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La signature le 08 décembre dernier de la plate-forme de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) par quatoze présidents de partis politiques pour la réélection du président ATT en 2007 marque un tournant décisif dans le processus électoral. En recevant les initiateurs de l’ADP le même jour, le président Amadou Toumani Touré (ATT) lui même a reconnu que le plus important vient d’être fait, mais que le plus dur reste encore. Que vaut l’ADP composée des élements de l’ARD quelque peu fissurée par la probable candidature de Boubèye de l’ADEMA, des élements de l’ex-Espoir 2002 en lambeaux et où Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a décidé d’être le choix du RPM, la locomotive de Espoir 2002; des élements de l’ACC et des partis non regroupés tels le PCR considéré comme un néophite en politique et l’URD, la force montante?

ADP-ARD MEME COMBAT?

L’Alliance pour la République et la démocratie (ARD) est composée de douze partis politiques qui sont: ADEMA-PASJ, ADES, AMAT, CDS, FAMA, MDD, PDJ, RAMAT, RDP, UDD, UFD et l’UPD, sous la houlette du président Me Hassane Barry, se bat depuis belle lurette pour offrir à ATT un second mandat. Ce soutien électoral n’est pas le fait du hasard, quand on sait que depuis le 08 juin 2002, date d’investiture du président ATT, les partis membres de l’ARD soutiennent tous l’action des différents gouvernements qui se sont succédés.

L’ARD a été de tous les combats aux côtés du président ATT. On se rappelle qu’après la signature de l’accord d’Alger, le 04 juillet 2006 dans la capitale algérienne entre le gouvernement malien et les insurgés du 23 mai dernier à Kidal et Ménaka, les partis membres du regroupement ont tenu une conférence de presse dans un hôtel de Bamako le 31 juillet passé pour soutenir ledit Accord. Ce jour là, l’ARD a souhaité une application rapide de l’Accord qui, selon elle, est gage de paix, de stabilité et de développement de la nation malienne. L’un des conférenciers du jour, en l’occurrence M. Soumeylou Boubèye Maïga, premier vice président de l’ADEMA a affirmé ce jour là que le plus important est de travailler à l’apaisement.

Il faut rappeler que l’ARD est née en 2000, soit près de deux ans avant l’élection du président ATT à la magistrature suprême du pays. L’objectif premier de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) reste la fusion de tous les partis membres du regroupement au sein d’un seul et unique parti politique. Selon Me Hassane Barry, son président, cet objectif original demeure toujours. “Nous allons surprendre plus d’un car, la création d’un grand parti politique au nom de l’ARD est imminente et ne saurait tardé”, a-il dit.

TOUS LES PARTIS MEMBRES DE L’ARD SIGNERONT LA PLATE-FORME ADP

Les douze partis politiques de l’ARD se sont réunis le lundi 11 décembre 2006 au siège de l’ADEAM-PASJ à Bamako-Coura. Au sortir de la salle de réunion, il a été conclu entre eux que tous les partis membres de l’ARD signeront dans les prochains jours la plate-forme de la nouvelle Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP). C’est ce que nous a révélé son président Me Hassane Barry. Cela ne signifierait-il pas la mort de l’ARD? Non, repond Me Hassane Barry, d’autant plus que l’ARD vise son objectif premier cité haut qui est la création d’un seul et unique parti politique au non du regroupement.

En tout état de cause, les forces politiques qui composent aujourd’hui l’ARD ne sont pas des partis nés de la dernière pluie, ils ont suffisamment pris le temps de se connaître. C’est donc en connaissance de cause qu’ils crééront un seul parti en leur nom.

Le combat prioritaire que l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) livrera est la réélection du président ATT en 2007; c’est d’ailleurs sa seule raison d’être, pour l’instant en tout cas. Sur ce point précis, elle réjoint l’ARD qui fut le premier regroupement à se battre pour un second mandat à ATT

QUE VAUT L’ADP?

Les résultats obtenus lors d’une élection peuvent être un baromètre pour mesurer les forces et les faiblesses d’un parti politique ou un regroupement de partis. C’est en partant de ce raisonnement que nous nous sommes penchés sur les valeurs réelles de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP). Sur les quatorze partis politiques signataires de la plate-forme ADP au départ, tous ont pris part aux dernières élections communales de mai 2004 à part le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) qui n’était pas encore né.

Au total, les treize partis politiques sur quatorze ont obtenu 7132 conseillers communaux sur les 10777 que compte l’ensemble du pays. Les 7 132 conseillers issus des partis politiques de l’ADP représente 66,17% de l’électorat malien. Sur ces sept mille conseillers, l’ADEMA s’est taillé de la part du lion en obtenant 3336 conseillers, soit plus de 30% de l’électorat.

L’ADEMA est suivi de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) qui s’est classé deuxième en obtenant 1623 conseillers, soit 15,06% de l’électorat malien. Le CNID-Faso Yiriwa Ton est la troisième force politique de l’ADP avec 521 conseillers communaux obtenus suite aux communales de mai 2004, suivi du MPR qui a eu 444 conseillers.

L’UDD est la cinquième force politique de l’ADP avec ses 337 conseillers communaux; le parti de la Colombe blanche, emblème de l’UDD, est talonné par l’US-RDA qui a eu 211 élus, vient ensuite le BDIA-Faso Jigi avec 187 conseillers communaux. Le Rassemblement National pour la Démocratie (RND) est la huitième force politique de l’ADP au sortir des dernières élections communales de mai 2004.

Le parti de Me Abdoulaye Garba Tapo a eu 154 conseillers; il est suivi par le MIRIA du Pr. Mamadou Lamine Traoré, ensuite vient le PSP, le PDR, le PIDS. L’Union des Maliens pour le Progrès UMP du Pr Amadou Touré est la dernière force politique de l’ADP si l’on tient compte de ses résultats électoraux de mai 2004 où il a eu neuf conseillers communaux. On ne peut, pour l’instant, parler des forces et faiblesses du PCR car, il n’a pas prit part aux dernières élections communales, n’étant pas encore né.

L’ADP, UN REGROUPEMENT A BUT PUREMENT ELECTORALE

Jusqu’au 08 décembre dernier, la scène politique malienne comptait six regroupements politiques qui sont Espoir 2002, l’ACC, les non regroupés, l’ARD le MVD et l’opposition. Parmi ces six grands groupements politiques, seuls le Mouvement Volontariste pour le Développement (MVD) et l’Opposition ne sont pas représentés à l’ADP.

Le CNID et le MPR se reclament du groupe Espoir 2002, l’ADEMA et l’UDD de l’ARD; le PCR, l’UMP et l’URD appartiennent aux non regroupés. Les partis membres de l’ACC sont largement représentés à l’ADP. Ce sont: le PSP, le PDR, le MIRIA, l’US-RD, le RND et le BDIA-Faso Jigi.

Le dénominateur commun de tous ces partis est le président ATT qui les a réuni tous et en qui ils se reconnaissent.

Vont-ils réussir à faire réélire ATT, quand on sait que l’ARD est menacé de fissure avec la probable candidature de Soumeylou Boubèye Maïga de l’ADEMA, tête de proue de l’ARD. Seule l’URD, la force politique montante aborde les élections de 2007 avec sérénité à notre avis.

Daba Balla KEITA

13 décembre 2006.