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La politique de libéralisation engagée, depuis 1980, par le Mali a abouti à un nouveau texte relatif à la concurrence et qui fut adopté à la fin de l’année 2005. Pour rappel, ce nouveau texte est une correction de l’Ordonnance d’Avril 1992 instituant la liberté des prix et de la concurrence.

Depuis lors, deux sociétés de téléphonie mobile ont été créées, et chacune tente d’acquérir la clientèle à sa faveur, par des annonces alléchantes et des cadeaux de toutes natures. Ce qui, du reste, n’est pas interdit dans le commerce, à condition que cela se fasse conformément aux règles de ladite loi.

Cette dernière interdit les pratiques commerciales déloyales, telles que les prix d’appel, ceux imposés, la vente à perte, les publicités mensongères, la vente de produits périmés, la rétention de stocks…

Tout acte de ce genre est passible d’amende ou d’emprisonnement, et entraîne la perte de tout avantage. Et s’il s’agit d’un fonctionnaire, il est aussitôt relevé de ses fonctions: c’est ce qui est arrivé au Directeur général de SOTELMA-MALITEL, M. Sidi Ali Ben Zacou.

A chaque grand évènement, les deux sociétés de téléphonie mobile se livrent une guerre de marketing sans merci, en vue de s’attirer plus de clients. Ainsi, lors de la fête de Ramadan, la société MALITEL avait promis à ses abonnés un programme de promotion couvrant les deux jours de fête.

Selon l’offre de la société, le client avait droit à un bonus de 20% pour toute recharge de 1000 et 2000FCFA, et un bonus de 50% pour toute recharge de 5000, 10 000 et 20 000FCFA. Ainsi, les abonnés s’étaient précipités sur les cartes de recharge.

Mais cette offre supposait un appareil de traitement rapide et performant, ce dont ne disposait pas la société dans l’immédiat. Pire, les communications étaient presque rendues inopérationnelles, et eurent, pour conséquence, de susciter la colère des abonnés alléchés.Et certains d’entre eux, de réclamer remboursement…sans résultat. Aussi ont-ils été contraints, en désespoir de cause, de se rabattre sur l’autre société: ORANGE.

Selon nos investigations, l’appareil de traitement rapide acheté par le Directeur général de MALITEL ne répondait pas aux attentes, pour les besoins de la cause. L’on imagine alors l’ampleur des dégats causés par cette fausse promesse de la première société du Mali: la frustration de sa clientèle n’avait d’égal que son ras-le-bol.

Selon nos sources, beaucoup d’abonnés ont déposé des pétitions auprès du département des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, dénoncant cette bourde de MALITEL. Certes, les clients qui avaient cédé à l’offre ont bénéficié de leurs bonus… mais bien après que le mal soit déjà consommé.

Aujourd’hui, des questions se posent. Sachant que la plateforme chargée de la distribution des bonus ne pouvait traiter que 5000 abonnés par heure, pourquoi le Directeur général a-t-il agi de la sorte, alors qu’il y a des milliers d’abonnés MALITEL? A-t-il été victime de sa bonne volonté ou de sa naïveté?

En tout cas, les autorités de SOTELMA-MALITEL n’ont pas tardé à réagir : après enquête, elles ont sanctionné le D.G. Ce dernier récolte ainsi les fruits amers de sa légèreté et pour n’avoir pas su gérer avec efficacité la promotion de la société. Une société qui reste, avant tout, une référence crédible, n’eut été cette incapacité de son désormais ex-D.G.

Avec ce limogeage, la société vient de montrer à d’autres responsables qu’on ne doit plus badiner avec les intérêts de l’Etat. C’est dire que le message du Président de la République a été bien enregistré, lorsqu’il déclarait:“Chacun sera jugé à sa valeur”.

Aussi, les cadres de l’Etat réfléchiront désormais à …mille fois avant de commettre une quelconque irrégularité. Une sage précaution qui, si elle est suivie et entretenue, contribuera sûrement au bien-être des intérets de l’Etat et des citoyens.

Sadou BOCOUM

31 octobre 2007.