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Le nouvel an est une occasion pour le président de la République, Amadou Toumani Touré, de décorer les hommes qui se sont battus pour la nation malienne. Cette année, ils étaient une centaine à être décorés du titre de Commandeur de l’Ordre national par décret N°05-550 P-RM du 19 décembre 2005.

Parmi eux, figure un seul homme de culture et cinéaste de son état. Il s’appelle Souleymane Cissé, président de l’UCECAO. Cette distinction honore tout le monde de la culture, plus précisément les cinéastes maliens. Puisque c’est la première fois qu’un cinéaste décoré est Commandeur de l’Ordre National.

Ce titre s’ajoute à plusieurs autres distinctions que Souleymane a déjà eues au Mali ou à l’extérieur. Officier de l’Ordre national du Mali, du Burkina Faso, Souleymane Cissé est médaillé d’or de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et de compositeurs (CISCA).

Cette confédération regroupe 135 pays membres. Il est Commandeur des arts et des lettres de France, Administrateur du Musée des Arts premiers/Quai Branly et membre du Haut Conseil de la Francophonie. C’est dire que l’Etat malien a même tardé à décorer cet homme, très simple, jovial, plein d’expérience dans le domaine du cinéma.

Né le 21 avril 1940 à Bozola, Souleymane Cissé est un passionné du 7e Art dès le bas âge. Après Dakar, il a poursuivi ses études à Moscou à l’Institut des hautes études supérieures de la cinématographie. C’est en 1969 qu’il a eu son diplôme avant de regagner le bercail pour intégrer le service cinématographique du ministère de l’Information. C’est là qu’il a commencé comme cameraman reporter : il y a pratiqué ce travail pendant trois ans.

Armé d’une solide connaissance, son premier court métrage s’appelle « Cinq jours d’une vie ». C’est en 1978 que son film « Baara » ou le « travail  » a été réalisé grâce au concours financier de sa famille.

Ce film, après sa sortie, a fait un tabac à travers Bamako. Il est lauréat du Grand prix « Yennenga » à Ouagadougou au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO) de 1979, du Grand prix des trois continents au festival de Nantes de 1979, du Tanit d’Argent au festival de Carthage.

Dans cette mouvance, l’autorisation de projeter « Den Muso » lui est donnée. Là aussi, l’ampleur du succès dépasse toutes les attentes. Souleymane présente son deuxième long métrage « Finyè » en 1982, grâce auquel il s’adjuge le très convoité Tanit d’Or de Carthage et le Grand Prix « Yennenga ».

En 1995, c’est au tour de « Waati » de voir le jour. Il reste le dernier long métrage du créateur. De par sa qualité et le sujet traité, ce film restera à jamais sur le tableau de la cinématographie africaine.

Cette œuvre s’est particularisée par le fait de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, c’est-à-dire dénoncer le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, Souleymane se bat pour la construction d’une industrie cinématographique en Afrique de l’Ouest à travers l’UCECAO qu’il préside.

Alou B HAIDARA

02 janvier 2005.