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À l’instar de ce qui se fait dans de nombreux pays, l’organisation d’un débat télévisé entre les deux candidats finalistes est plébiscitée par bon nombre de maliens de la rue et d’internautes. On connait l’engouement suscité par campagne auprès des partisans de tel ou tel candidat, la preuve en est la participation exceptionnelle des citoyens au cours du 1er tour. Mais il reste encore beaucoup de sceptiques et d’indécis à convaincre. Un face à face à la télévision reste encore le meilleur terrain pour faire passer ses idées… et emporter des votes.

On se rappelle du fameux débat télévisé entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara chez nos voisins ivoiriens avant l’élection présidentielle. On sait combien ce débat a suscité de passion. Passion qui a d’ailleurs largement dépassée les frontières de la Côte d’Ivoire. Plus proche de nous dans le temps, le Kenya à son tour s’est essayé, plutôt brillamment, à l’exercice.

Là encore tout le pays était devant le petit écran pour voir les candidats se livrer à des joutes verbales mémorables et défendre leurs positions. L’année dernière également, en Égypte, les citoyens ont eu droit à ce condensé politique télévisuel, devenu désormais incontournable dans une démocratie qui se veut crédible.

On se souvient en outre qu’au Sénégal, Abdoulaye Wade, dans l’opposition, avait défié Abdou Diouf, alors président, pour un débat télévisé en 2000. Abdou Diouf avait alors décliné le duel. Mais quelques années plus tard, c’est Macky Sall lui-même qui avait appelé à un débat avec M. Wade, devenu à son tour lui-même président entre-temps. Mais ce débat, au grand dépit des sénégalais, n’a jamais eu lieu.

Des millions de maliens restent à convaincre

Chez nous au Mali, le face-à-face politique n’est pas de tradition. Il est vrai que notre démocratie est encore jeune, et que, jusqu’à présent les élections, même générales, étaient plutôt l’affaire de militants et de leur capacité à mobiliser les foules au jour J.

Mais les choses ont changées, tous les événements qui se sont déroulés ces derniers mois ont changés radicalement la donne, la chose politique est devenue publique, la passion est à son comble, et tout compte fait ceci n’est pas un mal. On mesure, au taux de participation au scrutin du 28 juillet dernier, tout l’intérêt que maliens portent à cette présidentielle décisive. Aucun candidat, en toute objectivité, ne peut aujourd’hui se prévaloir d’une victoire facile. Tout reste possible. Tout reste faisable.

IBK d’un côté, Soumi de l’autre. Il faut le reconnaître le duel aurait de l’allure entre deux personnages qui se connaissent bien. Plus qu’une simple bataille de slogans, ce serait l’occasion pour des millions de maliens de voir enfin ces deux véritables « bêtes » politique confronter leurs idées concernant le prochain quinquennat.

On sait trop le respect mutuel que se portent ces deux-là pour que le débat dérape et tourne au pugilat, on sait trop que la courtoisie malienne ne permettra pas que des propos inconsidérés dépassent les pensées. Alors que risque t-on à organiser ce débat ?

Éclairer les citoyens maliens sur des projets de société, les convaincre et essayer de ramener dans leur camp les votes de nombreux indécis, voilà les bénéfices que peuvent escompter Soumi et IBK à se soumettre à l’exercice du débat télévisé. Ce sont de trop fins politiques pour s’esquiver, ce sont de trop valeureux adversaires pour ne pas voir tout l’avantage qu’ils ont à espérer d’un tel duel.

Pour cela nous appelons nos instances à organiser rapidement ce débat télévisé, afin que les maliens se dotent eux aussi d’un outil démocratique qui les aide à se prononcer dans les urnes dimanche prochain, en toute connaissance de cause, et sans pouvoir prétendre après l’élection « je ne savais pas « .

Gouagnon COULIBALY, Coordinateur de campagne de l’équipe de Soumaïla Cissé

06 Août 2013.