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S’ils sont éligibles au financement public cette année, les partis politiques membres du Regroupement IBK Mali 2012 décident d’y renoncer, en guise de contribution à l’effort de guerre. C’est la principale information de la conférence de presse que le RPM et ses alliés ont animée dans l’après-midi du lundi 14 janvier dernier, au siège du Parti des Tisserands à l’Hippodrome. Elle était animée par le porte parole du regroupement, Amadou Soulalé.

«Le Regroupement IBK Mali 2012 a toujours soutenu le Président de la République par intérim pendant la crise. Si cela ne tenait qu’à nous, le problème serait résolu depuis longtemps. Parce que, en son temps, nous avions demandé qu’il soit maintenu comme Président de la transition avec les pleins pouvoirs. Ce n’est pas au moment du déclenchements des hostilités que nous allons décider de marcher pour demander son départ», a déclaré Amadou Soulalé, faisant allusion au sit-in du mercredi 9 janvier dernier, qui a coïncidé, par le hasard de l’histoire, avec le début des hostilités entre l’armée malienne et les islamistes qui avaient attaqué notre ligne de front à Konna.

Aux dires du conférencier, cette manifestation était prévue depuis longtemps. «Personne ne pouvait imaginer que les islamistes allaient nous attaquer ce jour-là. Ce que nous nous réclamions, c’était la tenue des concertations nationales. Si, parmi nous, il y a des gens qui ont demandé le départ de Dioncounda, cela n’engage qu’eux. Cela n’a jamais été notre position», a-t-il ajouté. Avant de dire «il est insensé en ce moment, en tant que patriotes, de se lever pour parler de cela. La libération du Nord est la seule question d’actualité. Cela ne doit souffrir aucune conditionnalité. Nous sommes prêts à défendre notre patrie, quoi que cela puisse nous coûter».

Joignant à l’acte à la parole, le Regroupement IBK 2012 a pris acte du discours du Président de la République par Intérim sur la mobilisation générale pour la reconquête du Nord du Mali et souscrit pleinement aux mesures d’accompagnement prises par le Gouvernement.

Le RPM et ses alliés saluent également la décision de proclamer l’Etat d’urgence, félicitent notre brave armée pour son engagement patriotique et l’encouragent à poursuivre son action salvatrice de défense et de reconquête des zones sous occupation terroristes.

Ce n’est pas tout. Les supporteurs d’IBK ont applaudi vivement l’action du Président de la République française, François Hollande, pour la promptitude et la qualité de l’intervention de la France illustrée par le déclenchement rapide de l’opération « Serval ».

Face à la situation du pays, IBK Mali 2012 demande l’adaptation des programmes de l’ORTM au contexte actuel et l’interdiction de toutes les cérémonies à caractère ostentatoire, contraires à la situation actuelle. Il sollicite aussi la contribution volontaire de tous les Maliens, de l’intérieur comme de l’extérieur, à l’effort de guerre et une retenue proportionnelle de 1000 FCFA à 10 000 FCFA sur les salaires des fonctionnaires et assimilés du mois de février 2013.

En guise de contribution à l’effort de guerre, le regroupement invite la classe politique malienne au renoncement collectif au financement public des partis politiques au titre de l’année 2011, déjà disponible. Les amis du Kankelen Tigi prônent aussi la réduction du train de vie de l’Etat et l’institution d’une assurance-décès pour les militaires présents au front.

Youssouf Diallo

17 Janvier 2013