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Si les locaux du gouvernorat et de l’Ortm ont été libérés hier à Kidal, c’est après que le MNLA ait réussi à se poser comme le seul à pouvoir commander aux populations. C’est pourquoi, il gèrera toujours la ville avec les forces internationales désormais en charge de la sécurité des bâtiments publics alors que les forces maliennes restent à l’écart.

C’est à l’issue d’une journée très chaude que les locaux du gouvernorat et de l’Ortm à Kidal ont été dégagés par les rebelles comme ils avaient promis à l’issue de discussions qui se sont tenues il y a 8 jours à Ouagadougou. Comme attendu, hier au matin, des femmes et des jeunes qui avaient déjà manifesté la vieille, se sont rassemblés devant le quartier administratif de Kidal et ont même dressé des tentes en face du gouvernorat. Ces militants du MNLA qu’on dit en rupture avec leurs leaders, ont refusé jusqu’à dans l’après-midi de libérer les bâtiments publics.

Cette opposition qu’on peut présenter comme une manœuvre des mouvements rebelles a été une aubaine pour écarter le retour des forces maliennes dans la ville. « La colère des populations est légitime, affirme un cadre du MNLA. Notre mouvement multiplie depuis des mois les concessions mais l’Etat malien ne bouge toujours pas. Nous avons expliqué aux habitants de Kidal qu’il fallait quitter les lieux, ce qu’ils ont fait » justifiait hier un leader rebelle sur les antennes de RFI après que leurs éléments aient quitté les lieux.

Le MNLA est arrivé à imposer une réunion dite de clarification tenue en début d’après-midi sur la base française Serval pour trouver une solution définitive. Au chef militaire de la Minusma, le rwandais Jean Bosco Kazura, et le numéro deux de l’organisation onusienne, le sénégalais Abdulaye Bathily, qui ont fait le déplacement depuis Bamako à Kidal pour discuter directement avec le MNLA à qui ont été remis le gouvernorat et l’Ortm, ils ont posé des conditions et exigé une participation à la sécurisation de Kidal et surtout l’utilisation de la radio pour diffuser ses messages dès qu’il le souhaite.

Il s’est opposé de nouveau au déploiement de l’armée malienne dans la ville. C’est pourquoi, depuis hier soir, ce sont les éléments de la Minusma qui sécurisent le gouvernorat et les locaux de l’ORTM. Kidal n’est donc toujours pas revenu dans le giron malien.

Y. Coulibaly

L’Indicateur du Renouveau du 15 Novembre 2013