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La crise multidimensionnelle que travers notre pays a perturbé l’environnement social des militaires qui ont été victimes des attaques sur les théâtres d’opération.

En vue d’exprimer la solidarité et la compassion de la nation envers les militaires et  paramilitaires et leurs ayants droit,  tombés au front, les autorités ont décidé de créer un dispositif de prise en charge. Pour en savoir plus, nous avons rencontré la secrétaire exécutive de la Fondation pour la solidarité, le contrôleur général de police Djélika Diallo

L’Essor : Pouvez-vous nous présenter votre structure ?

Mme Djélika Diallo : La Fondation pour la solidarité est un service personnalisé relevant du ministère de la Santé et du Développement social. Elle a été créée en 2017 par l’Ordonnance n° 2017-026/P-RM du 14 août 2017 et ratifiée par loi n° 2017-072 du 18 décembre 2017. Son organisation et ses modalités de fonctionnement sont fixées par le décret n°2017-0694/P-RM du 14 août 2017 qui détermine les organes d’administration et de gestion au nombre de trois : le Conseil d’orientation, instance suprême composée de neuf membres qui sont tous des ministres, la Commission technique, composée de seize membres (tous des secrétaires généraux de départements ministériels).

Enfin, il y a le Secrétariat exécutif, organe de gestion de la Fondation pour la solidarité dont les missions, l’organisation et les modalités de fonctionnement sont fixées par le décret n° 2017-0996/P-RM du 20 décembre 2017. Il comporte cinq départements, dirigés par un secrétaire exécutif. Celui-ci est assisté par un adjoint.

L’Essor : Quelles sont les missions assignées au Secrétariat exécutif de la Fondation pour la Solidarité ?

Mme Djélika Diallo : Avant de parler des missions du Secrétariat exécutif, il est important de définir dans un premier temps les missions de la Fondation pour la solidarité. Au terme de son ordonnance de création, la Fondation a pour mission de contribuer à la mise en œuvre de la politique sociale en faveur des militaires, de leurs familles et de leurs ayants droit dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement, de la reconversion et de tout autre secteur jugé nécessaire. Elle doit aussi proposer toute mesure entrant dans ses objectifs, mener toute autre action utile permettant d’honorer la mémoire des militaires.

Le Secrétariat exécutif est chargé de proposer les objectifs pluriannuels et annuels à atteindre par la Fondation, de finaliser et proposer les programmes d’aide soumis à l’approbation de la Commission technique. Il doit également établir le budget annuel de la Fondation pour la solidarité, rédiger le règlement intérieur,  élaborer le projet de manuel de procédures administratives et financières et le soumettre à l’approbation du Conseil d’orientation. Cet organe de gestion doit aussi assurer le secrétariat du Conseil d’orientation et de la Commission technique,  établir annuellement un rapport d’activités qu’il transmet au Conseil d’orientation, faire toutes propositions entrant dans le cadre de l’amélioration du fonctionnement de la Fondation.

L’Essor : Quelles sont les grandes actions menées par la Fondation pour la solidarité depuis sa création?

Mme Djélika Diallo : De sa création à nos jours, la Fondation pour la solidarité a mené plusieurs actions en faveur de ses cibles qui sont les Forces de défense et de sécurité, leurs familles et leurs ayants droit. Dans le domaine de la santé, la Fondation pour la solidarité fournit aux structures sanitaires des Forces de défense et de sécurité des kits médicaux et d’appareillage pour la prise en charge des blessés de guerre.

Dans le domaine de l’éducation, elle offre à chaque rentrée scolaire des kits aux orphelins de parents militaires et paramilitaires. Elle a pris en charge les frais scolaires de certains orphelins dont les tuteurs vivent dans la précarité. Pour le logement, la Fondation pour la solidarité a entrepris de faire le plaidoyer avec les structures en charge des logements sociaux afin de bénéficier d’un quota pour les familles et ayants droit des éléments des Forces de défense et de sécurité tombés au champ d’honneur en mission commandée.

Dans le domaine de l’action humanitaire, la Fondation a pris l’initiative d’appuyer les familles des grands blessés de guerre et celles des militaires tombés au champ d’honneur dans la défense de la patrie avec des vivres à l’occasion de toutes les fêtes.

Le plus grand combat de la Fondation pour la solidarité est d’œuvrer pour faciliter l’autonomisation des veuves et orphelins des militaires. Pour ce faire, la Fondation a entrepris un vaste projet de création et de financement des activités génératrices de revenus en faveur de ses cibles. C’est ainsi, que nous avons aménagé un espace maraîcher d’un hectare en faveur des veuves de Sikasso et offert des équipements de maraîchage à celles de Tombouctou.

Les veuves de militaires dans ces deux localités ont exprimé le besoin d’entreprendre des activités maraîchères. En ce qui concerne la commémoration, la Fondation a aménagé des fosses communes des éléments des Forces armées du Mali (FAMa), tombés au champ d’honneur, et baptisé une rue au nom de la première femme militaire qui a péri au cours d’une mission commandée.

L’Essor : D’où provient le financement de votre structure ? 

Mme Djélika Diallo: Le financement de la Fondation provient en grande partie du budget d’État. Nous avons aussi quelques partenaires qui ont commencé à nous accompagner. 

L’Essor : Pouvez-vous nous parler de vos difficultés ?

Mme Djélika Diallo: Les difficultés de mise en œuvre des actions de la Fondation sont liées à un problème de financement. Nous avons un souci de mobilisation des ressources. Nonobstant, la Fondation a l’avantage de contacter des partenaires qu’ils soient internes ou externes. Nous avons également un souci lié à la lourdeur administrative dans le déblocage des ressources de la Fondation au niveau des services chargés des finances de l’état.


La particularité de la Fondation pour la solidarité est qu’elle n’évolue que dans le domaine de la solidarité. Elle est fréquemment confrontée à des urgences humanitaires dont la résolution est très souvent difficile du fait de la lourdeur administrative.

L’Essor : Avez-vous des perspectives ? 

Mme Djélika Diallo: Comme perspectives, la Fondation envisage de mettre en œuvre des stratégies de communication afin de permettre la mobilisation des partenaires pour accompagner ses cibles. Sa priorité est de promouvoir l’autonomisation de ses cibles. Ainsi, la Fondation entend créer des activités génératrices de revenus pour tous les groupements de veuves et d’orphelins à travers le pays. Elle a aussi en projet de repérer, en collaboration avec les services sociaux des Forces de défense et de sécurité, les agents emblématiques en vue de mener des actions en leur nom.

 La Fondation compte contribuer aux programmes scolaires d’histoire et d’instruction civique par l’élaboration de leçons modèles sur les Forces armées de défense et de sécurité et sur les faits des armes. La Fondation envisage de proposer également l’institution d’une journée des morts pour la patrie. Celle-ci, si elle retenait l’attention des plus hautes autorités, sera célébrée chaque année.

 Propos recueillis

par Amadou SOW

SOURCE : ESSOR