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Les représentants de l’Union africaine, de la Cedeao et les ambassadeurs d’Allemagne et d’Algérie ont rencontré hier les forces vives du Mali au cours d’une table ronde.

Relancer la mise en œuvre de l’Agenda pour le développement du Mali dans ce contexte de crise sociopolitique du pays marquée par la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta : c’est le sens qu’il faut donner à la table ronde qui a réuni, hier à l’École de maintien de la paix, Alioune Blondin Bèye les forces vives du Mali autour des partenaires techniques et financiers de notre pays. C’était en présence de l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Dr Dietrich Pohl, du représentant de l’Union africaine (UA), Pierre Buyoya et de celui de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeoa), Hamidou Boly. Le président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation (CSA), par ailleurs ambassadeur d’Algérie, Boualem Chebihi, les représentants de plusieurs départements ministériels et de partis politiques ont également pris part à cette rencontre.

Dans son intervention, Pierre Buyoya a rappelé que l’UA a suivi avec attention la crise sociopolitique de notre pays, essayant, de son mieux, de contribuer aux solutions. Selon l’ancien président burundais, une fois les lignes directrices de la transition connues, l’organisation accompagnera le Mali aux côtés de la Cedeao et des autres partenaires internationaux pour que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

D’après Pierre Buyoya, l’organisation continentale a des expériences dans ce domaine, rappelant les mécanismes qui ont fait déjà leur preuve au Mali en 2012 et ailleurs à d’autres époques. Selon lui, au-delà du débat sur la transition, le Mali doit continuer à vivre.
«Le pays doit continuer à faire face aux défis sécuritaire, de la lutte contre la Covid-19, de la crise humanitaire et à ceux du développement», a plaidé Pierre Buyoya, avant de rappeler à tous les partenaires qu’il faut garder à l’esprit les préoccupations de la population malienne. Et d’exhorter à la poursuite des programmes de développement.

Il a encouragé les partenaires européens et tous les autres à poursuivre le soutien au peuple malien malgré les difficultés du moment. «Les besoins sont immenses et n’ont pas changé à l’allure des changements politiques», a souligné le représentant de l’Union africaine, assurant que son organisation ne manquera pas de contribuer aux efforts des autres. Pour l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, la crise actuelle handicape lourdement le pays. Dr Dietrich Pohl a indiqué que des solutions doivent être trouvées par ‘’le Mali et avec le Mali’’ au niveau régional sur la base de la démocratie et conformément à la Constitution.

«Nous sommes aux côtés du peuple malien, de l’UA et de la Cedeao», a rassuré le diplomate allemand pour qui la Table ronde se veut un appel pressant auprès de toutes et de tous afin de relancer, de façon immédiate, coordonnée et soutenue, la mise en œuvre de l’Agenda pour le développement du Mali.

Par ailleurs, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne a invité les acteurs politiques et sociaux maliens à assumer leur responsabilité. Pour lui, les partenaires ont besoin de structures étatiques qui travaillent dans la légitimité et la légalité, dans un Mali démocratique et constitutionaliste. «La bonne gouvernance et la lutte sérieuse contre la corruption sont importantes pour permettre à tous les segments de la population de participer pleinement au développement économique et social. Une paix et une sécurité durable en dépendent également», a-t-il estimé.

Rappelant les efforts fournis par la Cedeao pour juguler la crise, son représentant dira que le souci de l’organisation est que la situation ne perdure. Le souci des dirigeants de la Cedeao, a poursuivi Hamidou Boly, est que l’ordre constitutionnel revienne, permettant au peuple de pouvoir revenir au-devant des décisions. «Nous allons œuvrer dans ce sens pour que très rapidement les mesures ou les sanctions qui ont été mises en œuvre soient levées le plus rapidement possible et que nous puissions faire le développement avec les partenaires qui sont ici», a souligné Hamidou Boly.

Pour sa part, le président du CSA a rappelé les acquis de l’Accord pour la paix et la réconciliation, avant d’indiquer que cette crise sociopolitique a réduit considérablement les activités de mise en œuvre du document notamment en l’absence d’un gouvernement. Et d’espérer vivement la reprise à brève échéance de ces activités.

«Nous sommes d’ores et déjà encouragés par l’appui à l’Accord exprimé par le Comité national pour le salut du peuple», a apprécié Boualem Chebihi, avant d’exhorter la communauté internationale dans son ensemble à poursuivre son accompagnement aux stratégies de développement validées par les autorités maliennes.

Bembablin Doumbia
L’Essor du 28 Août 2020