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Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’après l’euphorie de la création de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Soumaila Cissé a du mal à se faire comprendre par certains camarades qui l’avaient présenté jusqu’ici comme un messie. En tout cas, au sortir du dernier congrès ordinaire un front opposé à lui a pris corps à l’URD.

Ces mécontents semblent déterminés à lui rendre la vie difficile. C’est dire que tout reste à faire dans la course pour la présidence du parti en attendant le début des choses sérieuses pour 2012.

Soumi Comble

On le sait, après les élections de 2002, les amis de Soumaila Cissé ont fait leur valise pour créer l’URD.

Avaient-ils de bonnes raisons de quitter l’ADEMA? A la cérémonie de cloture de la 3ème conférence nationale de l’URD en décembre 2006 au Centre International de Conférences de Bamako,

Soumaïla Cissé, actuel président de la Commission de l’UEMOA, avait été présenté au public comme un grand invité d’honneur quand on sait que la politique ne rime pas avec l’UEMOA.

Mais à vrai dire, Soumaïla Cissé est le vrai patron de l’URD. N’est-ce pas à ce titre qu’il s’est adressé aux militants et responsables du parti de la poignée de mains dans un discours plein d’espérances.

S’adressant aux militants et responsables de l’URD,
Soumaïla Cissé avait montré l’image d’un homme comblé. Car depuis la création de l’URD, le 1er juin 2003, c’était la deuxième fois qu’il s’adressait à eux. Si le 1erjuin 2003, il avait parlé de jour de gloire, Soumi ne s’était certainement pas trompé pour qui connaît le cheminement qui a conduit à la création de l’URD.

En effet, candidat officiel de l’ADEMA-PASJ aux élections présidentielles de 2002, Soumaïla Cissé s’est senti trahi et abandonné par ses propres amis. “En cette période, malgré notre commune patience et notre totale confiance, des sentiments mitigés avaient envahi nos coeurs et nos esprits. Mais, aujourd’hui, quel bonheur, quel immense bonheur, après tant d’épreuves !”, avait dit Soumaïla Cissé.

Le parrain de l’URD, M. Soumaïla Cissé, était convaincu que ses camarades militants de l’URD cultiveront au quotidien les valeurs de tolérance, de travail, la culture de l’excellence, la dignité, la loyauté, l’intégrité, la responsabilité, le patriotisme, la modestie, la fierté qui fondent et qui ont fondé le Mali éternel.


Chapeau à Younoussi et à Oumar Ibrahima

Dans sa communication, Soumaïla Cissé avait rendu un vibrant hommage à la direction nationale du parti, à travers son président Younoussi Touré, pour le travail accompli depuis la création du parti en 2003 jusqu’à cette conférence nationale.

Au ministre Oumar Ibrahima Touré, le seul représentant de l’URD au gouvernement d’alors, Soumaïla Cissé avait dit ceci : “Notre représentant au sein du gouvernement s’est acquitté avec honneur de sa mission, je me dois de le féliciter et de l’encourager”.

Par ailleurs, parlant des résultats obtenus par le parti de la poignée de mains, il dira qu’ils sont le fruit des efforts conjugués de tous les militants.

Ces résultats ont été obtenus parfois, dans l’adversité, aux prix de nombreuses difficultés, mais toujours sans démagogie. La démagogie est, en effet, le pire ennemi de la démocratie, car elle en emprunte la parure et la pervertit”, avait déclaré Soumaïla Cissé.

En fait, en si peu de temps, les initiateurs de l’URD ont construit un parti avec lequel il faut compter aujourd’hui sur l’échiquier national. Au sortir des dernières élections communales de 2004, l’URD s’est classée deuxième sur trente neuf après l’ADEMA.

A l’Assemblée Nationale, l’URD revendique des députés. Et Soumi d’apprécier le travail en disant ceci : “Nous avons construit, en si peu de temps, un parti responsable et respecté. Nous avons rassemblé largement au-delà de nos espérances.

Nous avons créé et semé l’espoir, nous avons fondé, une vraie famille : Une famille qui a une ambition : celle de contribuer à l’avènement du mieux-être pour chacun de nos concitoyens ! Une famille où l’on se respecte ! l’URD est donc cette grande famille où l’on se respecte ”.

Même si l’URD a toujours respecté et continue de respecter ses adversaires, “gardons à l’esprit qu’en voulant attirer nos adversaires et décevoir nos amis, nous ne l’emportons jamais. Quand on fait la politique de ses adversaires au détriment de celle de ces électeurs, on perd ses électeurs, alors qu’il est tellement plus facile de les retenir que de les rattraper.

Et on ne capte pas les voix hostiles, on les encourage dans leur hostilité en leur donnant des preuves de faiblesse”,avait-il martelé. Mais cette cohésion existe-t-elle aujourd’hui? Autrement dit, à l’URD Soumaila Cissé garde-t-il la confiance de tous?

Cissé dans le collimateur

Au sortir du dernier congrès ordinaire du parti, le fossé s’est aggrandi entre le parrain et certains cadres du parti à leur tête le ministre Oumar Ibrahima Touré. Ceux-ci lui en veulent d’avoir imposé Younoussi Touré à la tête du parti alors que le ministre de la Santé qui avait fait acte de candidature était pressenti pour le remplacer. Et les mécontents de voir la main de Soumi derrière le clan qui a fait échec à ce voeu.

Du coup à l’URD, Cissé fait l’objet de critiques fusant de toutes parts. Pour les uns, il veut diviser le parti. Alors que d’autres lui reprochent une gestion cavalière du parti. Car, dans leur entendement, seul Soumi pense avoir droit à des ambitions à l’URD. Pis, on le présente comme un “rancunier”. On va jusqu’à expliquer les raisons de la guerre qui avait opposé Soumaila Cissé à IBK. Le premier en voudrait au second de se prévaloir du statut du dauphin de Konaré.

Qui s’attendait à de telles critiques contre Soumi de la part de ceux-là mêmes qui l’avaient poussé à quitter l’Adéma? Jusqu’où iront-ils les opposants à Cissé? Parviendraient-ils à mettre Soumi et partisans en minorité pour aller vers un congrès extraordinaire?

L’avenir nous édifiera.

Oumar Sidibé

23 Mai 2008