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Sous l’égide du Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO, un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de cette organisation s’est tenu hier jeudi à Abidjan. Il a réuni une bonne dizaine de chefs d’Etat sur les quatorze que compte la CEDEAO, avec en toile de fond, les crises au Nord du Mali et en Guinée Bissau.

Le président malien de transition Dioncounda Traoré, le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, son homologue sénégalais Macky Sall, et six autres chefs d`Etat, dont Yayi Boni, Président en Exercice de l’UA, Faure Gnansingbé du Togo, Alpha Condé de la Guinée, Yaya Jammeh de la Gambie, Goodlock Johnatan du Nigéria et le Président Nigérien étaient réunis autour de l`Ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao).

Dans son discours d’introduction, le Président en exercice de la CEDEAO, le Dr Alassane Ouattara, après avoir remercié ses homologues d’avoir fait le déplacement, a affirmé que « l’objectif de ce Sommet Extraordinaire de la CEDEAO, convoqué une fois encore en urgence, est de faire le bilan à mi-parcours de nos actions communes et donner de l’élan à nos prochaines initiatives, notamment dans la mise en œuvre de nos décisions sur la situation politique au Mali. Il nous faudra également, prendre ensemble d’importantes mesures pour répondre sans délai à la situation de confusion politique qui règne en Guinée-Bissau », a-t-il martelé.

Il rappela que lors du Sommet Extraordinaire du 27 mars 2012, ici même à Abidjan, mandat avait été donné au groupe des six Chefs d’Etat sur le Mali et au Médiateur désigné, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour trouver une solution à cette crise.

Pour Alassane Ouattara, le travail de la médiation avec la junte militaire malienne a permis des avancées notables, au nombre desquelles :

– l’Accord-cadre signé entre les représentants du Médiateur de la CEDEAO et la junte ;

– l’amnistie accordée aux membres de la junte ;

– la levée des sanctions diplomatiques, économiques et financières sur le Mali;

– la démission conformément aux dispositions de la constitution malienne du Président Amadou Toumani TOURE ;

– l’investiture le 12 avril 2012 du Président de l’Assemblée Nationale, Dioncounda TRAORE en qualité de Président intérimaire du Mali ;

– la nomination d’un Premier Ministre consensuel, Cheick Modibo DIARRA, chargé de conduire la transition et de former un gouvernement de transition.

– La formation d’un Gouvernement le mardi 25 avril 2012

« Cependant, malgré ces avancées, a-t-il poursuivi, beaucoup reste encore à faire. C’est pourquoi, dit-il, il nous faudra à la lumière de certains agissements de nature à compromettre le climat de transition actuelle, clarifier le rôle et les responsabilités de chacun des acteurs de cette transition ». Des autorités maliennes de transition ont été installées, notamment un gouvernement formé mercredi, à la suite d`un accord conclu le 6 avril entre la Cédéao et les putschistes de Bamako, mais le front anti-junte a appelé l`organisation ouest-africaine à veiller au retrait «effectif» des militaires. Le président ivoirien a également indiqué que le sommet allait examiner les moyens d`ouvrir des «corridors humanitaires» vers le nord du Mali, qui manque de vivres et de médicaments. C’est dans cet ordre d’idée que le Président en exercice de la CEDEAO a remis un chèque de 1,5 milliards au Président Malien, Dioncounda Traoré, pour faire face à la crise humanitaire qui sévit au Nord du Mali. La somme de 277 millions est revenue au Burkinabé Balise Compaoré et 317 millions au Premier ministre nigérien Brigi Rafini.

Trois régions du Nord du Mali sont depuis environ un mois,sous le contrôle de rebelles touareg et d`islamistes armés, notamment Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi), contre lesquels la Cédéao a menacé d`intervenir militairement en cas d`échec du dialogue. Egalement lors de ce sommet la Cédéao cherche aussi une issue négociée à la crise née du coup d`Etat du 12 avril. L`ONU, l`Union africaine et l`Union européenne ont exigé le retour à l`ordre constitutionnel et menacé les putschistes et leurs soutiens de sanctions.

Au moment où nous mettions sous presse, les chefs d’Etats étaient encore à leur réunion de huit clos où décisions très importantes étaient attendus tard dans la soirée.

Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, le Président de la Commission de l’UA et le Président Mauritanien ont également assisté à cette réunion.

Le Président par intérim Dioncounda Traoré rencontre la communauté Malienne ce vendredi matin avant de prendre son vol pour Bamako.

De Gildas, Correspondant du Républicain à Abidjan

Le Républicain du 27 avril 2012