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Ça y est, il a pris goût au pouvoir ! Le président tchadien de la Transition, Idriss Mahamat Deby, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’exclut pas non seulement de prolonger son mandat à la tête de l’Etat, mais aussi laisse planer le doute sur la possibilité   de se présenter à la prochaine présidentielle. « En tant que croyant, je pense qu’il faut laisser à Dieu la part qui lui revient. Dieu décide de tout, du destin comme du pouvoir », a-t-il répondu à nos confrères de Jeune Afrique  qui l’interrogeaient sur le respect des engagements pris par les autorités actuelles de ne pas se présenter aux élections présidentielle et législatives devant marquer la fin de la Transition. On voyait donc venir Deby fils. Et, on peut, sans risque de se tromper, affirmer qu’il est en train de tomber le masque. Car, comme on le sait, on le voit mal, après les 18 mois que durera la transition, faire son paquetage du « Palais rose » avec tous ses lambris dorés et son confort douillet. Sauf que, ce scénario qui se profile à l’horizon, on l’imagine déjà, ne sera pas sans conséquences pour le Tchad. Car, on sait qu’ils sont nombreux les démocrates, à l’intérieur comme à l’extérieur du Tchad, qui ne manqueront pas de donner de la voix même si, dans le cas d’espèce, l’on peut être sûr que la caravane passera en dépit de la clameur montante. Cela dit, il faut même craindre le pire pour le Tchad. Car, dans un pays où toute voix discordante est taxée de terroriste et traitée comme telle, le sang, toutes proportions gardées, ne manquera pas de couler encore, pourvu que Deby fils et son clan conservent le pourvoir et cela, par tous les moyens. Tous ceux donc qui avaient vu en la mort du maréchal-président, la fin de la dynastie Deby et de la tyrannie, doivent désenchanter. 

On est bien curieux de savoir la posture qu’adoptera le président français, Emmanuel Macron

Certes, Deby père est mort mais le pouvoir reste entre les mains des siens. Et, il ne faut surtout pas compter sur la communauté internationale pour faire changer la donne. Elle n’y peut rien si ce n’est se contenter des condamnations de principe qui, on le sait, ne produisent aucun effet escompté. Cela dit, le cas tchadien doit donner à réfléchir à l’Union africaine (UA) qui, après moult louvoiements, s’était décidée à accompagner les autorités de la Transition au motif que le contexte sécuritaire l’exigeait. Maintenant, tout porte à croire qu’elle est en train de se faire rouler dans la farine, visiblement trahie par Deby fils qui ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles. Après tout, l’UA n’a qu’à s’en prendre à elle-même. Car, c’est elle qui a laissé faire si fait qu’elle se retrouve groggy de ses propres turpitudes. Et ce n’est tout. On est bien curieux de savoir la posture qu’adoptera le président français, Emmanuel Macron, qui n’avait pas, dans un premier temps, caché son soutien à Deby fils avant de battre en retraite en se refusant d’avaliser un « plan de succession ». Même s’il s’était gardé de parler de « plan de succession dynastique », tout porte à croire que l’on s’achemine vers un tel scénario que bien des observateurs redoutaient. C’est dire si le Tchad n’est donc pas sorti de l’auberge ; tant les lendemains promettent d’être incertains et très douloureux.

Boundi OUOBA

Source: Lepays.bf