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Avec les nouvelles propositions du projet de reformes politiques pour la consolidation de la démocratie au Mali, la situation se complique pour les indépendants. En effet, à leur intention, la nouvelle règlementation des candidatures va instaurer l’obligation de parrainage par une association à caractère politique créée six mois avant la date de dépôt des candidatures et la production d’une profession de foi. C’est dire que l’heure est à la recherche d’un appareil politique pour les candidats autoproclamés, Cheick Modibo Diarra et Soumana Sacko. Si l’ancien Premier ministre a trouvé la parade avec la création d’une association politique, pour le gendre du Général Moussa Traoré, le soutien du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) qui revendique le bilan de l’ancien régime, est loin d’être acquis. Et pour cause…

Les nouvelles propositions du Comité d’appui aux réformes institutionnelles (Cari) ont souscrit à la sauvegarde de la vocation des partis à être les principaux animateurs de la vie politique. La nouvelle réglementation des candidatures indépendantes va instaurer l’obligation de parrainage par une association à caractère politique créée six mois avant la date de dépôt des candidatures et la production d’une profession de foi.

C’est donc le goulot d’étranglement annoncé pour les Indépendants que sont aujourd’hui Zoumana Sacko et Cheick Modibo Diarra. Le premier a semble-t-il, trouvé la solution dans la création d’une association au nom de laquelle il est en train de parcourir le pays depuis déjà un an. Quant au second, il est encore à la recherche d’un appareil politique.

En effet, à l’approche de la présidentielle de 2012, le débat est relancé au sein du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), que dirige Choguel Kokala Maïga, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce et actuellement directeur général du Comité de régulation des télécommunications (CRT). Ce dernier, qui avait obtenu moins de 3 % au scrutin de 2002, a refusé en 2007 de se lancer dans la compétition, préférant apporter son soutien au président Amadou Toumani Touré. Mais tout le monde n’avait pas partagé son point de vue. Certains de ses camarades avaient estimé que le parti devait présenter son propre candidat et affronter le chef de l’État sortant.

Un nom avait d’ailleurs circulé à l’époque : celui de l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, ancien directeur de programme à la Nasa et actuel directeur Afrique de Microsoft. Ses sympathisants sont convaincus qu’avec « ses moyens financiers », « sa notoriété internationale » et « son prestige national » il ne manque pas d’atouts. Cheick Modibo Diarra est le gendre de Moussa Traoré, renversé par Amadou Toumani Touré en 1991. Le MPR se réclame de l’héritage de l’ancien président.

A deux ans de la présidentielle de 2012, le même scénario semble se présenter. Au parti du Tigre, la division est déjà perceptible quant à un soutien à Monsieur Diarra et on prêterait au président Maïga de préférer d’autres options comme celle d’une nouvelle alliance avec le nouveau parti présidentiel, le PDES.

Du côté de ses partisans, on rappelle que le directeur Afrique de Microsoft ne s’est jamais inscrit dans la logique du combat politique qu’ils mènent depuis 1991. Et aujourd’hui, il continue à ignorer le parti en menant des actions unitairement. Depuis la fin de 2009, CMD est régulièrement en mission à l’intérieur du pays, mène seul sa pré campagne, critique-t-on certaines personnes qui ajoutent qu’il n’a aucune chance de passer en 2012.

Selon des sources concordantes, ces arguments ont le don d’énerver l’autre gendre du général Moussa Traoré, Abraham Douga Sissoko dit Ramos, actuellement en poste aux services des Douanes.

Ce dernier a commencé ses manœuvres pour imposer le choix de l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra et éventuellement d’éjecter Choguel Kokalla Maïga contre qui les militants ont aujourd’hui de multiples griefs, notamment la chute libre subie par leur parti, depuis 2002 avec une détérioration de ses résultats aux dernières compétitions et du climat dans ses instances. On lui reproche surtout de ne rouler que pour ses seuls intérêts.

Certains leaders du parti du Tigre optent déjà pour un congrès extraordinaire pour trancher la question et remettre leur formation en ordre de bataille. Une perspective qui ne rassure pas tout le monde car on s’inquiète d’une issue qui peut aboutir à une implosion et à de nouvelles démissions. Une situation déjà vécue par les héritiers du GMT.

Affaire à suivre.

Abdoul Karim Maïga

L’Indicateur du Renouveau du 23 Juillet 2010.