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A la veille de l’arrivée de son homologue français, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga, animait une conférence-débat de la Jeune chambre internationale Bamako élite à l’hôtel Radisson. Il expliquait à l’auditoire que « la visite d’Alain Juppé au Mali participe à l’isolement du MNLA, lequel comprendra que tous ses supposés alliés sont avec le Mali ».

La Jeune chambre internationale Bamako élite, dans sa quête de bonne information sur la situation de la crise au nord du Mali, a organisé une conférence-débat le samedi 25 février 2012 à l’hôtel Radisson.
Pour cela, elle avait fait appel au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga, l’ancien président du Comité de suivi des Accords d’Alger et présentement directeur général de la police nationale, Mahamadou Diagouraga, Kissima Gakou, conseiller technique au ministère de la Défense et des Anciens combattants, et Claude Tounkara, directeur des relations avec l’Union africaine au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Les conférenciers les plus attendus étaient le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga, et le directeur général de la police nationale, Mahamadou Diagouraga. Ces deux autorités étaient récemment en Alger pour négocier avec « les frères qui ont pris les armes contre leur patrie ».

Soumeylou Boubèye Maïga s’est montré quelque peu prudent sur la question. Une prudence qui dénote du secret d’Etat et lui-même a eu à dire qu’on ne pouvait pas dire toutes les vérités. Toutefois, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale n’a pas manqué de livrer quelques détails aux invités.

Pour lui, 4 défis majeurs se posent aux régions Nord du Mali : ce sont des zones structurellement vulnérables ayant pour facteurs : l’informalité de l’économie et les rébellions ; l’essor de la criminalité transfrontalière avec une économie de fraude issue du trafic de la drogue, dont 50 tonnes traversent annuellement le Sahel ; la présence des groupes terroristes dans la zone notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique et la nature de la réponse à ces menaces.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale se dit convaincu qu’on n’aurait jamais connu la rébellion actuelle sans la crise libyenne parce que sans cette crise, il n’y aurait jamais autant d’arsenal de guerre qui existe maintenant. « Ils ont fui la guerre et ils veulent nous en imposer. La revendication du MNLA n’a pas d’avenir, mais qui continue de faire des victimes malheureusement », dira Soumeylou Boubèye Maïga.

Avant d’ajouter que « tous les pays avec les pays avec lesquels nous avons des relations soutiennent le Mali et la visite de Alain Juppé dans notre pays participe à cela. Le MNLA comprendra que tous ses supposés soutiens sont avec le Mali ». « Nous avons affaire à des menaces transnationales. La France a 7 otages au Mali et certaines composantes de l’Hexagone peuvent vouloir qu’on reconsidère la relation avec le Mali. Sinon la France nous soutient. C’est pourquoi je dis que les revendications du MNLA n’ont pas d’avenir ».

Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, il faut éviter de dire le ‘’Nord-Mali’’ parce que cela fait penser à une possible scission du Mali comme ce qui est arrivé au Soudan avec le Sud-Soudan. Soumeylou Boubèye Maïga préfère parler plutôt des régions nord du Mali. Le ministre Maïga est tellement convaincu du sens de la nation malienne qu’il pense qu’une guerre civile ne peut même pas arriver dans notre pays, tant le brassage culturel est évident.

« Le Mali a consenti des efforts pour la représentativité des régions du Nord et le MNLA n’a aucune légitimité à porter une revendication par la violence armée au nom de ces régions, vu notre contexte démocratique. Cela est valable même si les Touaregs étaient majoritaires au Mali. Le MNLA n’est pas une rébellion, mais c’est un mouvement ayant des moyens illégitimes. Nous les combattrons et ce sont les rapports de force qui détermineront une éventuelle discussion. Pour le moment notre priorité, c’est d’établir la sécurité sur tout le territoire », a expliqué Soumeylou Boubèye Maïga.

S’agissant des autres conférenciers, Mahamadou Diagouraga s’est interrogé si on n’était pas en train gérer encore les effets de la toute première rébellion datant de 1963. Il dit avoir constaté que depuis Tamanrasset, c’est cette même doléance d’indépendance qui revient à la table et à laquelle le Mali a toujours opposé 2 lignes de conduite : l’unité nationale et l’intégrité territoriale. L’ancien président du Comité de suivi des accords d’Alger demande aux Maliens de ne pas se paniquer avec la signature des accords.

« Signer un accord avec un mouvement, ne lui donne pas forcement une importance. On signe des accords à longueur de journée avec les syndicats ! Un accord, c’est juste signer quelque chose pour dire qu’on est convenu de ça. N’accordez pas d’importance au MNLA », tranchera le DG de la police nationale.
Pour Kissima Gakou, le département de la Défense n’est pas encore dans le sens d’un accord et son rôle est la défense du territoire national. Le conférencier Claude Tounkara a parlé de la relation du Mali avec l’Union africaine.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 28 Février 2012

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Déclaration du Parti SADI à l’occasion de la visite du Ministre français des Affaires Étrangères au Mali : Alain Juppé persona non grata au Mali

Illustrant les errements de la politique étrangère française à propos de la rébellion armée, indépendantiste du MNLA alliée à l’organisation terroriste fondamentaliste AQMI contre la République du Mali internationalement reconnue depuis 52 ans et membre des Nations-Unies, une tournée en Afrique de l’Ouest d’Alain Juppé, Ministre français des Affaires Étrangères est annoncée sans embage par l’Elysée.

Elle a débuté par le Benin, s’est poursuivie au Burkina Faso et s’achèvera ce dimanche 26 février au Mali.
Celui qui, devant le sénat français il y’a un mois, saluait tout haut les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par les bandits armés à Aguel Hoc et dans d’autres localités du Nord et les qualifiait de succès militaires importants, tout en donnant la caution du Gouvernement français à leur entreprise illégale, insultant ainsi la République du Mali un des partenaires africains incontournables de la France, prend aujourd’hui son bâton de pèlerin, soi-disant pour plaider la paix et la préservation du processus électoral au Mali. Quelle hypocrisie et quel scandale ?

En fait, ce revirement spectaculaire, marque de fabrique de la diplomatie française, révèle un échec cuisant d’un plan de déstabilisation caché largement inspiré par l’impérialisme français dont les fins sont inavouables. En effet, il fait suite à la précédente tournée d’Henri de Raincourt, Ministre français de la Coopération qui, par le cynisme, le mépris et les contradictions insoutenables dans le discours, n’a fait que démasquer et discréditer d’avantage la position ambigüe et complice de la France dans l’affaire de la rébellion qui a éclaté le 17 janvier 2012 dans le Nord du Mali. Les assertions de l’Ambassadeur de France au Mali Christian Rouyer n’ont nullement réussi à masquer cette réalité.

Par ailleurs et surtout, entre temps, l’armée nationale du Mali, une fois que le Gouvernement a mis à sa disposition des moyens pour se battre, a pris ses responsabilités pour récupérer les territoires occupés par les bandits armés et leur mener la guerre sans merci qu’ils méritent.
Au jour d’aujourd’hui, ces prétendus souverainistes convaincus qui sont en réalité des éléments manipulés et des agents fantoches de l’impérialisme international, France en tête, sont en très mauvaise posture sinon en débandade.

C’est pourquoi, notre grand républicain Alain Juppé, commanditaire en chef de la déstabilisation en Lybie, premier responsable des massacres massifs de libyens, aux avant-postes pour renverser le régime légal de Bachar El Assad en Syrie et casser cet Etat, se souvient subitement comme par miracle que le Mali est un Etat démocratique, « soutenu par la France » et dont elle a le devoir d’aider à préserver le processus électoral ! Heureusement que le peuple malien n’a pas la mémoire courte et n’est pas dupe.
Le Parti SADI s’en fait justement l’écho et dénonce la forfaiture et l’humiliation de trop.

Un Gouvernement responsable et souverain aurait demandé à l’Ambassadeur de France des explications sur les déclarations d’Alain Juppé et n’aurait jamais accepté de le recevoir.
Alain Juppé n’est pas un ami du Mali, mais du MNLA. Que prépare –t-il encore contre le Mali ?

Bamako, le 25 février 2012

Le Bureau Politique

Le Président

Cheick Oumar Sissoko

Cinéaste

Ancien Ministre de la Culture du Mali

Mali Demain du 28 Février 2012