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Arrivé à Bamako pour le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uémoa, le Premier ministre ivoirien reconnu par la communauté internationale, Guillaume Soro, était face à la presse juste après le sommet du samedi 22 janvier. Le départ par la force armée du président sortant Laurent Gbagbo et la démission du gouverneur de la Bcéao ont dominé la conférence de presse.

jpg_soro-7.jpgDans ses propos liminaires, l’attraction du sommet des chefs d’Etats et de gouvernement, Guillaume Soro, a brossé l’origine de la crise née du 2e tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2010 dans son pays. Selon lui, qu’on arrête les mensonges, il n’y a d’autre gagnant à cette échéance que le président Alassane Dramane Ouattara.

 » J’ai été le premier Ivoirien à me rendre chez le président le 1er décembre en compagnie de mes proches collaborateurs en bravant l’insécurité qu’il y avait dans la ville pour lui annoncer qu’il a perdu face à Alassane Dramane Ouattara parce que j’avais mes tendances sur les résultats », a fait savoir Guillaume Soro.

Au sujet du départ de Laurent Gbagbo, le sommet de Bamako, aux dires du Premier ministre, n’a pas discuté de cela étant entendu qu’il relève de la Cédéao. « L’option militaire suit son cours », a-t-il affirmé. Il a préconisé qu’une intervention militaire en cohérence avec le droit international et la légitimité mettront fin aux charniers en Côte d’Ivoire qui compte, à ses dires, plus de 300 morts et 20 000 réfugiés.
« J’exhorte la Cédéao à une intervention militaire au nom du droit humanitaire et de la démocratie. S’il y avait eu une intervention militaire au Rwanda, il n’y aurait pas de génocide », a-t-il plaidé.

L’ex-Premier ministre de Gbagbo a affirmé avec certitude que « les jours de Laurent Gbagbo sont comptés au palais présidentiel ». Il croit en cette option en se fondant sur la rencontre des chefs d’état-major de la Cédéao qui a eu lieu dans notre pays du 18 au 19 janvier 2011 et surtout l’assurance que lui a donnée le président nigérian, président en exercice de la Cédéao, Goodluck Jonathan, lors de sa visite à Abuja avant d’atterrir à Bamako.

Se prononçant sur la démission du gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bcéao), Philippe-Henry Dacoury-Tabley accusé de manquement au respect de la décision de l’Uémoa de reconnaissance de la seule signature d’Alassane Dramane Ouattara, Guillaume Soro s’en est tenu à la teneur du communiqué de presse indiquant que le gouverneur a démissionné. Il a refusé d’entrer dans le secret du huis clos du sommet affirmant que l’ex-gouverneur s’expliquera lui-même sur la question.

Mais il a jugé la mesure légitime et pour cause. « On ne peut pas laisser quelqu’un qui a confisqué le pouvoir soustraire de l’argent des comptes de la Côte d’Ivoire pour payer des mercenaires et des armes », a justifié M. Soro. Et d’ajouter que la rencontre a laissé le poste de gouverneur à la Côte d’Ivoire et qu’il revient au président Alassane Dramane Ouattara de proposer la candidature d’un Ivoirien. Pour M. Soro, il n’est pas question de laisser des ressources importantes entre les mains de Gbagbo.

La conférence de presse a pris l’allure d’un meeting pour les fans du Premier ministre ivoirien dont les compatriotes avaient pris d’assaut la salle. Des personnalités politiques maliennes et de la société civile étaient au rendez-vous. Ses interventions étaient des plus ovationnées.

Abdrahamane Dicko

Les Échos du 24 Janvier 2011