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Soumana Sako au 2ème anniversaire de la CNAS-FH : «Hollande doit choisir entre complicité avec le MNLA et peuple malien»

Face à l’impossibilité pour notre armée d’entrer à Kidal, les langues se délient et le Président français, François Hollande, qui a récemment été accueilli en sauveur à Bamako, fait de plus en plus l’objet de critiques ouvertes sur sa gestion de l’imbroglio qui règne autour de cette ville.

A la faveur du 2ème anniversaire de son parti, la CNAS-FH, l’ancien Premier ministre de la transition de 1991, Dr Soumana Sako, est monté au créneau pour asséner ses vérités. 25 mai 2011, 25 mai 2013, la Convention Nationale pour une Afrique Solidaire Faso Hèrè a 2 ans. Pour commémorer l’évènement, les responsables et militants du parti étaient réunis au Centre international de conférences de Bamako. Actualité oblige, les débats ont essentiellement tourné sur la prochaine élection présidentielle et la situation plus que confuse qui règne dans et autour de Kidal.

Résolument tournée vers l’avenir, en tirant les leçons du passé, la CNAS-FH, selon ses premiers responsables, a été le premier parti à proposer que soit mis en branle un processus de dialogue et de réconciliation intra et intercommunautaire, appuyé sur la justice et la réparation des crimes. Fidèle à sa vocation de parti avant-gardiste, la CNAS-Faso Hèrè, a, au cours de ces deux ans d’existence, comme un prêcheur dans le désert, toujours attiré l’attention des décideurs sur l’impasse dans laquelle glissait dangereusement notre pays.

Ces prises de positions, selon le Colonel Bakary Coulibaly, conseiller du candidat du parti, ont porté, entre autres sur la non négociation avec le MNLA, les mandats d’arrêts internationaux contre les dirigeants des groupes jihadistes et séparatistes, la déchéance des mandats électifs des députés et conseilleurs communaux impliqués dans le narcotrafic, la Feuille de route à soumettre à l’Assemblée, la récusation du médiateur Blaise Compaoré et l’appropriation nationale et démocratique de toutes le solutions de sortie de crise.

Bakary Coulibaly a également rappelé la vision de la CNAS Faso Hèrè «qui est de bâtir le Mali de nos rêves, un Mali débarrassé de la corruption, un Mali respectueux des valeurs républicaines et démocratiques, y compris la laïcité de l’Etat et la subordination de l’autorité militaire à l’autorité civile, un Mali qui compte sur la scène régionale, africaine et internationale, parce qu’il a retrouvé ce qui le grandit».

Parlant la prochaine présidentielle, le Dr Soumana Sako a salué l’affirmation par le Haut Conseil Islamique de sa décision de ne donner aucune consigne de vote en faveur de tel ou tel candidat. Au sujet de Kidal, Zou n’a pas mâché ses mots contre le Président Français: «nous disons à François Hollande qu’il doit choisir entre la complicité avec un groupuscule de séparatistes, recherchés par la justice malienne et internationale, naguère associés à Aqmi et opprimant la communauté touareg, et singulièrement la jeunesse touareg, d’une part, et la globalité du peuple malien, y compris l’écrasante majorité des Touareg, d’autre part. C’est au Président français de choisir et le plus tôt sera le mieux pour lui, car le compte à rebours a commencé».

Il poursuivra «avec ou sans l’accord de la France, l’Armée malienne va entrer à Kidal et ce, sans délai, sans condition, ni subterfuge. A cet effet, la CNAS-Faso Hèrè et ses alliés proposeront bientôt à la classe politique et à la société civile de notre pays le projet de création d’un vaste Front Populaire pour le Sursaut National, dont l’un des objectifs immédiats sera la libération immédiate de Kidal» a déclaré avec véhémence l’ancien PM.

Pour Soumana Sako, en appelant les forces démocratiques et progressistes à une refondation démocratique globale, la CNAS-FH a voulu dire à au peuple malien que, n’en déplaise aux forces obscurantistes, il n’y a pas d’alternative crédible à la démocratie, en dépit des nombreuses imperfections et des dérives diverses qu’elle avait dénoncées bien avant le coup d’état du 22 mars 2012.

Selon Zou «aucun marchand d’illusions, aucun démagogue, aucun affabulateur, ne convaincra notre peuple que le Mali était un paradis terrestre jusqu’au 25 mars 1991 et que tous les malheurs de notre pays ne datent que des vingt dernières années.

Aucune campagne pernicieuse et malhonnête, menée tambour battant par des forces bonapartistes et rétrogrades, ne conduira notre jeunesse à croire que tous les soit disant anciens’ sont pourris ou ont montré leurs limites. C’est, du reste, le lieu de dire que nombre d’adeptes du soit disant tournant générationnel étaient naguère des partisans fieffés de la révision constitutionnelle et des velléités de 3ème mandat ainsi que des thuriféraires du régime de consensus.

On les a vus à l’œuvre, opportunistes devant l’Eternel, encenser le Premier ministre de pleins pouvoirs, dont ils attendaient des prébendes, puis se tenir muets comme des carpes lorsque ce dernier a été débarqué manu militari en décembre 2012. Nous les observons, limogeant des cadres compétents et intègres, tout simplement parce que ces derniers refusent de transformer les services publics en machines à sous pour campagnes électorales».
Notons que cet anniversaire a enregistré la présence de nombreux responsables de partis politiques de la place, dont l’URD, l’ADEMA-PASJ, le RPM, SADI, le PDES, le PS – Yeleen coura et le PRDT.

Yaya Samaké

Le 22 Septembre du 03 Juin 2013