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C’est du moins ce qu’a déclaré le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Soumeylou Boubèye Maïga par rapport à l’interpellation et l’inculpation du Général Amadou Haya Sanogo dans l’affaire dite des bérets rouges. C’était lors d’un point de presse qu’il a animé hier à son département. Une déclaration qui lève toute équivoque sur la protection que, le pouvoir en place, était supposé accorder aux officiers pro-putschistes.

Le Numéro un de l’ex-junte est tombé dans les mailles de la justice. A qui le tour ? C’est la question qui taraude l’esprit des uns et des autres depuis l’interpellation musclée et spectaculaire du Général Amadou Haya Sanogo.

En effet, le ministre de la Défense a profité du lancement des travaux de réflexion pour la reconstruction et la refondation de l’armée malienne pour s’adresser à la presse par rapport au dossier Amadou Haya Sanogo qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Il faut signaler que c’est le mercredi dernier que le chef de l’ex-junte Général Amadou Haya Sanogo a été interpellé à son domicile avant d’être conduit chez le juge Karambé en charge du dossier de la disparition des bérets rouges. Après avoir été entendu par ce dernier, il a été inculpé et placé sous mandat de dépôt.

Cette situation est survenue après que l’intéressé ait, à plusieurs fois, refusé de répondre à la convocation du juge. Ce qui va finalement aboutir à un mandat d’amener, exécuté mercredi dernier.

L’implication du Gouvernement

Cette interpellation du Général Sanogo et son inculpation ont donné lieu à toutes sortes de commentaires. D’aucuns estiment d’ailleurs que cette décision serait venue directement du gouvernement qui aurait décidé de prouver à la population que « nul n’est au dessus de la loi ». C’est pour couper court à tous ces commentaires que le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Soumeylou Boubeye Maïga a décidé d’apporter quelques éclaircissements.

Pour l’occasion le ministre de la Défense et des Anciens Combattants a été, on ne peut plus clair : « Nous avons procédé à la mise à la disposition de la justice du General Amadou Haya Sanogo ». Selon lui, ce n’est pas une procédure judiciaire à l’initiative du gouvernement. Dans cette procédure judiciaire, explique t-il, il y a un certain nombre de militaires que le juge en charge du dossier a demandé à entendre dont le Général Amadou Haya Sanogo. « Comme cela se doit dans notre département, nous avons donné notre autorisation. Car en aucun cas, le département de la défense comme les autres entités du gouvernement, ne sera un obstacle à une procédure judiciaire », assure t-il.

Par rapport à cette procédure judiciaire, il fera la genèse en ces termes : « Nous avons notifié au Général Sanogo sa convocation, nous l’avons informé de notre autorisation et sur la base des textes, puisque le juge nous a saisi d’un mandat d’amener qui lui a été amené, c’est pourquoi, nous avons été amené à le conduire devant le juge », précise Soumeylou Boubeye Maïga. Pour le reste, dit-il, « nous ne sommes pas dans le fond de l’affaire, ce que je peux dire, c’est que sur ce dossier comme sur d’autres, tous les militaires sont des citoyens comme les autres. Tous les militaires dont les tribunaux, ou les juges auront besoin pour conduire une instruction, nous ferons en sorte qu’ils soient ainsi ». Avant de poursuivre qu’aucune agitation, campagne de démagogie ou mensonge ne pourraient les détourner de cela.

« Demain si c’était à refaire, nous le referons, et chaque fois que quelqu’un devra être conduit devant le juge, nous le conduirons. » a t-il martelé.

Et d’expliquer que: leur mission est de faire en sorte que nul ne soit soustrait à la justice. D’où sa détermination que tant qu’ils seront là, nul ne sera soustrait à une procédure judicaire.

Et d’ajouter que « Ceux qui se présenteront librement, tant mieux, et ceux qui refuseront de se présenter, comme la loi nous y autorise, nous userons de la contrainte pour les y amener car notre tâche est de mettre à la disposition de la justice ceux dont le juge a besoin. ».

Enfin Soumeylou Boubeye Maïga a laissé entendre qu’il ne ferait aucun acte pour que quelqu‘un soit soustrait à la justice. Mieux, il promet de faire en sorte que tous ceux dont la justice aura besoin dans cette affaire soient mis à sa disposition.

Georges Diarra

Tjikan du 3 Décembre 2013