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Le président du Faso, Blaise Compaoré, choisi par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) comme médiateur dans la crise au Mali, a rencontré, les 14 et 15 avril 2012 à Ouagadougou, une forte délégation des Forces vives du Mali, pour discuter des modalités de sortie de crise dans ce pays. Si aucun nom n’a filtré pour le poste de Premier ministre, la rencontre a permis de formuler une déclaration comportant trois grands points. La presse burkinabé dans son ensemble d’en est fait échos dans sa parution de lundi. Nous vous livrons ce qu’en avait rapporté le quotidien national « Sidwaya ».

Les Forces vives (classe politique et société civile maliennes) accompagnées de représentants de l’ancienne junte étaient à Ouagadougou du 14 au 15 avril 2012 pour discuter avec le médiateur de la Cédéao, Blaise Compaoré. Deux sujets majeurs ont été à l’ordre du jour de la rencontre. Il agissait de parachever la mise en œuvre de l’accord-cadre du 6 avril 2012, ensuite, d’élaborer une approche de sortie de crise au Nord du Mali.

L’objectif final de la réunion était « d’établir une feuille de route consensuelle dont l’application permettra de renouer le dialogue entre tous les fils et toutes les filles du Mali, d’assurer le fonctionnement régulier des institutions républicaines, de recouvrer l’intégrité territoriale et tenir les élections libres et transparentes dans un environnement apaisé et sécurisé ».

Après deux jours de travaux intenses et de discussions houleuses, la rencontre, qui a regroupé une centaine de participants, a accouché d’une « déclaration solennelle des Forces vives du Mali ». Selon le journal « Sidwaya », la Déclaration de Ouaga comprend dix-sept recommandations en trois grands points. Le premier point porte sur « la situation au nord du Mali ».

A ce propos, les participants à la rencontre, révèle le journal, exigent, entre autres, « la restauration immédiate de l’intégrité territoriale du Mali, lancent un appel aux groupes armés au nord du Mali à cesser toute violence et toutes exactions et à rechercher plutôt les solutions à leurs préoccupations à travers les mécanismes républicains ».

Le deuxième point porte sur la gestion institutionnelle de la transition. Les Forces vives du Mali recommandent « l’application stricte des dispositions de l’accord-cadre du 6 avril 2012, préconisent la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, la création de départements ministériels chargés des questions humanitaires et des questions spécifiques à la zone sahélo saharienne ».

Le troisième point rapporte le quotidien national burkinabé point, concerne « le mécanisme de suivi et d’évaluation ». Les parties prenantes recommandent aussi la création d’un cadre de concertation des forces, placé sous l’égide du médiateur et chargé de veiller à la mise en œuvre de l’accord-cadre.

Selon le médiateur, cité par « Sidwaya », les progrès réalisés doivent être incessamment accompagnés par des actions majeures de promotion de la sécurité des personnes et des biens afin de conforter l’espoir de la nation malienne, de la sous-région et de l’Afrique tout entière.

« Aujourd’hui plus que jamais, ce qui doit compter dans l’action de tous, c’est le Mali. Ce qui doit orienter et guider les réflexions de tous, c’est encore le Mali », a souligné le président du Faso. Et de poursuivre que la mise en œuvre diligente des termes de l’Accord-cadre signé, le 6 avril 2012 à Bamako, portant normalisation de la vie ainsi que la réunification du pays, est une nécessité impérieuse.

Amadou Sidibé

Le 17 Avril 2012