socialiste. C’est la première condition du gouvernement cubain.

La seconde condition revient à nos Etats, en fait, il s’agit de continuer à assurer la bourse mensuelle, puisque les cours sont dispensés gratuitement par les professeurs cubains. C’est un voeu exprimé également par les étudiants et la troisième condition est d’assurer leur billet d’avion pendant les vacances.

Si l’Etat arrive à nous assurer cela, il nous enlèvera une épine des pieds, car nous tenons à nous spécialiser afin de servir notre pays”, a dit l’un deux.

Informés de cette possibilité, ces étudiants ont saisi l’Ambassade du Mali à Cuba pour faire part de leurs préoccupations. Ayant informé le ministère de l’Education Nationale, les responsables ont déclaré ne pas être en mesure en prendre en charge ces frais. “Mais malgré cela, nous ne désespérons pas, nous croyons à nos autorités et j’espère qu’elles seront sensibles à notre cri de coeur”.

Contrairement aux étudiants d’autres Etats, ceux qui sont à cuba n’ont pas l’opportunité de travailler pour se prendre en charge. C’est un régime purement socialiste.

C’est une situation qui interpelle, le ministre de l’Education Nationale, le Premier ministre et même le président de la République. Car un adage dit que “la formation n’a pas de coût”.

Mamadi TOUNKARA

14 août 2006.