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Au fil des jours, les preuves sur l’appui du chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz à la rébellion au nord, s’enchaînent. En effet, le dirigeant de Nouakchott ne cache plus ses intentions belliqueuses envers le Mali et ses autorités. Mais malgré ces faits irréfutables et accablants, les autorités maliennes ne réagissent pas, ne serai-ce que par le principe universel de rappel d’Ambassadeur tel que les Mauritaniens en avaient usé il y a deux ans après la libération de quatre combattants d’Aqmi par le président ATT.

Les preuves ne manquent pas sur l’appui des rebelles maliens par le président mauritanien. Outre le fait d’héberger chez lui certains bandits se réclamant du prétendu Mouvement de libération de l’Azawad, Mohamed Ould Abdel Aziz charge deux de ses sbires, passés maîtres dans l’art de la répression à l’intérieur et de la déstabilisation à l’extérieur, d’aider, de conseiller et de téléguider la rébellion dont plusieurs responsables sont basés à Nouakchott.

Ainsi, les généraux, Hadi, directeur général de la sûreté nationale et Meguette, directeur du renseignement extérieur, sont aujourd’hui les « intermédiaires » entre le président mauritanien et le Mnla.

Aussi, Nouakchott fournit à la rébellion une importante assistance matérielle, financière et logistique. Le tout sur instruction du président Abdel Aziz. Ses principaux services sont commis pour çà.

Déclarations belliqueuses

Qu’est-ce que les autorités espèrent tirer de cet appui aux rebelles et à Mnla ? Comme nous l’écrivions dans nos précédentes parutions, Abdel Aziz avait fait l’ignoble calcul en espérant trouver dans la rébellion touarègue l’occasion de réaliser un rêve longtemps mûri, celui de juguler la menace terroriste dans la sous-région, avec un allié supplémentaire de taille contre Aqmi, à savoir les rebelles du Mnla. Devrait-il réviser sa copie aujourd’hui ?

A ces faits palpables, s’ajoutent les déclarations belliqueuses du ministre mauritanien des affaires étrangères qui déclarait sur les ondes de RFI que « les Touaregs sont une communauté ethnique, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs au Mali sont chez eux, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs ont des revendications identitaires, irrédentistes, ce qui n’est pas le cas des terroristes. Les Touaregs n’ont jamais attaqué un pays étranger, ce qui n’est pas le cas, non plus, des terroristes. Donc, à mon avis, il faut éviter de faire l’amalgame » ; et celles plus récentes de Abdel Aziz lui-même : «Le Nord Mali est une zone pratiquement laissée
pour compte, et libre pour le terrorisme ».

Ce sont là suffisamment d’actes qui ont été posés et qui continuent d’être posés à Nouakchott contre notre pays.

Mais malgré ces preuves, les autorités maliennes gardent inexplicablement le silence.

Pour moins que çà, le président dela Mauritanieavait rappelé son ambassadeur de Bamako, en 2010. C’était pour protester contre la libération des combattants d’Aqmi, en échange à la libération de l’otage français, Pierre Camatte.

Geste diplomatique fort

C’est-à-dire qu’il est temps qu’une clarification intervienne entre Bamako et Nouakchott.

Et la volonté des autorités maliennes d’entretenir des rapports de bon voisinage ne doit être assimilée à de la faiblesse. Surtout, lorsqu’on a à faire à un homme de la trempe d’Abdel Aziz. Cependant, il est tout aussi important que les autorités maliennes « haussent » le ton en envoyant un signal, même diplomatique, à Nouakchott, pour protester contre certains actes posés par Mohamed Ould Abdel Aziz contre le Mali ; même s’il est vrai que le pyromane de Nouakchott semble avoir chez lui suffisamment de foyers de tension qui risquent de le détourner du « front malien ».

Sékou Tamboura

06 Mars 2012