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Du 25 au 27 février 2007, la ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, accompagnée des directeurs généraux de l’Apej, du Fafpa et de l’ANPE, a séjourné dans le cercle de Kéniéba. Il s’agissait, pour la délégation ministérielle, de voir de visu les projets financés par l’Apej, de rencontrer les jeunes, les associations de femmes et les associations minières pour échanger sur leurs difficultés en vue d’y trouver des solutions.
Mais, aussitôt après l’accueil chaleureux réservé à la ministre, les populations environnantes des mines d’or de Tabakoto et de Loulo, ont fait part de leur mal vivre. L’emploi des jeunes dans les mines, la pollution de l’environnement, le refus de financer les projets, selon M. Sissoko, indiquent que les mines, plus qu’elles ne servent, desservent ces deux localités.

« Dans la mine de Loulo, les jeunes qui y travaillent ne dépassent pas 10 personnes. Ils sont exposés à la bronchite due à la poussière. Les explosifs des mines occasionnent également les fissures de nos maisons. Nos plaintes à Somilo sont restées vaines ».

A Kénieba, la question du travail des jeunes dans les mines d’or a été également évoquée. Le maire adjoint Bréhima Doumbia, le représentant des jeunes ont eux aussi dénoncé le comportement des deux sociétés dans le recrutement des jeunes. « Les sociétés minières n’honorent pas leurs engagements. Les projets ne sont pas financés à hauteur de souhait », a tranché le maire.
Les accusations portées à l’encontre des sociétés minières par les populations ont été battues en brèche par le directeur de Somilo qui, au cours de la rencontre qu’il a eue avec la délégation, a fourni des explications sur le mode de recrutement des jeunes dans la mine et le développement communautaire.

Des propositions

De ses explications, il apparaît que l’emploi des jeunes ruraux est une priorité à Somilo. En une année, l’effectif prévu en termes d’emploi, dira-t-il, a été atteint. Sur les 723 travailleurs, toutes nationalités confondues, figurent 372 Maliens. Selon lui, le faible taux de recrutement des jeunes ruraux dans les mines s’explique par un manque de mains d’œuvre qualifiées.

Dans le domaine du développement communautaire, il a été construit des écoles, des forages ont été réalisés. Pour démontrer sa volonté de développer la communauté, un budget de 50 millions de F CFA a été dégagé pour financer les projets qui seront soumis à la société. « En 2006, nous n’avons pas reçu de projets ». Quant à Tamico, elle a présenté au ministre un projet de développement communautaire de 45 millions de F CFA pour 2007. Mais ce montant a été jugé dérisoire par la ministre qui a exhorté la société à plus d’investissement.

A Loulo, le peu d’empressement de la population à présenter des projets a contraint Somilo, à en croire le directeur, à ouvrir un bureau à Keniéba qui aura pour mission de créer un cadre d’échange avec la population afin de dégager les priorités de développement. Pour le directeur, l’emploi des jeunes dans les mines n’est pas la seule porte de sortie pour des jeunes.

Le développement de l’agriculture, de l’aviculture, le maraîchage est aussi perçu comme une solution. « La plupart de nos produits de consommations sont importés alors que toutes les conditions sont réunies pour le produire sur place ». Ces propos du directeur de Somilo ont été confirmés par le préfet qui a ajouté que les collectivités ne veulent pas travailler. « », a-t-il martelé.

Et à la ministre de conseiller ses interlocuteurs que l’activité minière a une grande importance au regard de l’affluence qu’elle draine, mais qu’elle ne doit pas être la seule piste à explorer. « Elle ne doit pas constituer le seul espoir de trouver un emploi ». Pour elle, bien d’autres possibilités s’offrent autour des mines et ailleurs comme l’agriculture, l’élevage, l’aviculture. « Il faut désormais les explorer car Kénieba a des atouts majeurs dans tous ces domaines. Elle est riche de sa diversité à tous égards », a-t-elle affirmé.

Amadou Sidibé

1 Mars 07