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L’Association des municipalités du Mali a ouvert hier son forum des collectivités locales sur la gestion de la crise dans notre pays. La rencontre se déroule au Centre international des conférences de Bamako. Elle est organisée autour du thème intitulé : « décentralisation immédiate et intégrale pour la sortie de crise au Mali ».

La cérémonie d’ouverture du Forum était présidée par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Moussa Sinko Coulibaly. Elle a eu lieu en présence du président du Haut conseil des collectivités, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, du président de l’Association des municipalités, Boubacar Bah, du directeur général de l’association Cités unies de France, Bertrant Gallet.

Le forum regroupe une centaine de participants de haut niveau venant de divers horizons. L’objectif global de la rencontre qui durera trois jours, est de formuler des propositions concrètes, des recommandations et des mesures d’accompagnement pour l’effectivité d’une décentralisation intégrale et immédiate comme réponse à la crise.

Un document de 15 pages traite des propositions et des recommandations de sortie de crise. Les participants débattent sur trois thématiques : le processus de décentralisation de la gestion publique comme stratégie de réponse à la crise institutionnelle et sécuritaire au Mali ; la contribution des collectivités territoriales dans la gestion de la sortie de crise ; les stratégies d’actions et les perspectives opérationnelles pour une décentralisation intégrale et immédiate au Mali.

Pour le président de l’AMM, « si la décentralisation avait été appliquée dans son vrai sens, notre pays n’aurait sans doute pas connu la situation actuelle ». Et Boubacar Bah de souligner que les autorités des collectivités locales sont les plus proches des populations. Leur participation est donc plus que nécessaire dans le processus de sortie de crise.

Le président du HCC a félicité l’AMM et ses partenaires techniques pour leur initiative. Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara a relevé que l’un des principes directeurs de la décentralisation est la sauvegarde de l’unité et de l’intégrité territoriale.

Il estime que la réponse aux revendications d’autonomie d’une infime composante des populations des régions du nord du pays a fortement ébranlé les fondements de la nation. « Le peuple malien n’a pas fait mystère de son rejet de la gestion centralisée qui avait montré toutes ses limites. C’est ainsi qu’une autre forme de gestion qui prendrait en charge le développement local et régional dans toutes ses dimensions s’impose », estime Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara.

Le directeur général des Cités unies a souligné que pendant cette période de troubles politiques et d’instabilité, les collectivités territoriales ont joué un rôle remarquable pour la stabilité et la cohésion sociale, et qu’elles continuent de fournir des services publics comme l’intervention dans la distribution de l’aide humanitaire. Mais ces collectivités territoriales peuvent jouer un rôle encore plus important, juge Bertrant Gallet.

De son point de vue, pour une décentralisation réussie, les tâches doivent être clairement et loyalement définies et réparties. Il reconnaît cependant que même dans les pays les plus décentralisés il y a toujours des missions qui reviennent à l’Etat central comme la défense, la politique extérieure, la politique monétaire, les affaires constitutionnelles.

En ouvrant le forum, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a salué l’initiative de l’AMM et estimé qu’une décentralisation solide avait besoin d’un Etat central solide. Il a observé que la mise en place des pouvoirs locaux élus dans le cadre d’une démocratie pluraliste constitue une réponse majeure pour assurer le respect de la diversité culturelle et garantir en même temps la prise en compte de cette diversité dans l’élaboration des normes de gestion publique.

« La volonté politique de bâtir une démocratie pluraliste et un Etat de droit et l’engagement de l’ensemble du pays à trouver une résolution pacifique à la rébellion au nord du pays ont crée les conditions politiques permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives à la reconnaissance et la mise en place des pouvoirs locaux élus », a jugé le ministre.

Abdourhamane TOURÉ

Le 06 Novembre 2012

Essor