Partager

Fortement attaché à l’aboutissement des initiatives de la Cédéao en faveur de la paix et de la stabilité au Mali, le médiateur Blaise Compaoré, à travers ladite entité, a pour une deuxième fois convié les forces vives de la nation malienne à Ouagadougou, le 7 juillet dernier. Cette fois-ci, les acteurs sociopolitiques maliens étaient venus partager leurs visions de sortie de crise avec l’ensemble des six chefs d’Etat du groupe de contact de la Cédéao sur la crise malienne. Après avoir fait l’évaluation des actions de la médiation et écouté les parties prenantes, le groupe de contact a fait des recommandations et pris des décisions importantes.

Les forces vives du Mali étaient fortement représentées à Ouagadougou, ce samedi 7 juillet 2012 à la réunion des chefs d’Etat du groupe de contact de la Cédéao sur la crise malienne, non par la quantité, mais par la qualité.

De l’auguste Assemblée nationale au Haut conseil des collectivités territoriales, en passant par les partis et formations politiques représentés ou non à l’hémicycle, le Collectif des ressortissants du nord (Coren), la Maison de la presse du Mali, le Conseil national de la jeunesse du Mali (Cnj) et l’Alliance des femmes pour un Mali uni ; sans oublier l’Apdf, la Cafo, la Fénacof et le Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace Cédéao, le secteur privé et la centrale syndicale Untm, tous ont, une fois de plus, fait preuve de leur engagement pour la cause commune, celle du Mali.

C’est pour cette même cause que la Cédéao a mis en place un groupe de contact composé de six chefs d’Etat ; eux aussi étaient tous présents dans la capitale du Burkina Faso, du doyen au cadet.

Blaise Compaoré, président du Faso, médiateur désigné par la Cédéao dans la crise malienne et doyen des dirigeants de ladite communauté (non par l’âge), hôte de cette réunion, était entouré d’Alassane Dramane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire et actuel président en exercice de la Cédéao, Mahamadou Issoufou, président de la République du Niger, Goodluck Ebélé Jonatan, Président de la République fédérale du Nigéria, Dr Thomas Yayi Boni, président de la République du Bénin et président en exercice de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République togolaise.

Dans son discours d’ouverture, le président Blaise Compaoré a précisé que cette réunion du groupe de contact de la Cédéao, à laquelle les parties prenantes maliennes ont été conviées vise essentiellement à donner de l’élan aux prochaines initiatives de la communauté ouest-africaine pour un véritable engagement dans le processus menant à la restauration de l’unité et de l’intégrité du Mali et afin d’aller résolument vers d’élections libres et crédibles sur la base d’une feuille de route. Le gouvernement du Mali était représenté au présidium par Madame Traoré Rokiatou Guikiné.

La ministre de l’Intégration africaine et des Maliens de l’extérieur était porteuse d’un message du Premier Ministre malien, Cheick Modibo Diarra. Dans ce message, le PM, en des termes peu civilisés qui lui sont typiques, a demandé aux dirigeants de la Cédéao de laisser cette crise se régler à la malienne, et que l’armée malienne exige que ce soit elle qui assure la sécurité des institutions de la transition.

Ce message était humiliant, à tel point que la gêne se sentait chez la lectrice qui balbutiait sur chaque mot ou expression pouvant irriter l’assistance. Pour la majeure partie de l’auditoire, cette nouvelle menace à la paix et à la stabilité au Mali (message du PM) sentait le Cnrdre. Foutaise, provocation, crânerie, impossible de savoir à quel jeu joue l’actuel gouvernement. En revanche, les forces vives du Mali ont excellé cette fois-ci à Ouagadougou, tant par la cohérence de leur objectif que par le discernement de leurs déclarations.

Soulagé, le médiateur a vivement salué cet esprit de maturité, lui qui redoutait que le méli-mélo qu’a connu la première rencontre avec les parties prenantes du Mali ne se répète devant ses pairs. Après les avoir longuement écouté, au cours d’une séance à huis clos, les chefs d’Etat du groupe de contact se sont ensuite réunis entre eux pour faire l’urgente ordonnance des plaies du Mali.

Le premier remède : la consolidation de l’ordre constitutionnel et la continuité de l’Etat. Cela passe nécessairement par un gouvernement d’union nationale et crédible. Sachant qu’elle n’a aucunement le pouvoir de destituer un Premier ministre, la Cédéao n’est pas allé par quatre chemins pour mettre Cheick Modibo Diarra out.

Elle demande juste « aux forces vives du Mali y compris la classe politique et la société civile de procéder à des consultations et de formuler au Président de la République par intérim des propositions en vue de la formation avant le 31 juillet 2012 d’un gouvernement d’union nationale chargé de la mise en œuvre d’une feuille de route de sortie de crise ».

Elle est bien maligne la Cédéao, parce qu’elle sait qu’une fois que la classe politique se sera concertée entre-elle, cette dernière sera assez armée pour débarrasser le Mali de l’actuel PM, caution du Cnrdre. Chacun a sa part de responsabilité dans la tache qu’est Cheick Modibo Diarra à la tête du gouvernement de transition malien, aussi bien la Cédéao par la signature de l’accord-cadre qui a légitimé les potes de ce dernier (les putschistes), que les forces vives de la nation qui s’étaient égarées dans un premier temps dans leur égocentrisme démesuré.

Mais, une lueur d’espoir commence à se faire voir à l’horizon. Entre d’autres décisions non moins importantes, la Cédéao exhorte le président de République par intérim à lui adresser sans délai une requête, ainsi qu’aux Nation unies en vue du déploiement d’une force.

Rokia Diabaté, envoyée spéciale à Ouagadougou

09 Juillet 2012