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L’actuelle Commission Dialogue et Réconciliation (CDR) sera remodelée pour y ajouter la composante «Vérité» en vue d’une gestion efficace de la crise qui secoue le pays. L’annonce a été faite par Cheick Oumar Diarrah, ministre de la réconciliation nationale et le développement des régions nord du Mali, en marge d’une rencontre entre des groupes armés.

jpg_une-2167.jpgAlors que trois ministres étaient sous les «projectiles» de jeunes conduits par le mouvement national de libération de l’Azawad (mnla), le dimanche 15 septembre 2013, des discussions s’ouvraient à Bamako entre les différents groupes armés du nord du Mali. Trois jours durant, des responsables du mnla, du haut conseil de l’unité de l’Azawad (hcua), de la coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR), le mouvement arabe de l’Azawad (maa) ont passé au peigne fin les problèmes de développement du pays.

Dans une déclaration commune, ces groupes armés ont affirmé leur «attachement au principe de l’intangibilité des frontières tels que consacré par l’acte constitutif de l’union africaine» et leur souci de «mettre en commun [leurs] efforts pour la résolution définitive de la crise». «Nous sommes déterminés à assurer un développement socioéconomique équitable et équilibré de toutes les régions du Mali dans le respect de la diversité de ses communautés», consignent-ils dans cette proclamation.

Si des décisions principales n’ont pas été prises au cours de la rencontre, le mnla, le hcua, la cm-fpr et le maa s’engagent à instituer une cellule de contact et de suivi des différents engagements. La mise en place de cette cellule est «une étape importante pour nous permettre d’aller vers une plus grande cohésion dans la manifestation des points de vu», a souligné Cheick Oumar Diarrah. Les nouvelles autorités, selon le ministre, envisagent de transformer la « Commission Dialogue et Réconciliation » (CDR) en « Commission Dialogue Vérité et Réconciliation » (CDVR). «Il faut rétablir la vérité sur tout ce qui s’est passé dans ce pays», a-t-il insisté.

La nouvelle commission aura pour tâche de s’entretenir avec l’ensemble des composantes de la nation malienne. «Elle sillonnera le pays, les trois régions du nord mais aussi les régions de Mopti, de Ségou qui ont été touchées par les graves événements que nous avons connus. Elle se rendra dans les camps de réfugiés, rencontrera les populations déplacées. C’est au bout de l’ensemble de ce processus que nous pourrons formuler les outils qui nous permettrons d’asseoir la paix», a défini le ministre Diarrah. A la suite de ce processus, sont attendus des assises nationales du nord et des pourparlers directs entre le gouvernement et les groupes armés sur des questions au cœur du devenir du pays. «Il n’y aura pas de compromis dans le dos de qui que ce soit», a promis le ministre.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 18 Septembre 2013