Partager

Après la brouille qui a faillit faire voler en éclats l’URD, l’entente semble revenue entre Soumaïla Cissé et Oumar Ibrahim Touré, respectivement parrain et 2è vice-président de cette formation politique. A l’origine de la paix : le“cessez-le feu“ de Bamako suivi de l’entrevue qu’ont eue les deux hommes, en début du week-end, à Ouaga. Ainsi Soumaïla Cissé et Oumar I. Touré ont sauvé de l’implosion leur parti.

En effet, c’est le jeudi 28 février dernier, que Oumar I. Touré, à l’invitation de Soumaïla Cissé, a quitté Bamako à destination de Ouagadougou. Mais il faut rappeler qu’au paravent, dans le souci de juguler l’implosion qui menaçait le parti, Soumaïla Cissé, au cours d’une visite circonstancielle à Bamako, avait entamé des médiations en vue d’aplanir les divergences qui secouaient le parti. C’est justement dans le but de poursuivre ces médiations entamées à Bamako que le 2è-Vice président du parti s’était rendu à Ouagadougou, pour trouver avec Soumaïla Cissé, les solutions d’une sortie de crise.

En fait à Ouagadougou, les deux leaders devraient poursuivre des discussions qu’ils avaient entamées sur place. Pour rappel, ces discussions sont nées de l’idée d’une éventuelle candidature de Touré à la présidence du parti, lors du prochain congrès prévu normalement en avril prochain. En effet, dès l’annonce dans la presse de cette future candidature du 2è vice-président du parti, la terre s’est mise aussitôt à trembler du côté de l’URD. Et le séisme fut fortement ressenti à Ouaga, où réside le parrain du parti.

Il a fallu une intervention d’urgence de Soumaïla Cissé pour sauver (temporairement) les meubles. Moult tractations ont alors été menées : réunion de crise, négociations bilatérales entre Soumaïla et Oumar, rencontres élargies aux membres de la direction du parti, interventions des notabilités du nord. Ces différentes démarches ont finalement contribué à la conclusion d’un accord qui s’est traduit par « le retrait » par anticipation, de la candidature annoncée du 2è vice-président, Oumar Ibrahim Touré et par l’instauration du calme au sein du parti. Où s’étaient formés déjà des clans. A savoir les partisans de Soumaïla Cissé rassemblés au tour de Younoussi Touré, et ceux de Oumar I. Touré. Des antagonismes qui annonçaient inéluctablement la division ensuite l’éclatement du parti.

Soumaïla Cissé, devant un tel danger a estimé nécessaire d’anticiper sur le cours des évènements en ouvrant des discussions franches avec celui qui, jusqu’aux récentes crises internes vécues à l’URD, était considéré comme un de ses lieutenants les plus fidèles. L’entrevue de Soumaïla Cissé et Oumar Touré s’était déroulée au tour de deux points essentiellement : “la candidature“ de Touré à la présidence et, l’avenir du parti.

Selon un responsable du parti et proche des deux hommes, à Ouagadougou, Soumaïla Cissé et Oumar Ibrahim Touré ont définitivement aplani leurs divergences portant sur la façon dont le parti était géré. D’après la même source, toutes les clarifications nécessaires au bon fonctionnement du parti et à ses orientations actuelles et futures, ont été apportées au cours de la rencontre de Ouagadougou.

Il semblerait que l’éventuelle candidature de Touré au poste de président du parti, ne pose guère de problème à Soumaïla Cissé. Dans un contexte de confiance renouvelée, les deux hommes se seraient fait la promesse de tout mettre en œuvre pour éviter à leur parti l’asphyxie qui entraînerait sa mort.

Le séjour de Touré à Ouaga, aurait été également pour les deux leaders, l’occasion idoine de réinstaurer la confiance entre eux. En réalité, entre Cissé et Touré, une crise de confiance feutrée, depuis quelques mois, était perceptible. En effet, les récentes divergences suscitées par l’annonce d’une “candidature programmée“ de Oumar Touré à la présidence de l’URD, résultent de cette crise de confiance qui prévalait entre deux responsables.

Approché par nos soins, à son retour de Ouaga, Oumar Ibrahim Touré s’est contenté de nous résumait en quelques mots son voyage au Faso : « Tout s’est bien passé, à Ouaga. L’important pour nous, a été de nous atteler à la consolidation de l’URD et à son unité ». Pour le reste, Touré s’est abstenu de tout autre commentaire.

CH. Sylla

06 Mars 2008.