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Après l’élection présidentielle, l’heure est au bilan. Ce qui nous permet de jeter un regard critique sur cette présidentielle et décrypter à notre niveau les raisons de l’échec de celui qui était considéré comme le plus capable de sortir notre pays de l’impasse dans laquelle il se trouve compte tenu de son programme et de son excellent parcours à la tête de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA), en la personne de Soumaïla Cissé.

A notre analyse, trois bonnes raisons expliqueraient cet échec :
D’abord, le contexte dans le quel s’est tenu la présidentielle. En effet, nul n’ignore que l’élection présidentielle s’est tenue au moment où le Mali traversait une des pages les plus sombres de son histoire : l’envahissement du pays par des «anti-dieux» déguisés en jihadistes ; le coup d’état du 22 mars 2012 et le contre coup d’état d’avril 2012. Toutes choses qui n’ont laissé indifférent aucun Malien.

Face à cette situation dramatique et déshonorante, l’impératif pour les Maliens était de sortir le plus vite de cette humiliation. C’est pour quoi, lors du choix de celui qui doit désormais diriger leur destinée, ils ont plus faire parler leur cœur au détriment de la raison.

La deuxième raison, à notre avis, est liée à l’insuffisance dans la stratégie de campagne du parti de Soumaïla Cissé, l’Union pour la République et la démocratie (URD), pour ne pas dire absence de stratégie de campagne.
En effet, si ce n’est pas les différents mouvements effectués par le candidat lui-même à l’intérieur du pays, nous n’avons rien vu de concret de la part de la direction du parti dont il est le porte drapeau.

Nous pensons que si stratégie il y avait, il a manqué à cette stratégie, un véritable travail en amont, à savoir une campagne médiatique autour du candidat Soumaïla Cissé, redorer son image dans l’inconscience collective des Maliens et cela depuis la phase de la précampagne.

Pour que le Malien lambda puisse se faire une idée de lui. Cela aurait pu éviter de lui coller cette étiquette de «voleur de la Nation».
La troisième, si l’on peut se permet de la dire, est son alliance avec le FDR (Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République). Voilà un regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile, qui depuis les événements du 22 mars 2012 qui furent d’ailleurs à l’origine de sa création et surtout les sommets de Ouaga I et II a été taxé de regroupement des «ennemis de la République».

Certains de ces leaders, même à entendre leur nom seulement, donnait le dégoût de la politique. Cette preuve a été donnée en août 2012 lors du meeting organisé par le (HCI) Haut Conseil islamique au stade du 26 Mars au cours duquel ces leaders ont fait l’objet de raillerie collective. C’est pourquoi malgré la cohérence et la clarté de son programme, sa volonté de relever le défi qui se pose au Mali, Soumaïla, comme candidat du Font uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR), ne pouvait même pas être écouté à plus forte raison compris. Car l’objectif visé à la fin était de balayer le FDR. «Tout sauf le FDR», nous disaient bon nombre de gens.

Daouda DOUMBIA

L’Inter de Bamako du 26 Août 2013