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Il y a un an, l’homme d’affaires soudanais Samir Gassim accueillait avec joie la levée des sanctions américaines contre le Soudan mais, depuis, la morosité persistante de l’économie l’a forcé à licencier des dizaines d’employés. « Notre usine (de Khartoum) ne fonctionne plus à présent que huit heures par jour au lieu de 24 heures sur 24 »,nous a confié à le fabriquant de produits alimentaires et de boissons. Le 12 octobre 2017, la levée de sanctions imposées par Washington avait suscité un espoir de relance économique dans ce grand pays d’Afrique. Mais plusieurs hommes d’affaires soudanais estiment que la décision de Washington de maintenir malgré tout leur pays sur sa liste noire des « Etats soutenant le terrorisme », ainsi que des « opportunités manquées » de réformes, ont empêché le redressement tant espéré. La crise s’est même aggravée. Depuis janvier, il est fréquent de voir dans les rues de Khartoum de longues files d’attente pour trouver de l’essence, du pain ou d’autres produits alimentaires. Un des principaux maux évoqué par les chefs d’entreprise est le maintien par Washington du Soudan sur sa liste noire, qui rend banques et institutions internationales réticentes à garantir les transactions commerciales avec ce pays et les investisseurs à s’engager. De nombreuses entreprises étrangères « cherchent à soutenir de bons projets » dans le pays, raconte Ossama Daoud Abdellatif, à la tête du groupe Dal, le plus gros conglomérat soudanais pesant 1,5 milliard de dollars.Mais ces sociétés ont une marge de manœuvre « limitée » en raison de la frilosité des banques et des institutions internationales.Le fondateur d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, avait vécu dans le pays entre 1992 et 1996. Retirer le Soudan de cette liste serait un signal fort pour dire aux investisseurs étrangers de soutenir le pays, plaide Ahmed Amin Abdellatif, président du groupe CTC qui pèse 250 millions de dollars. AFP